COROLLE
quefois sèche comme du papier ou une membrane (Bruyères), quelquefois dure et roide (Xylopia).
§ 337. Puisque les pétales proprement dits appartiennent aux fleurs des plantes dicotylédonées, leurs nervures doivent naturellement se ramifier et se terminer par un réseau que forment en se réunissant leurs dernières ramifications. Les secondaires ou veines se détachent de la médiane, soit à différentes hauteurs , comme dans une feuille penninerve, soit souvent dès la base du limbe, comme dans une feuille palmatinerve ; et cette dernière disposition , qui rappelle les branches divergentes d’un éventail ouvert, est exprimée par l'épithète qu’on donne alors au pétale (flabellato-vcnosum) . La médiane se prolonge quelquefois jusqu’au sommet du pétale, et môme au delà, en une petite pointe libre (cuspis, d’où petalum cuspidatum ); mais plus ordinairement elle tend à se dédoubler en deux moitiés, dont l'une se dirige à droite et l'autre à gauche. Il en résulte souvent alors au sommet une échancrure ou sinus qui fait nommer le pétale échnncré ( emarcjinatum ) ; et, s’il va en s’élargissant graduellement, depuis sa base aiguë jusqu'à son sommet ainsi bilobé, il est dit obcordè ( obcordatum ) , à cause de sa forme de cœur renversé. Le partage des faisceaux de la nervure moyenne peut se faire inégalement, do manière qu’une moitié du pétale en reçoive plus que l’autre et se développe davantage, ce qui étend l'un des deux côtés aux dépens de l'autre, rejetant l’axe un peu latéralement : le pétale est alors inéquilatéral ( inœquilaterum ), ou oblique (obliquant, obliqué obcordatum , ou toute autre épithète qui point mieux sa forme générale). Le partage de la nervure médiane, et par suite, du limbe, peut commencer plus ou moins bas, quelquefois tout auprès de la base , et le pétale est alors bifide ou biparti, et peut môme paraître, lorsqu'il n’v a pas d’onglet, presque composé de deux collatéraux égaux (par exemple, dans ï A laine media [/ îg . 253]), ou inégaux.
Notons que 1 irrégularité du pétale oblique n’entraine pas colle do la corollo dont il fait partie, puisque les divers pétales qui la composent peuvent dans ce cas être parfaitement semblables entre
eux, et qu il résulte de leur réunion un tout régulier : cela s’observe dans beaucoup do corolles à prélloraison tordue, celle des Malvacées par exemple.
Les pétales s’insèrent, en général, par une base étroite; mais souvent co rétrécissement ne se prolonge pas, et ils sont dits srs-
(In p (Unie, .lu Mouron .les oiseaux (Alxlne media). — I Limite. n Onglet.
siles Quelquefois la base est large, elle peut même l'être autant que le reste du limbe, dans la fleur d’Oranger, par exemple. Si quoique étroit a son insertion, il ne va pas en s’élargissant, il prend la forme d un petit ruban et est dit linéaire. Entre cette dernière et celle d'un cercle, on peut observer toutes les intermédiaires , comme pour les feuilles. Il est assez fréquent de voir les deux côtés du limbe se pro longer inférieurement en deux lobes obtus ou deux an-des parallèle* ou obliques par rapport à l’onglet : on le dit alors en cœur i cor, latum [fxg. 254]), ou sagitté (sagittcitum), ou hasté (hastatum)
Le limbe peut être plane ; mais très souvent aussi il présente une
surface courbe, tournant ordinairement sa concavité vers le centre de la fleur. Quelquefois alors la nervure moyenne lait en dehors une grande saillie aiguë, comme la quille d’un bateau , e! le pétale en prend le nom avec la forme (P- uu vieil la ire , cymbi forme). Quelquefois aussi il est plié de manière a rapprocher sa pointe de sa base, comme dans beaucoup d'Ombellifères [fiH- 235).
Dans la plupart des fleurs, il est glabre, cependant dans plusieurs il est revêtu d'un duvet, ordinairement très court, fin et rare, quelquefois plus épais, qu'on observe plus fréquemment et plus abondamment, en général, même exclusivement, sur la face externe, de même que pour les feuilles et les sépales. Quoiqu'il se montre sur les pétales bien moins communément et plus clair-semé que sur les autres parties du végétal, il est de même nature : ainsi, dans les plantes caractérisées par des poils étoilés, les Bombacées, par exemple, ceux de la corolle sont également en étoile.
Dans les descriptions botaniques , l’épithète par laquelle on caractérise la forme du pétale s'applique au limbe. Quand on décrit des pétales onguiculés, orbiculaires , dentelés, concaves, c'est comme si l’on disait des pétales avec un onglet et avec un limbe orbiculaire, dentelé et concave.
§ 338. On dit la corolle di pétale , tripétale, tétrapétale, pentapétalc , etc., suivant qu'elle est composée do deux, trois, quatre, cinq pétales distincts. Nous avons vu qu’en général leur nombre est égal à celui des divisions du calice avec lesquelles ils alternent; mais qu’il peut se présenter cependant quelques exceptions à cette règle (§ 307), parla suppression d’un ou de plusieurs pétales dans le ver-
254. Un pétale d'un Gcnôt (Genista candicans). — 1 Limbe. — nOnpIci.