FLEUR EN GÉNÉRAL. ENVELOPPES
parties ne présentent aucune différence entre elles. C’est ce que font plusieurs auteurs. D'autres, plus anciennement, ne prenant que les caractères de couleur pour guides, admettaient dans ces fleuis, tantôt un calice et une corolle, tantôt un calice seul, tantôt une corolle seule , quoique évidemment les six parties, dans leurs rapports constants, doivent toujours représenter la même chose.
D’autres , enfin , les nomment dans tous les cas un calice , qu’ils définissent le système d’enveloppe le plus extérieur de la fleur , ne pouvant reconnaître deux systèmes différents dans celles de la plupart des Monocotylédonées. 11 est nécessaire d'être prévenu de ce défaut d’accord dans la terminologie des divers botanistes, pour éviter la confusion qu elle peut entraîner.
Beaucoup d’auteurs, dans ce but, désignent cette enveloppe unique des fleurs par un terme différent, et qui ne fait rien préjuger sur sa nature, soit par celui de périgone (perigonium) , soit plus ordinairement par celui de périantlie ( perianthum ; de -Ktpi, autour, et avOoç, fleur), que Linné avait proposé pour le calice, toutes les fois qu’il est en contact immédiat avec les étamines ou le pistil. Ce nom pourra être admis avec avantage pour la description des Monocotylédonées ; mais il aurait des inconvénients réels pour celles dos Dicotylédonées, où vous trouvez souvent l’une auprès de l’autre des plantes, les unes munies, les autres dépourvues de pétales (dans les Carvophyllécs et les Paronychiées, par exemple). Or, avec deux fleurs, du reste fort semblables, vous ne pouvez nommer dans l’une périantlie ce que dans l’autre vous nommez calice. Il paraît donc plus convenable d’appliquer constamment ce dernier nom au verîicillo d’enveloppes , soit extérieur, soit unique, de toute dicotylédonée , et, pour les Monocotylédonées d’employer ou le mémo nom qu’on modifie par des épithètes variées suivant les cas, Ou celui de périantlie. Nous les confondrons dans l’examen suivant.
-L2. Fleur du Lis ldnnc (Uliitm emididum). — /) IVrirtnlho, dont trois parties lin pnl plu* extérieures pe, alternent rtvco trois plus intérieures pi. — c Élnmiiios dont ml iipn--* <;oit le sommet des (Ilot* nvec leurs williùfts oscillantes. — 4 Les sllgindtds tornllniutl 1.1 pnrl io snpcrielirc du stylo.
§ 323. Calice ( calyæ ). — Nous avons dit que le calice est le verticille le plus extérieur des enveloppes de la fleur, qu’il est composé de plusieurs pièces représentant autant de feuilles, et qu'on a nommées en conséquence folioles calicinales. M. Link a proposé de les désigner par le nom unique de phylles ( phylla , tpéÀXov , feuille), qui était déjà employé dans la composition des adjectifs monophylle et polyphylle ; de Candolle a fait adopter généralement celui de sépales ( sepala ) : de là les épithètes de polysépale ou monosépale données au calice , suivant que ses folioles restent entièrement indépendantes les unes des autres, ou bien sont réunies ensemble dans une étendue plus ou moins grande (§ 292 ). Nous nous servirons donc indifféremment à l’avenir de ces deux mots, folioles du calice ou sépales.
§ 324. Nous avons considéré ces parties comme de véritables feuilles, et leur structure justifie cette manière de voir; elles sont, en effet, formées de même à l’intérieur d'un parenchyme, que parcourent dans la direction générale, de bas en haut, des faisceaux fibro-vasculaires composés de trachées déroulables et de minces fibres, et sont extérieurement revêtues par un épiderme muni do stomates beaucoup plus abondants sur la face extérieure du sépale , qui, à cause de sa position redressée, correspond à l'inférieure de la feuille. L’épiderme est souvent couvert de poils semblables à ceux qui couvrent les feuilles mêmes et les jeunes pousses, par conséquent, plus fréquents et plus abondants sur la face externe que sur l’interne. Pour exprimer l’absence des poils, leur présence et les diverses manières dont elle peut modifier la surface du calice, on se sert de termes que nous avons déjà fait connaître (§ 174).
§ 325. Les faisceaux fibro-vasculaires dessinent à l’extérieur des nervures (dont la médiane seule est assez souvent saillante) et suivent, quoique d’une manière bien moins visible à cause de la petitesse des parties, les mêmes lois que dans les feuilles des plantes dicotylédonées, et monocotylédonées, se réunissant entre eux par des ramifications dans les calices des premières, marchant parallèlement et sans se diviser dans ceux des secondes. Lorsque les folioles calicinales sont confondues en un seul corps à la partie inférieure, les nervures médianes qui se prolongent sur la surface de co corps peuvent indiquer le milieu de chacune d’elles (/»/. 246). On trouve souvent autant d’autres nervures, placées précisément dans les intervalles des premières, sur la ligne de jonction des folioles soudées, et, résultant chacune ‘do l'union do faisceaux appartenant à deux folioles voisines; car on les voit, à la hauteur où celles-ci se séparent, so dédoubler en deux rameaux qui suivent les deux bords correspondants [pg. 248).
g 326. La forme des sépales peut, en général , so comparer a
CALICE, 2h3
celle des bractées plutôt qu'à celle des feuilles; c'est ordinairement celle d'une lame qui va en se rétrécissant vers son sommet , et qui représente par conséquent, soit le limbe réduit, soit la partie vaginale de la feuille. On les voit quelquefois se rétrécir aussi a leur partie inférieure, mais il est extrêmement rare que ce rétrécissement s'allonge en un pétiole. Il est rare que le bord se découpe ou se lobe (Rumex marilimus et autres espèces du même genre [fig. 243].
Ilose [ fig. 333 ]); il est ordinairement entier. Nous ne décrirons pas ici toutes les formes possibles des sépales : la plus fréquente est celle d'un ovale obtus ou aigu à son sommet. Dans leur description, outre leur nombre et leur forme, on doit mentionner leur direction tantôt en haut [s. dressés , erecta ), tantôt en dedans (s. connivents, conniventia), tantôt et plus souvent en dehors (s. divergents, étalés, réfléchis, divergentia, patula, reflexa , suivant qu’ils s’inclinent plus ou moins, leur sommet tourné en haut, ou horizontalement, ou en bas).
§ 327. Quand le calice est monophylle, l'union des parties peut avoir lieu dans une étendue plus ou moins grande. Si elle a lieu seulement à la base, cette courte portion inférieure est appelée le fond du calice; si elle a lieu jusqu'à une hauteur un peu considérable, la portion réunie porte le nom de tube. Dans les deux cas, la portion supérieure où les sépales restent libres est le limbe; et, suivant qu’ils restent plus ou moins complètement séparés, que le limbe, par conséquent, se compose de parties ( laciniœ ) plus ou moins longues relativement au fond ou au tube, on leur donne des noms analogues à ceux que nous avons fait connaîlre(§ I 1 4) pour les divisions du bord de la feuille plus ou moins profondes. Ainsi, ce sont des segments ou des partitions, si les sépales restent distincts jusqu’auprès de leur base; des fissures, s’ils s’unissent jusqu’au-dessus de leur milieu [fig. 245) ; ou des lobes, s’ils sont en môme temps élargis ; des dents (fig. 246) ou des crénelures (fig. 26 1 c), s’ils no sont libres qu’a leur sommet, aigus ou obtus. On emploie souvent ces mots dans 1 épithète composée par laquelle on caractérise le calice et qui indique en môme temps le nombre do ces divisions. Ainsi, on dira
2 13. 'Calice d’une espèce il’Osoillc (Ihimex uncalus). Il est composé do deux vorli- Cllles, l'extérieur ce à divisions courtes et entières, l'intérieur ci à divisions beiuicoti|i l'Ius grondes, découpées sur leur bord on lanières étroites ou sortes do crochets, réticulées sur la surface extérieure, eu bas et au milieu do laquelle on rcuiarmio un ronflemont glanduleux ij en forme de grain.
que le calice est quinte-parti, ou quadrifide , ou trilobé, ou sexdenté , etc. Si la lorme et l'union des parties est telle qu’il n’y ait aucun degré de division sensible et que la totalité du calice ne forme
qu'un tube bordé supérieurement par un cercle, on dit qu il est entier (integer) ou tronqué (; truncatus ). Remarquons que tous ces mots qui s’appliquaient aux parties d’une feuille unique s’appliquent, pour le calice, à la réunion de plusieurs feuilles considérées elles-mêmes comme parties d'un autre tout , qu'il n’y a donc qu’analogie et non identité dans l’emploi qu’on en fait ici.
Outre ces formes générales dues aux différents degrés de soudure entre les différentes pièces du calice, il peut offrir plusieurs modifications secondaires par l'allongement plus ou moins considérable du tube et ses renflements à diverses hauteurs, par les directions variées du limbe relativement à lui, etc. Nous indiquerons les termes par lesquels on les désigne , à l’article de la corolle où ces mêmes modifications se montrent plus prononcées à cause de l’extension généralement plus grande qu’elle prend (§341).
Nous avons supposé, dans tous les cas précédents, le calico régulier ; mais il peut no pas l’être; et l’irrégularité porto, soit sur lo tube qui peut alors se couder ou so bossuer (dans les Sculcllaria , par exemple) à certains endroits , ou sur lo limbe dont certaines parties se développent plus que les autres. 11 n’est pas très rare de voir les sépales, soit unis, soit libres, se prolonger au-dessous de leur point d'insertion , soit en une lame plane ( comme dans les Violettes), soit en un sac qui tourne alors son ouverture du côté intérieur do la llour. S’il so prolonge beaucoup, il prend le nom d 'éperon
244. Calice pentaphyllo de la Stellaire ( Slcllaria holostea).
045, — quinquefido' de la Primevère (Primufa clatiov).
— . quinquddcntd du lJelien blanc (Silène inflata).
2 47. Calice c de lu Capucine. — e Éperon. — p Pddicolle.
CALICE. 2ü‘.
!calcar)e t le calice est dit êperonné. Cette modification peut affecter soit un seul sépale (comme dans la Capucine [fig. 247]), soit chacun d'eux (comme dans l’Ancolie). Dans le Pélargonium cet éperon se soude intimement au-dessous de la fleur avec le pédicelle qui la porte, et dont il semble faire partie.
§ 328. La fleur de quelques plantes paraît entourée d un double calice. On donne le nom de calicule au calice extérieur, et Ion dit la fleur caliculée. On s'est également servi dans le même cas de l'épithète de bractèolè ajoutée au calice , et en effet le plus souvent, d'après ce que nous avons dit précédemment (§ 284 ), ce verticille accessoire n’est autre chose qu’un amas de bractées réunies immédiatement au-dessous de la fleur ( fig . 248).
D'autres fois cependant les folioles du calice se trouvent munies de stipules comme les véritables feuilles, et ce sont ces stipules (ordinairement soudées deux à deux) qui forment le calicule (comme dans les Fraisiers, les Potentilles '[fig. 249]).
§ 329. La consistance du calice est le plus communément celle des feuilles, qu’on désigne par foliacée ou herbacée; ordinairement alors la couleur est verte, mais dans quelques plantes elle passe a d’antres teintes analogues à celle des parties les plus intérieures : au rouge dans le Fuchsia, le Grenadier, etc.; à l’orangé dans la Capucine, au rose dans le Laurier de Saint-Antoine ( Epilobium spica tum). Quelquefois avec ces autres couleurs, ordinairement propres à la corolle, il lui emprunte aussi son tissu plus mince, plus délicat et mou, et en prend toute l’apparence extérieure, ce qui lofait alors nommer péluloïde : l’ Ancolio , l’Hortensia en offrent des exemples parmi les Dicotylédonées. Ils abondent parmi les Monocotylédonées, où c’est même la consistance la plus habituelle du calice ou périantho tout entier ( Lis blanc et Martagon, Jonquille , Glaïeul, Jacinthe, etc., etc ), quelquefois seulement de sa rangée la plus intérieure. La consistance est, au contraire, dans d’autres mofiocotylédonées, complètement différente, c’est-à-dire sèche, dure, avec des dimensions fort réduites et rappelant plutôt celle des bractées, avec une couleur verte ou brunâtre, comme par exemple, dans les Joncs.
2iS. Calico c d'une Malvacée (Hibiscus), avec son calicule h.
210. Calice d'une Polonlillr; (Pnlentillo venw), vue en dessous avec son calicule t.
Le calice, ainsi modifié, est dit écailleux ( squamosus ), parce que ses sépales imitent les écailles du bourgeon , et souvent aussi gluviacé (glumaceus), à cause du nom de glume qu on a donné aux enveloppes de la fleur des Graminées remarquables précisément par cette consistance.
■ § 330. Le limbe du calice se présente quelquefois entièrement méconnaissable sous la forme d'un cercle ou d’une touffe de soies ou de poils, qui prend le nom d'aigrette [pappus] et lui communique celui d'aigretté (p apposas). Plusieurs familles de plantes, les Valérianées, les Dipsacées, les Composées, nous font voir les transitions de la forme ordinaire à celle-ci, dont les dernières surtout nous montrent toutes les modifications possibles. On peut dans une suite
d'exemples convenablement choisis parmi les plantes de ces familles, suivre toutes ces transformations, en partant de la forme régulière de cinq dents ou lobes qu'on voit dans d’autres fleurs (fig. 251) se prolonger chacune en une arête, quelquefois toute hérissée de petits poils (fig. 250), et l’on arrive ainsi par des intermédiaires à des arêtes velues [fig. 252) groupées en manière de touffes qui ont fait donner à ces singuliers calices ce nom très expressif d'aigrettes. Les arêtes en sont appelées les rayons. On dit que l’aigrette est plumeuse ( plu mosus ) quand chacun de ces rayons est couvert de petits poils visibles à l’œil nu [fig. 250, 252, comme dans les Scorsonères, les Cirses, etc.); simple [simplex seu pilosus) quand chaque rayon, dépourvu de ce duvet, a lui-même l’apparence d’un long poil uni à sa
250-252. Exemples de calice dont le limbe l passe graduellement à l’état d'uigrelle. — c Calice dont le Inbe t fait corps avec l’ovaire et se rétrécit au-dessus de lui en une colonne grêle dans les fiq. 251 et 252, dont le limbe / est à plusieurs divisions rétrécies en fd à leur sommet ou dès leur base. — ilnvolucrc ou caliculo coupé dans sa longueur.