‹ Botanique agricoleChapitre 30 sur 104 · MORPHOLOGIE DES SEMENCES. B · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE DES SEMENCES. B

Nous avons égrené à la main, pour ne pas blesser les semences, du trèfle violet parvenu à complète maturité; 86 sur 100 n'ont pas voulu germer quoiqu'elles fussent de très belle apparence; après avoir trempé dans l'eau pendant dix jours, ni la couleur violette, ni ie volume ne se sont modiSés. Nous possédons des (rèflesqui baignent dans l'eau depuis quatre ans et dont les graines sont encore intactes. C'est l'imperinéabilité de la couche superficielle du tégument qui est la cause de cette inertie, car si nous piquons légèrement le grain avec la pointe d'une aiguille, si nous ouvrons une porte à l'eau, il se gonfle presque immédiatement; deux ou trois jours après, il germe lorsqu'on le place danslesconditionsqueoouspréciseronsdans un instant.

Semences oures. — Nous appellerons désormais semences dures, les semences qui n'ont pas encore absorbé d'humidité après être restées dans l'eau pendant une dizaine de jours au moins.

Les trèfles, les luzernes qu'emploient les cultivateurs, germent à 90 p. 100 et plus quand ils sont de bonne qualité; ils renferment quelques semences dures seulement parce que, dans les machines à battre, ils ont été soumis à des frictions et à des chocs répétés qui ont blessé le tégument.

Les loliers, qui s'égrènent en les frappant très légèrement, fournissent nécessairement beaucoup de graines dures.

En outre des légumineuses, signalons comme produisant des graines dures en forte proportion :

l" Certaines mauvaises herbes de nos climats (cuscute, liseron, mouron, mercuriale, etc.)- On comprend qoe leurs semences se conservent très longtemps dans les terres, dans les fumiers et les composts, que les eaux d'irrigation, comme, les fumiers, propagent ces mauvaises espèces, et qu'enfin il soit si difficile d'en purger les cultures.

2* Les plantes à oaoutchoûe el.nombre d'espèces des pays chauds. Si l'Algérie, par exemple, ne possède pas

as LES SEMENCES.

de prairies artificielles analogues à nos trèfles el à nos sainfoins, cela tient à ce que les légumineuses sauvages qu'il pourrait y avoir intérêt à domestiquer, possèdent des semences dures dont la germination est très capricieuse et très insuffisante.

La dureté des semences n'est cependant pas un obstacle à leur utilisation, car, avantde les semer, on peut entamer le tégument sans nuire à l'amande :

1° S'il s'agit de grosses semences, en l'usant partiellement avec une lime;

2° Les petites semences sont mélangées à du sable fin  ar(>tes vives el battues énergiquement ;

3" On recourt encore à des moufins réglés de façon que les meules blessent l'enveloppe sans toucher à l'amande ;

4" Nous avons enfin obtenu une germination régulière du sulla, plante des plus précieuses pour l'agriculture dos pays chauds, en plongeant les semences dans l'eau bouillante pendant cinq minutes. La durée du traitement n'est pas invariable : il faut, pour chaque lot, la déterminer par un essai préalable sur une petite quantité. Quelques semences ont résisté à un ébouillantage qui s'est prolongé pendant une heure et demie. — Exemple plus extraordinaire : dans une luzerne sauvage, la luzerne maculée, nous en avons trouvé qui ont supporté, sans altération, une ébuUition de sept heures.

II. ha matière colorante du tégument des semences s'oxyde facilement el devient rougeâtre ; la lumière el l'humidité accélèrent beaucoup cette oxydation. II faut par conséquent conserver les semences colorées à l'obscurité et dans un local sec. Des semences possédant une mauvaise teinte sont suspectes : elles sont Agées ou bien elles ont été récollées ou conservées dans de mauvaises conditions ; dans ce dernier cas, elles possèdent une odeur de moisi plus ou moins prononcée.

Il arrive cependant que des semences de mauvaise apparence se montrent de bonne qualité ; c'est lorsque le tégument seul a été altéré ; avant donc de con-

Page 1