COROLLE. 2GI
tieille de la corolle comparé à celui du calice , et réciproquement. Ainsi, dans la fleur du Marronnier d'Inde, le calice est à cinq dents , mais on ne trouve que quatre pétales alternant avec quatre d'entre elles, et la place du cinquième est vide: dans la Capucine à cinq feuilles (pg. 225), il n’y a plus que deux pétales et trois places vides. On signale cette circonstance en décrivant alors la corolle comme tétrapëlale ou di pétale par avortement, expression tout à fait juste ; car on voit dans d’autres espèces de Marronnier, et même dans quelques fleurs du même, reparaître le cinquième pétale; on en compte constamment cinq dans beaucoup d’autres espèces de Capucines. Le nombre des pétales, qui est de cinq dans presque toutes les Légumineuses, se trouve dans YAmorpha, réduit à un seul, placé entre deux des cinq divisions du calice, et en ce cas on dit la corolle unipétale, mot qu'il ne faut pas confondre avec monopétale (§ 292).
§ 339. Dans la description on doit indiquer, outre le nombre, la direction des pétales (dressés, divergents, étalés, réfléchis [§ 326]), par rapport à l'axe de la fleur, celle du limbe par rapport à l'onglet avec lequel il fait quelquefois un angle; leur longueur par rapport au calice ; leur forme, sur les modifications de laquelle nous venons de donner quelques détails, et qui peut être semblable, ainsi que leur grandeur, dans tous ceux d’une même fleur, ou bien différente. Dans ce dernier cas, où la corolle polypétalo est irrégulière, on décrit à part les pétales dissemblables, en désignant leur place par rapport à l’axe de l'inflorescence.
(Juand l’irrégularité est la même pour les fleurs d'un grand nombre de plantes, il suffit d'un mot pour en faire connaître les traits principaux. Tel est celui de papilionacées , appliqué aux corolles de toutes les Légumineuses de notre pays. , Dos cinq pétales ( Pg • 2üG) un supérieur (<?), c’est-à-dire tourné du côté de l'axe , plus grand et ordinairement plié sur lui-même, embrasse les quatre autres: on le nomme l 'étendard (vcxillum) \ deux latéraux (n), qu’on appelle les ailes (ulœ ) , recouvrent eux-mêmes les deux inférieurs (b), qui, rapprochés et souvent même soudés par leur bord, forment par leur réunion une pièce en forme de nacelle, la carène ( carina
Certaines modifications de corolles polypétales régulières, qu’on retrouve dans un grand nombre do fleurs, en général dans celles d une même famille, ont aussi reçu des noms particuliers. C’est
t'lj'"r ,l'"no Dapilionnn-o (lo Unis do senteur [ Latliyrus minent n.t]). — r Cnlir — e hlcmlîirtl. — « Ailes, — h Cnrène.
2G2 botanique.
ainsi quon appelle cruciformes (fig. 257) celles qui ont quatre petales opposes deux à deux en croix; rosacées {fig. 258), celles qui ont c inq pétales sans onglets et ouverts, disposés comme dans la
Rose simple; carijoplujllécs (fig. 259), celles qui ont cinq pétales munis d’onglets.
§ 340. La plupart des notions que nous avons données sur les
257. Fleur do lu Giroflée commune (Chciranthus ctieiri). — c Lobes des folioles du
calice, dont deux, plus extérieurs, se prolongent inférieurement en une bosselure. — pp Pétales. — e Les plus grandes étamines, dont on n’aperçoit que le sommet des anthères. ,
258. Fleur d'uno Rose (llosa rubiginosn). — b Bradée. — cl Tube du calice. — • cf cf Folioles du calice. — ppppp Pétales. — e Etamines.
259. Fleur d'un Œillet (Dianthus llonspessulanus. f . — & Bractées. — c Calice. — pp Pétales avec leurs onglets o rapprochés en tube. c Etamines. — 2. Un pétale du précédent, séparé. — o Onglet. — I Limbe.
COROLLË.
pétales en général peuvent s’appliquer également à ceux qui, par leur réunion, forment la corolle monopélale. On conçoit cependant qu'il ne peut être question ici de la distinction en onglet et limbe, puisque les bases sont confondues. Souvent pourtant ces bases paraissent représenter les onglets, les sommets représenter les limbes. Aussi appelle-t-on de ce même nom de limbe ( ficj . 260 /) ces parties supérieures lûmes dans leur contour, et décrit-on leur forme par les mêmes termes que celle des pétales isolés ; la partie inférieure dans laquelle les pétales sont intimement unis par leurs bords s'appelle le tube (260-67 t), et en a ordinairement la forme; l’entrée du tube, le cercle intérieur à la hauteur duquel les pétales se détachent l'un de l'autre, est la gorge (faux).
Ces noms, au reste, s'appliquent également au calice ou à tout périanthe monophvlle, de même que, d’une autre part, les mots par lesquels nous avons désigné (§ 327) les divers degrés de hauteur-auxquels les pièces du calice ou périanthe sont soudées entre elles, ou, si l'on aime mieux, les divers degrés de profondeur dans leurs découpures, sont egalement employés pour la corolle monopétale.
§ 341 . Mais on a inventé plusieurs mots particuliers pour désigner certaines formes de corolles monopétales communes il un grand nombre de fleurs. Nous citerons, parmi les régulières, la :
Tubuleuse (tubulosa), dont le tube long, cylindrique, semble continué par le limbe, qui suit la même direction (par exemple, dans lo Spigelia [fig. 260], dans la Consolide [fig. 261]).
In fundibuli forme ( infundibuliformis ) ou en entonnoir, celle qui en rappelle la forme par son limbe, s'écartant au sommet du tube en un cône renversé (par excmplo, dans le Tabac [fig. 262]),
II gpocratéri forme ( hgpocralcriformis ) ou en soucoupe, celle dont le limbe, plane comme une soucoupe très évasée, surmonte un tube droit (par exemple, dans les Primevères [fig. 263]).
Ro lacée ( rotacea .), celle dont lo limbe présente des divisions ouvertes comme les rayons d’une roue dont lo tube, extrêmement court , figurerait lo moyeu ( par exemple , celle du Myosoüs [fig- 264]).
Etoilée (slellala), la mémo it divisions très aiguës (par exemple, dans les Galium).
Urcéolée ( urceolala ), ou en grelot, celle dont le limbe est presque hul, le tube renflé à son milieu, rétréci aux deux bouts (par exemple, dans la Bruyère cendrée | fig. 265J).
Campanulée (campanulala) ou en cloche, celle qui imito cette forme par son tube évasé graduellement jusqu'au limbe (par exemple, dails les Campanules [fig. 266]).
Digitahfonne ( digüaliformis ), en forme de de à coudre ou cloche allongée (/ ig . 267).
2(50-207. Corolles monopétales régulières. — c Calice. — p Corolle. — t Son tube, — L Son limbe. — s Sommet du style et stigmates.