‹ BotaniqueChapitre 57 sur 206 · FORMATION DU BOIS · texte numérisé non relu

FORMATION DU BOIS

Les adversaires de celte théorie lui objectent encore les résultats de l'examen anatomique des faisceaux ligneux. Si ces faisceaux sont de véritables racines , ils devraient s’allonger par leur extrémité inférieure seulement; on devrait trouver leur organisation d’autant plus avancée qu’on les examine plus haut, plus près du bourgeon dont ils émanent ; on devrait les voir s’arrêter plus ou moins bas, suivant que le moment est plus ou moins rapproché de la première évolution du bourgeon. Or, il est vrai que dans quelques cas on trouve au-dessous du bourgeon un amas , comme un écheveau de filets ligneux qui s’arrêtent à peu de distance ; mais le plus souvent il est impossible de suivre le développement des filets ligneux , qui se trouvent presque au même instant formés d’un bout à l’autre de la tige ; et l'examen microscopique fait reconnaître que souvent c’est en haut qu’ils sont plus mous, leurs éléments fibreux et vasculaires plus incomplètement , et en conséquence plus nouvellement formés. Il semblerait par là que les faisceaux se forment à peu près simultanément sur toute leur longueur, et que, dans quelques cas du moins, c’est plutôt do bas en haut qu’en sens contraire.

§ 253. Pour nous résumer au sujet de l’accroissement en épaisseur des tiges et des racines, on est d’accord en ce qui concerne la formation de la partie purement cellulaire: on ne l’est pas encore en ce qui concerne celle des faisceaux fibro-vasculaires du bois et de lecorce. Deux théories sont proposées: l'une considère ces faisceaux comme les racines des bourgeons, et par conséquent comme développés de bas en haut; l’autre considère leurs éléments comme répandus à la fois, en forme d'une gelée demi-fluide (le cambium), sur toute la surface interne de l'écorce, et se développant là en place. Cependant nous pensons que ces deux théories ne sont peutêtre pas si opposées qu’elles le paraissent. Elles le seraient sans doute si l'on admettait dos faisceaux ascendants allant produiro les bourgeons à leur extrémité. Mais cette doctrine a-t-elîo cours maintenant? Nous avons admis que les fouilles n'ont dans lo principe avec le rameau, ni le bourgeon (§ 141) avec la tige qui les porte, aucune continuité vasculaire; qu’élaborés dans ces feuilles et ces rameaux, les sucs descendent de là jusqu’à l’extrémité des racines par 1 écorce, sur la surface de laquelle se dépose une matière demi-fluide où s’organisent les tissus. M. Gaudichaud, de son côté, admet que « des sucs élaborés et en partie organisés (lo cam- » bium), des tissus fluides encore se forment et so solidifient en » descendant des bourgeons sur les rameaux, des rameaux sur les » tiges, et des tiges sur les racines, par un modo d’allongement » analogue à celui dès racines, s’il n’est entièrement le même. »

Entre ces tissus descendant à l'état demi-fluide et nos tissus formés dans une matière demi-fluide que fournissent des sucs descendants, peut-on établir une distinction assez nette, assez fondamentale, pour qu elle puisse constituer deux doctrines opposées?

§ 254. Nous avons dû nous arrêter à l’examen des Dicotylédonées, et par la plus grande facilité de les étudier, et parce que, dans les arbres monocotylédonés, l’accroissement des tiges en épaisseur s’arrête en général de très bonne heure, par défaut de bourgeons latéraux. D’ailleurs, l’absence de véritable écorce, ainsi que l’union permanente des laticifères et des fibres analogues au liber avec les vaisseaux et les fibres du bois dans un même faisceau, et la course tortueuse de ces faisceaux dans l’intérieur de la tige, eussent rendu l’exposition des faits beaucoup plus compliquée et obscure. Nous renverrons donc simplement à ce que nous avons dit antérieurement à ce sujet (§ 80), ainsi que sur l’accroissement des arbres acotylédonés (§ 90),

Page 1