‹ BotaniqueChapitre 8 sur 206 · VAISSEAUX · texte numérisé non relu

VAISSEAUX

§ 8. Nous n’avons jusqu’ici appris à distinguer des fibres les vaisseaux ou tubes, que par leur extension beaucoup plus grande en longueur. Cette longueur est quelquefois considérable et égale presque celle du végétal entier. On la constate facilement sur des fragments d’une certaine étendue, par le passage de fils très fins, crins ou cheveux , qui , introduits à l'un des bouts par l’ouverture béante d'un des canaux, finissent par ressortir à l’autre et prouvent ainsi la continuité du canal. Lorsque celui-ci est très gros et droit, sur une branche de vigne, par exemple, on peut, en appliquant l’œil à un bout, apercevoir le jour à l’autre.

Si l’on met à nu un de ces vaisseaux longs et qu'on 1 examine suffisamment grossi, on y observe constamment deux caractères : 1" sa surface n’est jamais lisse, comme l’est souvent celle des cellules ou des fibres , mais présente toujours ces inégalités que nous avons vues paraître dans celles-ci à un certain fige, sous 1 apparence de points, de raies, d’anneaux, etc.; ‘2° le cylindre formé par le vaisseau n’est pas parfaitement régulier dans toute son étendue, mais offre de distance en distance dos sortes de rétrécissements ou d’étranglements. Ces étranglements sont quelquefois régulièrement espacés et très rapprochés les uns des autres, d'autres fois ils no se montrent que de loin en loin ou séparés par des intervalles inégaux. En observant attentivement les portions de vaisseaux comprises entre deux étranglements successifs, on est frappé de leur ressemblance soi l avec un utricule, soit avec une fibre; cette ressemblance devront bien plus évidente encore par l'action de 1 acide nitrique étendu d’eau et bouillant, qui détache fréquemment ces portions les unes des autres. Lorsqu’on les a sous les yeux ainsi isolées, on ne les distingue plus des ulrieules ou bien des libres

ORGANES ELEMENTAIRES. 13

que parce qu elles sont percées plus ou moins largement aux deux extrémités par lesquelles elles se continuaient avec le reste du jTsseau.

On est porté à conclure de ces observations qu’un vaisseau est formé par une série d’utricules ou de fibres unies bout à bout, et communiquant sans interruption entre elles au moyen d’ouvertures pratiquées à ces deux bouts. Si ce sont des utricules en série , les étranglements seront rapprochés, et la ligne qui les dessine sera horizontale ou légèrement oblique, comme le sont les faces par lesquelles les cellules se superposent ordinairement (fig. 50). Si ce sont des fibres en série, les étranglements seront plus ou moins écartés les uns des autres, et la ligne qui les dessine extrêmement oblique, puisque c’est le côté du cône effilé par lequel les fibres se terminent (fig. 37).

En admettant ce qui précède, les vaisseaux sont des organes déjà moins élémentaires que les utricules et les fibres , puisqu’ils sont composés par l’union do plusieurs de celles-ci. Nous ne devons donc pas être étonnés de retrouver sur leur surface ces mômes apparences de points, de raies, débandés formant une spirale continue, ou détachées en anneaux, ou réunies en réseau, etc., etc., que nous avons signalées dans les utricules ou les fibres; mais de ce qu’ici nous les rencontrons constamment, tandis que dans les utricules nous avons vu qu’elles n’existaient pas dans l’état primitif, et résultaient avec l'âge de l’addition de couches nouvelles et plus intérieures, nous devons conclure que les vaisseaux, tels que nous les avons décrits, ont déjà un certain âge, qu’ils ne se sont pas faits ainsi de toute pièce, mais qu’ils onL auparavant passé par d’autres formes.

En effet, si l'on prend un végétal ou une partie do végétal à sa première apparition, on n’v trouve pas la moindre trace de vaisseaux, mais seulement des utricules formés par une membrane lisse et homogène. Ce n’est que plus tard qu’on verra certains do ces utricules s'allonger en fibres ; et c’est plus tard encore (pie les parois perdront leur homogénéité, et que les vaisseaux se montreront. Ils auront passé par les mêmes périodes do formation que les utricules et les fibres : un sac membraneux, d’abord simple et continu, s’est épaissi par l’emboîtement d’autres sacs diversement brodés à jour; en même temps il se soudait intimement avec deux sacs' semblables h lui, placés, l’un au-dessus et l’autre au-dessous; mais la partie des parois ainsi soudée, au lieu de s’épaissir comme le reste, s’amincissait et disparaissait en partie. Les diaphragmes qu’on devrait attendre à ces plans de jonction, s’ils ne sont complètement effacés, sont représentés ou par un petit repli qui suit leur contour, ou par un réseau a jour. On a ainsi un canal continu formé extérieurement

1 4 lîOTANIQl'E.

par une membrane continue elle-même, simple sur un grand nombre de points diversement disposés, doublée ou triplée, etc., dans tout le reste de sa surface intérieure.

On a distingué différentes sortes de vaisseaux d’après la forme générale de leur tube et d’après les diverses modifications de leur surface. Nous allons les indiquer successivement et brièvement. Dans cette série d’utricules ou de fibres, nous n’avons nécessairement affaire qu’à une combinaison de formes, à une répétition d’apparences déjà connues. Cependant, aux détails déjà donnés, nous pourrons en ajouter quelques nouveaux; car c'est dans les vaisseaux, à cause de leur volume beaucoup plus considérable, que ces modifications se montrent le plus nettement, et qu'elles ont été le plus tôt et le mieux étudiées.

Nous avons annoncé tout à l’heure que la surface des vaisseaux est toujours inégale, marquée de points ou de lignes, qui naturellement se distribuent comme sur celle des utricules, c’est-à-dire suivent en général une direction spirale. Aussi les trouve-t-on, dans la plupart des ouvrages modernes , traités sous le nom collecti f de vaisseaux ou tubes spiraux (rasa spiralia , tubuli spirales ), pour les distinguer des vaisseaux à parois lisses , soit des vaisseaux dits fibreux, dont nous avons parlé déjà au sujet des fibres, soit des vaisseaux propres ou laticifères , dont nous parlerons plus tard.

Parmi les vaisseaux spiraux eux-mêmes, on a distingué les vrais ou trachées; les faux, qui comprennent les vaisseaux annulaires, réticulés, rayés, ponctués, etc.

§ 9. Trachées. — Les trachées sont formées d’un cylindre membraneux dans l’intérieur duquêl s’enroule un fil spiral. Ce cylindre se montre, sans aucun changement de forme ou de surface, dans une longueur assez considérable, puis se termine en s’effilant eh cône à ses deux extrémités, sur lesquelles viennent souvent s'appliquer celles d’autres trachées qui continuent ainsi la première en haut et en bas. Ce sont donc réellement des fibres très allongées qui composent les trachées ( fiçt . 37).

Le fil spiral de la trachée se continue sans interruption d’un bout à l’autre de chacune de ces fibres. On l’a comparé au fil de cuivre qui forme l’élastique des bretelles ; et c’est, donner une image assez fidèle do sa disposition. Sa couleur est ordinairement d’un blanc nacré. Quant ii sa forme même , elle a été diversement décrite ou supposée par les auteurs : les uns ont voulu que ce fil fût lui-même un tube creux; les autres, qu’il fût creusé en gouttière du côté interne ; d’autres lui ont assigné d’autres formes diverses. Los observations les plus exactes, à l’aide des instru-

monts les plus parfaits que nous possédions maintenant, font voir ce fil toujours plein , mais variant de forme suivant les places et les parties dans lesquelles on l'a pris : il est quelquefois aplati en ruban, plus souvent épaissi , et sa coupe présente un cercle, une ellipse on un quadrilatère. Quand on tire légèrement la trachée rompue , les tours de spire s'écartent l’un de l’autre , et le fil se déroule (fig. 38) comme celui de l’élastique de bretelle soumis à une semblable traction. Quand on casse doucement de jeunes branches ( de Sureau , par exemple), on voit quelquefois le fragment inférieur rester suspendu au supérieur par des fils tellement ténus que l’œil a peine à les apercevoir : ce sont ceux des trachées déroulées , et cotte propriété a fait souvent désigner ces vaisseaux par le nom de trachées déroulables, qu’on oppose à celles des autres vaisseaux spiraux qui ne le sont pas. Au reste , cela n’a pas lieu à tous les âges indifféremment ; dans la trachée extrêmement jeune, dont le tissu est encore un peu mou , le fil n’a pas encore 1 élasticité qu'il doit acquérir plus tard, et se rompt avec le tube sans se dérouler. 1! peut la reperdre dans la vieillesse , sans doute en se soudant intimement aux parties voisines.

L’écartement des tours de spire entre eux varie. Généralement chaque tour touche immédiatement les deux tours les plus voisins, au-dessus et au-dessous de lui [fig. 38). Alors dans leur intervalle, pour ainsi dire nul, la membrane extérieure ne peut s’apercevoir; sans doute, unie au lil , elle le suit en se déchirant lorsqu’on le •ire et le déroule. D’autres fois les tours laissent entre eux un intervalle «percevable quelquefois , et même beaucoup plus grand (pie 1 épaisseur du fil ; et c’est seulement dans ces cas qu’on peut voir un peu nettement la membrane extérieure (//;/. 3!), 42 .

Quanta la direction que suit la spirale de la trachée, on a remarqué qu il y en a une beaucoup plus fréquente que l’autre : ( e^t celle do gaucho a droite , si I observateur suppose le vaisseau placé devant lui dans sa position naturelle, c’est-à-dire l’extrémité la plus éloignée du sol tournée en haut. Souvent on suppose l obsor-

•19. Trachée à tours «cariés , prise dans lu lige du Poltron. Il faut remarquer que In gravure a, dans celle ligure et dans Ionie» les suivantes , interverti la direction de In »piro qui tourne de droite à gauche, lorsqu’elle devait tourner en sens contraire.

valeur placé dans 1 axe du cylindre autour duquel s'élève la ligne spirale; il esl clair qu’ainsi sa direction su présente inverse., c'est-à-dire de droite à gauche ( [>g • AO ). Sous le microscope , la face du vaisseau tournée vers l’observateur se 'trouve, par rapport à lui, dans la première position; la face tournée de l’autre côté se trouve dans la seconde, et les deux directions se croisent. Si le vaisseau est assez fin pour que ses deux faces se trouvent ensemble à peu près dans le champ du micros- 40. " cope, il paraîtra donc parcouru par deux fils

il. qui suivraient deux directions opposées, et qui dessineront ainsi dans leur croisement un réseau de petites losanges (ftg. 40). Quelques botanistes ont été trompés par cette apparence , dont ils n’ont pas su se rendre compte. Quelle que soit la direction de 1# spire, elle ne change pas d’une extrémité à l'autre de la fibre trachéale.

Le plus souvent le fil contourné en spirale est unique; mais il n'est pas rare de le voir doubl e(/ù/. 40). Quelquefois il y en a un plus grand nombre ( fiij. 41); et dans le Bananier on en a compté ^-i jusqu’à plus de vingt. Ces fils, rapprochés et parallèles, ^ forment alors comme un ruban spiral qu’on peut dérouler lui-même. 11 est évident que, dans ce cas , la direction des Pd tours de spire doit être d'autant plus oblique que le ruban N-jjj est composé d’un plus grand nombre de fils juxtaposés, lATi puisque entre deux tours d’un même fil il y a toujours toute la largeur du ruban. Au contraire, lorsque le fil est unique ! ■ et que ses deux tours se touchent , comme dans une élas- 42 tique de bretelle (fig. 37), ils ne sont séparés que par l'épaisseur même du fil, et se dirigent suivant une ligne qui parait presque horizontale, tant son ascension est douce.

Le fil simple ne reste pas toujours tel dans tout son trajet; mais quelquefois il se ramifie en se dédoublant, et l’on voit alors courir parallèlement deux fils plus fins au lieu d’un seul ( fig . 42). C’est une transition aux vaisseaux réticulés.

§10. Vaisseaux annulaires et réticulés. — Le 110111 (le trachées, si l’on remonte à son origine, conviendrait mieux aux vaisseauxque nous allons examiner qu’aux précédents. En effet, composés d’un tube membraneux que soutiennent intérieurement des anneaux ou cerceaux plus épais placés les uns au-dessus des autres

4 I . Trachée à plusieurs fibres parallèles prise dans la lijje du Bananier.

42. Trachée à spire simple inlérieiiremcnl , el double supérieurement, tirée de la Bellerave ( llrln vul(inrh).

fig. 43, 44) , ils pourraient, avec plus de justesse, être comparés à ia trachée-artère des animaux. Ils sont en général plus gros que les vraies trachées, et beaucoup moins uniformes d’une extrémité à l'autre. Les anneaux d'un même tube ne sont pas en effet parfaitement semblables ( fig . 4 4 ) -, ordinairement horizontaux , ils peuvent aussi être inclinés irrégulièrement dans un sens ou dans un autre ; ils ne sont pas séparés entre eux par des intervalles régulièrement égaux; enfin ils peuvent être réduits à des fragments annulaires ou représenter une autre sorte de courbe que le cercle.

Ainsi il n’est pas rare de voir entre des anneaux de fragments plus ou moins longs d’une spire qui tantôt les lie entre eux [fig. -45), tantôt en reste indépendante, mais dans l'un comme dans l’autre cas, se rompt sans se dérouler, lorsqu’on la tire.

D’après ce qui précède, il est facile de prévoir avec quelle facilité aura lieu le passage des vaisseaux annulaires aux vaisseaux réticulés. Ces anneaux, diversement obliques , liés entre eux immédiatement par quelques points de leur circonférence , ou médiatement par des bandelettes diversement contournées, présentent déjà souvent un réseau lâche. Que ces éléments se rap] rochenl et se multiplient, et l'on aura un réseau plus serré et plus compliqué. Aussi n’cst-il pas rare do voir le même vaisseau, annulaire dans une partie de son trajet, devenir réticulé dans une autre [fig. 40).

La terminaison de ces vaisseaux est un cône effilé; la longueur de l’intervalle entre les deux bouts prouve , quainsi que les trachées, ils sont ordinairement composés de libres.

S IL Vaisseaux rayés. — Les vaisseaux rayés, au lieu de spirales , de cercles ou d’aréoles irrégulières, présentent des raies

H cl \~k V;ii««cnux annulaire*, lire* de la li^o do la Dnlsaminô commune.

transversales qui n'occupent qu’une partie de la circonférence du

tube , et qui sont en général placées régulièrement les unes au-dessus des autres ( fig . 47). La forme du vaisseau est souvent celle d’un prisme dont les faces latérales sont ainsi sillonnées de raies qui s'arrêtent vers les angles (/ icj . 48). On a comparé la disposition de ces raies et de leurs intervalles à celle des barreaux, d'une échelle , et c’est pourquoi l'on applique souvent le nom de scalariformes aux vaisseaux qui présentent cette apparence. Les raies cependant n'ont pas constamment cet allongement transversal, mais prennent la forme de petites boutonnières, situées de même , mais ordinairement plus nombreuses . comme si plusieurs étaient formées aux dépens d une êeule raie interrompue de distance en distance [fig. 47 .

On s’accorde à penser maintenant que ces vaisseaux sont, comme les autres organes précédemment examinés , composés d’un tube membraneux doublé à l'intérieur par une toile à jour; les raies sont les espaces qui répondent à ces jours , et dans lesquels le vaisseau n'est clos que par la membrane externe.

Les vaisseaux rayés sont formés par une série d’utricules allongés , terminés et ajustés l’un sur l’autre par une paroi horizontale ou légèrement oblique, ou de libres terminées en cône.

S 12. Vaisseaux ponctués. — Les

vaisseaux ponctués , ceux qui , dans les végétaux , acquièrent le volume le plus considérable, et dont souvent même le canal intérieur peut être vu à l'œil nu, se présentent comme criblés de petits point* r. i . disposés suivant des lignes parallèles ho-

«• Frngment d un vaisseau ruje '*}e °la * V îgno . Il est accompagné -le quelques

4f). Fragment de vaisseau ponctue

m,,5ÔPCment ifun volcan ponctué pria itan* ,a Clmna.i.e — ne.

•M. Fragment d'un vaisseau ponrtne pri vaisseau en eliapelel.

dans P- Uni; sa forme passe

elle de

ORGANES ELEMENTAIRES.

moniales, ou, plus rarement, un peu obliques (/?</. 49, RO, R I .

Ces vaisseaux présentent laformed’un cylindre, sur la surface duquel se d&ssinent des cercles dépourvus de points, un peu obliques ou plus ordinairement horizontaux, placés à des intervalles plus ou moins rapprochés et en général égaux. Ces cercles ont le môme diamètre que le reste du tube , mais quelquefois un diamètre un peu moindre, et il en résulte alors unesuited’ étranglements ou rétrécissemen ts de distance en distance (/îg . 50) . La coupe verticale du vaisseau fait voirqu'à ces étranglem'ents correspond quelquefois intérieurement un petit repli circulaire: et quelquefois aussi le vaisseau, chauffé dans l’eau-forte, se coupe, suivantcesmêmeslignes,en autantde fragments, qui représentent clairement chacun un ulriculeen forme de barrique ou de tonneau qui serait défoncé aux deux bouts. C'est donc par une série dutricules soudés ensemble qu’est formé le vaisseau ponctué. Les ponctuations sont les places où la membrane externe reste à nu.

Si ces étranglements, qui résultent de la soudure d’une suite d utricules plus renflés à leur milieu qu'à leurs deux bouts, sont, extrêmement prononcés, le vaisseau rappellera la forme d’un chapelet à grains pressés les uns contre les autres (, pfj . RI). Les vaisseaux qu’on a appelés en chapelet ou vermiformes , parce qu’on peut les comparer aussi au corps d'un ver composé d’un suite d’anneaux ( /ir/ . R2 ) , ne sont donc qu’une modification d’une forme plus générale ; et cette modification ne se montre pas seulement dans les vaisseaux ponctués, mais do môme dans les autres. En général , à l’origine d’organes nouveaux, comme, par exemple, un rameau naissant d’une branche , une feuille d’un rameau , là où les vaisseaux , pour passer de l’un dans l’autre , doivent dévier do leur direction rectiligne, on voit leurs éléments se prêter à cette déviation en devenant plus courts, plus irréguliers , et s’unissant entre eux par des surfaces moins larges. La ligne droite doit se briser en une suite de courtes lignes pour parcourir un trajet llexueux. C’est ainsi que les fibres composant les trachées, ou les vaisseaux annulaires ou rayés , ordinairement très allongées dans la tige, se raccourcissent aux nœuds, et passent même ii la forme d utricules (/Jg. 52).

S 13. Valsscuuï IntlcifcVrcN. — Nous avons rejeté à la fin la description d’un ordre de vaisseaux qui sont assez différents de tous les autres pour qu’on ne les ait jamais confondus : ce sont ceux qui

.>-2. \ aisseaux ponctue* pris dan® In Ha' .'ruine, prenant siiprriruremenl la furmc en rlmpHot.

ont reçu le nom de vaisseaux propres ou laticifères , parce qu'ils contiennent'le suc propre ou lalex.

Ce sont des tubes membraneux , communiquant librement entre eux par des branches transversales, de manière à ce que leur ensemble dessine un vaste réseau (/ïg. 53. 2, 177). Ilsontdonc, plus que tous les autres vaisseaux précédemment décrits , quelque ressemblance avec ceux des animaux dont un caractère est d’aller en se ramifiant. Ce mot de ramification serait cependant improprement appliqué aux laticifères qu’on ne voit pas s'épuiser par des divisions successives, comme un tronc se partage en branches, ces branches en rameaux, et ainsi de suite. Ici les branches sont à peu près égales aux canaux qu’elles font communiquer, et dont elles naissent à angle drpit ou aigu.

En recherchant ces vaisseaux sur des tissus extrêmement jeunes, on reconnaît que ce sont dans l’origine de simples lacunes bornées

par les cellules même entre lesquelles elles s'étendent et présentant en conséquence , au lieu d'un canal cylindrique, une alternative de rétrécissements et de dilatations correspondant aux saillies de ces mêmes cellules et à leurs interstices [fig. 53. ] , /). Elles sont donc alors dépourvues de paroi propre , et c’est plus tard seulement que le suc qu’elles contiennent paraît déposer une couche qui, tapissant ces saillies et comblant ces interstices, circonscrit une cavité cylindrique , et constitue cette paroi en ‘se solidifiant. Or les lacunes courent dans diverses directions et communiquent les unes avec les autres : de là le réseau qu’ont coutume de dessiner définitivement les vaisseaux laticifères. Ce mode de formation et cette disposition réticulée les distinguent donc éminemment, ainsique l’imperforation de leur paroi, dans 1 épaisseur de laquelle on n’observe pas les intervalles amincis, et laissant la membrane primitive à nu sous la forme de bandes, de raies ou de

53, 1. Portion d’un canal (II) lalicifèrc observe dans taxe d un jeune bourpeon île l’iiclnire ( Chclidnniuin majus ). On voit que ce n’esl encore qn une lacune dont les ,i;,n,is sont formées par le tissu cellulaire environnant. I.os pramdcs du latex commencent à apparaître dans le suc jusque-lit transparent. — 2. Portion de réseau de canaux laticifères exliaits de la même plante à une époque plus avancée, il pourvus d une membrane propre.

points, signalée dans les autres vaisseaux, les fibres et les u triai les. Celte paroi , mince d’abord , s’épaissit, ainsi que nous l’avons dit , en vieillissant : quelques auteurs on cru même y reconnaître une succession de couches.

§14. Moyens d'union des organes élémentaires. — Après avoir exposé les principales modifications que présentent les organes élémentaires des végétaux, nous ne pouvons laisser de côté un problème qui récemment a beaucoup occupé les botanistes: c’est la recherche du moyen, de la force qui tient unis entre eux ces éléments, que jusqu’ici nous avons examinés séparés. Comme tous peuvent se ramener à l’utricule par lequel ils commencent, comme les cellules forment souvent la majeure partie, et quelquefois même toute la masse du végétal, le problème se réduit à la détermination du mode de liaison des cellules entre elles.

Suivant les uns, leur réunion est immédiate; les parois des cellules, d’abord demi-fluides, conservent quelque temps un degré de mollesse qui suffit encore quand les parois de plusieurs cellules voisines viennent à se rencontrer et à se toucher dans leur développement, pour qu’elles se collent entre elles, et que, même en se séchant, elles restent ainsi agglutinées à différents degrés, suivant la forme et la nature du tissu qu’elles constituent.

La doctrine de la réunion médiate, qui n’avait compté que peu de partisans, s'est relevée depuis quelques années appuyée d’une grande autorité, celle de M. Hugo Molli. 11 pense qu’entre les cellules, il s’épanche une sorte de colle, différente d’elles par sa nature, qui les lie, et qu’il appelle matière intercellulaire. Dans certains végétaux d'une structure très simple, comme ceux qui vivent dans l’eau, principalement dans l'eau de la mer, ceux qu'on nomme communément Varechs, et que nous étudierons plus tard sous le nom de Fucus, les utricules (/if/. 54 a u), dont la plante est toute composée, sont très espacés, laissant entre eux un intervalle souvent plus grand que leur diamètre, et tout cet intervalle est rempli par cotte matière intercellulaire [b), qui forme par conséquent la plus grande partie de la masse. Au contraire, dans les végétaux plus compliqués, dans les arbres et herbes qui couvrent la lerro, les utricules (fuj. 7, 28) se touchent, et, à peu d exceptions près, c'est dans les méats intercellulaires seulement que cette matière devient quelquefois visible : elle peut même les remplir en partie ou complé-

b Mali,

Porllon dn tissu il'nno planln mnrinn ( llimanthrilia Inrrci ) rf inlcrrcllnlairr*

— an r.<*UnÎp$. —

tement. Mais, outre les faces par lesquelles les cellules voisines se touchent et s’unissent, sa présence échappe à tous nos moyens d’observation, et môme l’union des membranes primaires en contact est tellement intime qu’elles se confondent et semblent former une paroi commune aux deux cellules juxtaposées , paroi dans laquelle nous ne pouvons encore, môme à laide de plus forts grossissements, reconnaître la ligne de jonction des deux lames qui la composent. Il est vrai que par une macération prolongée dans l’eau froide, par l'action de l'eau bouillante, ou mieux encore par celle de l’acide nitrique, surtout aidée de la chaleur, on parvient à isoler les cellules les unes des autres, et il semblerait que cette opération résulte d'une différence dans la nature des parois des cellules et celle de la matière intercellulaire dissoute par les agents auxquels ces parois résistent. Cependant lorsqu’on examine attentivement les cellules ainsi désagrégées, on reconnaît que leur membrane primaire n'est pas restée intacte , qu elle s'est déchirée, emportée en partie d un côté, en partie de l’autre : de telle sorte quelle doit participer de la nature de la matière intercellulaire, s il est vrai que celle-ci joue un rôle dans ce décollement.

§ 4 5. L’opinion de M. Mirbel no rentre dans aucune des deux précédentes. Suivant lui, le tissu végétal commence par une sorte de mucilage comparable à une solution de gomme arabique, qui s’épaissit de plus en plus, et qui, d’abord continu et plein, finit par se creuser d'un grand nombre de petites loges, qui seront les cavités des cellules. Los cellules voisines seraient donc d’abord séparées primitivement par une paroi commune, qui pourrait rester telle, mais qui, plus souvent encore, finirait par se dédoubler quelquefois dans tout son cqntour, quelquefois seulement en partie et d’abord vers les angles. Dans cette théorie, le développement dos cellules serait, donc tout à fait inverse de celui qu’on lui attribue dans les autres; elles tendraient à se décoller et non a se coller b a entre elles , et leur union ne serait (pie " ç l'état normal et originel, tendant à s ef-

facer progressivement avec 1 âge. Lorsque /, ce tissu 55, b b) persiste il ce! étal

„ • et forme ainsi un réseau continu dont les

() alvéoles sont doublées chacune d un ut.ri—

Page 1