‹ Botanique agricoleChapitre 43 sur 104 · Section · texte numérisé non relu

Section

(en écusson,

GrcHes par qpil ou

hourgeon

déUclié

ten nûle.

Nous allons décrire très brièvement quelques-unes des greffes les plus employées dans la pratique courante.

Greffe par approche en placage. — La greffe par

184 MULTIPLlCATlOiN ARTIFICIELLE.

approche en placage (/îi/. 124) consisie à unir deux plantes voisines par desenlailles correspondantes, et à ne détacher le greffon du pied-mère qu'à une époque où ce dernier s'est complètement soudé au sujet.

Fig. ii'|. — GrcITe par approche, greron,' celle de gauche, la grelTe terminée.

Cette sorte de greffe sert à multiplier les essences qui se soudent assez difiîcilemeni, i'i remplir les vides que l'on observe dans la charpente das arbres fruitiers, ou encore à augmenter la grosseurdes fruits en greffant un rameau gourmand avec leur pédoncule.

L'époque oii elle se pratique est à peu près indiiîérenté; que les plantes soient ou non couvertes de

feuilles, le greffon ne craint pas d'élre desséché, puisque son pied-mère le nourrit pendant toute la période qui précède la reprise. Au lieu de l'isoler d'un seul coup, il vaut mieux, pour certaines espèces délicates, pratiquer une légère entaille à sa base ft en augmenter progressivement la profondeur; en opérant ainsi, le grefTon s'habitue h recevoir exclusivement sa nourriture du sujet.

On voit qu'entre la greffe par approche et la marcotte il existe une analogie frappante.

Greffe en fenie (par rameau détaché). — Les greffes par rameaux détachés se font ordinairement au départ de la sève, c'est-à-dire pendant le mois de février ou de mars, au moment où les youx du sujet commencent à s'ouvrir. Pour opérer, on doit choisir un temps un peu sombre et calme pour que l'évaporation des greffons soit le moins rapide possible. Quelquefois, on greffe en août -septembre.

Pour exécuter la greffe en fente, on coupe transversalement la tête du sujet à l'aide d'une serpette ou d'une scie; ce dernier instrument déchire le bois; il faut, après s'en être servi, aplanir la plaie avec une serpette bien tranchante. On fend ensuite la tige à greffer suivant un diamètre et jusqu'à une profondeur de 5 à fî centimètres environ.

Le grefl'on est choisi à la partie moyenne d'un rameau ; à la partie inférieure, les bourgeons sont peu vigoureux ; parfois même, ils font complètement défaut; au sommet, le bois n'est pas suffisamment aoûlé.

On taille en lame de couteau la partie inférieure du greffon, sur une longueurde 4à3centimè[res, et de telle sorte qu'il reste un bourgeon sur le dos au point où l'entaille commence (ftg. 125) ; la partie supérieure est coupée obliquement au-dessus du troisième bourgeon, lequel doit, autant que possible, être situé du même côté que celui de la partie inférieure.

Le greffon est implanté dans le sujet, de manière que les bords internes des deux écorces se correspondent

exaclemeiit; en pratique, le greffon est légèrement incliné vers le centre du sujet; on est alors assuré qu'il y a contact au moins en un point, puisque les deux écorces se croisent; on ligature, puis on recouvre les plaies d'un engiQment. Il est bon d'abriter les gretTons avec un cornet de papier pour les empêcher de se dessécher.

Sur les arbres à hautes liges, les oiseaux déplacent bien souvent les gretTons sur lesquels ils se pterchenl; on prévient cet accident en fixant ces derniers sur une baguelle eu forme de cerceau attachée au sommet du sujet; elle sert de perchoir aux oiseaux, et permet d'imposer an greffon telle direction qui convient à la formation de la léte de l'arbre.

Dans la suite, il faut s'assurer que les ligatures ne sont pas trop serrées, car elles étrangleraient les tissus en vole de croissance.

Le sujet décapité se couvre de pousses qui élaborent la sève destinée Greffe à former le tissu cicatriciel; il ne fau- "''"^" drait cependant pas leur laisser prendre on voit m, jpop grand développement, car elles sreaè affameraient le grelTon; aussitôt que terminée. ce dernier est soudé au sujet, on com-

mence par couper avec l'ongle (pincement) l'extrémité herbacée dfts rameaux les plus vigoureux, puis on les supprime progressivement en commençant à la base du sujet; ceux du sommet sont coupés à leur tour, lorsque les pousses du grefl'on ont atteint une longueur de 15 centimètres environ.

Greffe en fenle double. — La greffe en fente double se pratique sur des sujets dont le diamètre dépasse 5 à tt centimètres. Avec deux gretTons, placés en face l'un de l'autre,

D,<„l,iertb,G00^k'

i grelToD

aux deux extrémités du diamètre suivant lequel le sujet est Tendu, on a deux chances de succès au lieu d'une. Quand on veut former la tête d'un arbre de haut vent, il faut avoir soin de supprimer le moins vigoureux des greffons lorsqu'ils prennent tous les deux ; la pousse unique que l'on conserve, se soude pluscomplètement ; elle résiste mieux aux vents violents, et le sujet est raoinsexposéàse fendre en deux.

turage du i

sur laquelle s'efTecti

Greffe en fente anglaise.

c, d, sujet abl«nu par bou-

Greffe en fenle Berlemboise. — Elle se pratique sur de petits sujets qui nepeuventporter qu'un seul greffon; la tête du sujet coupée en biseau et fendue {fig. l'iG) se termine par une petite surface horizontale, oii l'on implante le grelTon; les plaies dans la greffe Berlemboise se cicatrisent plus rapidement que dans les autres

greffes; en outre, l'afflux de la sève au sommet du biseau accélère la reprise du greffon.

Greffe en fente anglaise. — On coupe la tête du sujet fin un biseau allongé qu'on refend obliquement, de manière à obtenir une languette parlant du tiers supérieur de la plaie [fii). 127). La même opéralion se répète, mais en sens inverse, sur le greffon. La greffe anglaise ofTre de plus grandes chances de succès que la grefTe en fente simple, car les surfaces en contact sont considérablement augmentées par les deux languettes. On conserve un bourgeon à la partie inférieure du greffon et un second au sommet du sujet; l'un et l'autre attirent la sève vers les points de soudure.

La greffe anglaise présente l'inconvénient d'exiger un greffon et un sujet de même diamètre. Lorsqu'il est impossible de réaliser cetle condition absolue, le greffon, toujours plus petit que le sujet, est fixé de telle sorte l ^ IJ 2 que les deux écorces soient en rapport H ' au moins sur une certaine étendue.

H (ireffe en incruslalion Iriangulaire

M (greffe à la Pontoise ou bien greffe

M Lée). — Les fentes pratiquées dans

^ f^gf toute l'épaisseur du sujet, se cicatrisent

difficilement dans la région du bois.

incrustBiioifirtBn'- Dans celte greffe, elles sont remplagiiiair«. céespar une enlaille(/7^. 128)en forme

En 6, on voli le de coin OÙ Vient s'engager le greffon sujet avec son en- qoi es| tajUé de la même manière. coin ; en a, i^eitré^ Greffe en ftnïe herbacée. — Son nom miiédii greffon laii- vient de la Consistance du greffon et e e m me. jy sujet, lesquels ne sont pas encore

lignifiés. Elle est principalement employée pour greffer les chênes et les végétaux à feuilles persistantes, dont la reprise estassezdifficile: elle se pratique exactement comme la greffe en fente. Dans les arbres verls, pins, sapins, etc., avant de tailler la base

Fig. laj. — Greffe ea fenle berbacée.

iBUl représente le greffoD ; celle du bas, la gr.ifFe te

greJTon, on eo supprime les feuilles sur une longueur de 0", 04 environ {fiy. 129); les greffons sonl des pousses terminales de même grosseur que l'extrémité du sujet; leur longeur ne dépasse pas O^.O? à (ffiS ; sur la partie ' débarrassée de feuilles, on enroule des liis de laine destinés à maintenir le contact du sujet et du grefl'on. On enlève les feuilles persistantes du sujet sur toute la longueur de l'entaille, en réservant toutefois les plus voisines de la section qui servent à attirer la sève au point d'union du grefl'on et du sujet; c'est daas le môme but qu'on supprime les bourgeons du verlicille situé immédiatement audessous de la section du sujet.

Greffe en couronne. — La tête du sujet est coupée horizontalement; de plus, son écorce, fendue latéralement sur une longueur deO",07 à O",^, est soulevée à laide d'une spakule ordinairement en os, afin d'y introduire le greffon qu'on a taillé en bec de tlùte (/'!/■ 130)- C'est au mois d'avril ou bien au I commencement du mois de mai, lors-

I que l'écorce est suffisamment en sève

I pour se détacher facilement, que l'oa

1 peut exécuter les greffes en couronne.

Exceplionnellement on les pratique, Fig. lao. — GretTeeu à l'autonmc, avant l'crrêt de la sève. phrâste""" ^'"'"" Greff'een couronne Ou Breuil. — Le . sujet dans la greffe Du Breuil est

ereffon'^prèîVîti'e '^°^V^' obliquement pour la môme niiseDpi«ce;4(iroiie, raison que dans la grelfe Bertemboise, la greffe terminée. et Técorce fendue, non pas directement au milieu du biseau, mais un peu à droite ou à gauche ; on soulève seulement la partie la plus large (fig. 131). Quant au greffon, il diffère de celui de la greffe en couronne précédente par

D,<„l,iertb,G00^k'

les deux caractères suivants : 1° le bec de flûte est entaillé latéralement du côté qui doit filre appliqué contre l'écorce non soulevée; -2" la section inférieure est oblique afin de correspondre exactement à celle du sujet.

Ce qui fait la supériorité de celle grelTe sur les précédentes, c'est la grande étendue des surfaces en contact, circonstance que nous savons favorable au succès de l'opération.

La grelfe Du Breuil peut être employée avec succès pour transformer les rameaux gourmands des arbres fruitiers en rameaux à fruits. On choisit un greffon d'une longueur de 5 à 10 centimètres environ, muni d'un ou deux bourgeons à fruits et d'un œil à bois si .

possible, puis on le fixe sur un c M gourmand coupé à Q^fil ou O^.OS JM de sa base. Cette greffe étant pra- fj&M.

liquée en septembre, on récolte les JilB fruits dès l'année suivante. IkI

Les greffes de la troisième sec- ^

Uon, par œilou bourgeon détaché, consistent à transporter sur le '^'''ii'^B~u^i'^*''* sujet un greffon composé d'un nombre variable de bourgeons fixés du*guiet%"Vu''Krcnon! à une lame d'écorce. AB en est laie; a,cii-

On les divise en deux catégories: '"'".^ laiéraie praiiqute

. , „ . , " , surie greffon ; b,icorce

1° les grcilea en écusson, dans les- dugujetrendueègauchu quelles le greffon ne porte qu'un eisouievée. seul bourgeon; 2° les greffes en fîûleouen sifflet. Dans celles-ci, il y a plusieurs bourgeons attachés à l'écorce du greffon. Les greffes par bourgeons sont celles qui convicnnenl c mieux aux sujets de faible dimension.

Greffes en écusson. — Le nom donné à ce groupe

vient de ce que i'écorce du greffon rappelle par sa forme un écusson d'armoiries [fig. 132).

Les bourgeons sont levéssur des rameaux d'un an et à peu près au milieu de leur longueur, car c'est là qu'ils onl le plus de vigueur. On doit conserver au-dessous de I'écorce l'amas de tissu cellulaire qui s'y trouve, lequel renferme le sommet végétatif du bourgeon. Il ne faudrait rependant pas y laisser trop de bois; la reprise

- Greffe en écusson.

serait rendue plus dimcile que si le conlacl existait presque entièrement par l'inlermédiaire du cambium.

On pratique sur I'écorce du sujet deux incisions en forme de T; on la soulève ensuite avec ta spatule d'un greffoir pour y introduire le greffon ; enfin, on ligature avec de la laine. Les ptaies onl trop peu d'importance pour qu'il soit nécessaire de les mastiquer.

Les greffes en écusson sont divisées en deux groupes suivant qu'elles sont exécutées au milieu du printemps (greffe à œil poussant), ou bien en été, du 15 juillet au 15 septembre (greffe à œil dormant).

l,iertb,G00^k'

Les greffes par bourgeons, exécutées en automne, sonl appelées greffes à œil dormant à cause de l'état stationnaire dans lequel elles demeurent pendant l'hiver; on les préfère généralement à celles de printemps, qui donnent fréquemment naissance à des rameaux: trop peu lignifiés pour résister aux froids de l'hiver suivant. Il faut bien se garder de couper la léle du sujet dans une greffe par bourgeons effectuée en automne ; la sève affluerait dans lo greffon qui développerail déjeunes pousses trop délicates pour passer l'hiver.

Greffes en flûte ou en sifflet. — Dans les grelTes en flûle ou en sifflet {flg. 133), on enlève sur le pig, iti — Greffe sujet tout un cylindred'écorce qu'on «" "lUe.

remplace par un cylindre de même EnhBui.ereTonmu diamètre détaché d'un rameau de [" d'un imuraeon; en ,. , . ,,. ,. bas, smel nrel rece-

1 espèce a multiplier. voir legrpftoa.

BOUTURAGE

Définition d'une bouture. — Une bouture est une portion de végétal délochée de son pied-mère, à laquelle on fait développer des racines ou des bourgeons adventifs. Les boutures développent des organes appropriés aux milieux dans lesquels elles se trouvent : ainsi un rameau planté dans une terre humide émet des racines adventives, tandis qu'une racine, au conlact de l'air et de la lumière, donne naissance à des organes foliacés.

Le bouturage est surtout applicable aux espèces à bois mou : saules, peupliers, platanes, vignes; l'âge augmentant la consistance du bois, le succès de celle opération est d'autant plus certain que les boutures

sont moins âgées. On emploie également ce procédé pour multiplier un grand nombre d'arbrisseaux et d'arbustes et de plantes ornementales.

Reprise de la bouture- — La partie bouturée, tige ou racine, renferme une ceriaine quantité d'aliments de réserve, qui, sous l'action de la végétation, se transportent aux points où de nouveaux organes sont en vole de croissance. Une partie sert à nourrir le fragment isolé de son pied-mère, tandis que l'autre est employée à former les organes qui en feront un végétal complet. Les matières emmagasinées, représentées surtout par de l'amidon, sont rapidement charriées aux points blessés, et forment là un tissu cicatriciel désigné sous le nom de bourrelet {callus, en terme de jardinage).

Avantages du bouturage. — La bouture étant une extension de l'individu, le plant enraciné présente tous les caractères du pied-mère.

Les rameaux à bouturer doivent être coupés sur des végétaux qui présentent tous les caractères à reproduire et ils ne doivent porter aucune trace de maladie.

Le bouturage est un mode de multiplication très économique et très expéditif.

Pratique du bouturage. — Les boutures de rameaux ligneux sont exécutées à la fin de l'hiver ou au commencement du printemps, tandis que les boutures de rameaux herbacés et de rameaux semi-ligneux sont faites pendant le cours de la végétation, lorsque les pousses à utiliser sont suffisamment développées.

Pour faire une bouture ligneuse, il faut choisir un rameau âgé d'un an et bien conformé ; couper ce rameau immédiatement au-dessus d'un bourgeon, et l'enterrer de manière qu'un ou deux bourgeons seulement apparaissent au dehors; donner la préférence à un sol riche, meuble et exposé au nord, afin que la bouture ne se dessèche pas avant de s'enraciner; la question d'humidité est capitale dans l'opération du bouturage. Nous savons, en effet, que l'eau seule charrie les matières nutritives, et qu'il ne peut se produire aucune

BOUTURAGE. 1V3

formation nouvelle lorsque les cellules génératrices ne sont pas tiirgescenles; on prévient la dessiccalion en recouvrant le sol d'un pailJis, en pratiquant des arrosages et en abritant la partie aérienne de la bouture au moyen de cloches, de claies, etc.

Avec un sol de fraîcheur moyenne, il vaut mieux, surtout dans le Midi, efîecLuer les boutures en automne, précisément pour empêcher la dessiccation, dont nous venons de signaler les inconvénients. Si le sol est trop humide, on doil préférer le printemps, car pendant l'hiver, l'extrémité enterrée de la bouture pourrait se décomposer. Dans ce cas, les rameaux à bouturer sont mis en boites dès le mois de décembre, et placés verlicalement, le sommet en bas, dans une tranchée ayant une profondeur égaie à la longueur des boutures; on recouvre le tout de terre, de manière à former un pelit billon qu'on abandonne ainsi Jusqu'au printemps, époque de la mise en place. Chaque bouture, munie alors d'un bourrelet, s'enracine bien plus rapidement que si on l'isolait du pied-mère immédiatement avant la plantation.

Classification des iwuturea. — On divise les boutures en trois sections :

ir'Stction. Ucrossetl

Boulure de rameaux ligneux j

ou herbacés / . '.

Nous allons décrire très brièvement quelques-unes des principales boutures :

Boulure simple ligneuse. — Elle se compose d'un rameau de 0",10 à U°',20 de longueur pour les bois un

19fi MULTIPLICATION ARTIFICIELLE.

peu durs el de O-.ÎO à 0°',40 pour les bois tendres. Le rameau, muni d'un œil ou bourgeon à chacune de ses extrémités, est planté en terre de manière à laisser sortir, au-dessus du niveau du sol, un ou deux yeux.

Bouture simple herbacée ou semi-ligneuse. — C'est une pousse de l'année, de O^.OS à O^.IO de longueur. On enlève les feuilles qui se trouvent insérées sur la partie inférieure à enterrer el on rogne par moitié le limbe des feuilles supérieures pour diminuer l'évaporalion.La bouture ainsi préparée est plantée [%. 134), V'ig. ru — Bouillie sini \c manière à enterrer environ

fuiie avec un rameau feuille le tiers du rameau. Pour facide verveine, jj^gj. [g peprjgg^ dans la plupart

des cas, il faut recouvrir les boulures d'une cloche ou d'un châssis.

Bouture à crosselle. — Elle se compose d'un rameau portant à sa partie inférieure un tronçon dj vieux bois {flg. 135) quia simplement pourbul d'empêcher les boutures de se dessécher quand elles doivent être transportées à une certaine distance.

Bouture à talon. — II est bon de séparer par arrachement le rameau du vieux bois. Ce dernier est représenté dans la bouture par une petite masse appelée talon, ce qui lui a valu son nom.

Bouture écorcée. — Dans les boutures de vigne, on enlève près de la base du sarment, à droite et à gauche \Jig. 136), une lanière d'écorce de O-'.OS de longueur environ.

Bouture par plançon-B. — Pour multiplier les essences à bois tendre telles que peupliers, saules, aunes, on prend des rameaux de trois à cinq ans, bien droits, longs de 2 à 3 mètres et débarrassés de leurs ramifications : on les taille en pointe à leur extrémité inférieure

puis 011 les enTonce de O^.SO dans un sol humide. Bouture à un ceil ou semée. — Il y a quelque temps.

on essaya de multiplier la vigne et le mûrier en semanL des tronçons de rameaux longs de 0",03 à 0°',04 et pourvus chacun d'un bourgeon Iflg. 137); ce mode de multiplication donne des résultais peu satisfaisants avec la vigne cultivéeen plein air. Ileslavantageux d'y recourir, quand on veut multiplier la vigne pour culture sous verre; mais alors les boutures sont semées ou mieux plantées sur couche.

Bouture de racine. — Certaines essences se multiplient facilement par bouture de racine : exemple, le paulownia, le néflier du Japon et autres arbres d'ornement. Il suffit de planter des tronçons de racine {(ig. 138} d'environ O^.IS de longueur et de les enterrer en ne

laissant hors de terre qu'une longueur de 2 à 3 centimètres.

Bouiure de feuille. — Certaines feuilles, telles que celles du Bégonia Rex. développent des racines lorsqu'on les applique sur le sol, après avoir brisé leurs nervures en certains points, et émettent (les bourgeons à la ramification des nervures on bien sur le limbe lui-même,

Kn outre du Bégonia Rex, dans les serres, on multiplie facilement de bouture de feuille les plantes suivantes :

lloga carnosa (Asclépiadées), Zamiaculcas (Aroïdées), Peperom/flo/'(/y/-tfa(Pipéracées), Aphelandra {Acanthacées), Gloxinia (Gesnériacées), Sainlpaulia (Gesnériacées), Slreplocarpus (Cyrtand racées).

La multiplication par tubercules, bulbes, bulbilles, caïeux est un véritable bouturage. Nous avons déjà parlé des tubercules (p. 154) et des bulbes {p. 157), Disons un mot des bulbilles et des caïeux.

Caïeux et bulbilles peuvent être considérés comme des bourgeons mobiles; ils s'isolent du pied-mère et donnent naissance à de nouveaux jets à la façon des graines.

Les caïeux sont des bourgeons latéraux que l'on ren contre chez les plantes bulbeuses, (elles que la Tulipe, le Lis blanc, l'Oignon, etc. Ils se forment à l'aisselle des feuilles qui constituent les bulbes et ils grossissent progressivement, tandis que les feuilles qui les abritent . s'épuisenl, s'amincissent et finissent par disparaître.

Les bulbilles sont des bourgeons qui naissent à l'aisselle des feuilles, par exemple dans le lis bulbifère, ou bien quelquefois à la place des fleurs ou entremêlés aux fleurs, dans diverses espèces du genre Ail

Les végétaux qui peuvent se multiplier par ces bourgeons mobiles, sont dits vivipares ou bulbifères.

MARCOTTAGE.

MARCOTTAOe

DéfinitioD du marcottage. — La marcolle se différencie de la boulure, par ce fait seul qu'elle reste fixée au pied- mère tant qu'elle ne peut se sulfire à ellemême. Onl'emploieavec succès pour multiplier quelques es^sences à bois dur rebelles au bouturage.

Classification des marcottes. — On divise les marcottes en deux sections :

Marcottes simples

I par buUc ou en cëpée,

(en archet,

ien serpenteaux,

Les marcottes simples sont celles dont la partie enterrée ne présente aucune mutilation ; dans les mar-

cottes compliquées, le rameau est incisé sur un ou deux points de sa longueur: la sève afflue alors aux parties blessées, et les recouvre d'un épais bourrelet qui favorise la sortiedes racines. Le marcottage compliqué s'emploie

pour muUiplier les essences dont les brandies s'enracinent difficilement : exemple, le magnolia.

Les marcottes sont généralement des rameaux âgés d'un an ; quand la reprise est facile, on leur préfère des rameaux de deux ans qui fournissent des pieds plus développés, excepté pour les marcottes herbacées qui se font avec des pousses de Tannée.

Conditions de succès du marcottage. — Toutes les plantes ne sont pas susceptibles de se reproduire par marcottage. Celles auxquelles on peut appliquer ce procédé doivent être, pour s'enraciner, placées dans les conditions énumérées ci-dessous: enterrer la partie à faire enraciner dans un sol meuble et frais; relever hors de terre l'extrémité de la marcotte pour favoriser la circulation de la sève; inciser la partie enterrée lorsqu'on a affaire à des végétaux qui s'enracinent difficilement ; maintenir au moyen de paillis et d'arrosages le sol suffisamment frais; faire le sevrage de la marcotte lorsqu'elle est bien enracinée.

Les marcottes ligneuses se font ordinairement au printemps et les marcottes herbacées pendant lavégétation, lorsque les bourgeons soni suffisamment développés.

Marvollage en archet. — Dans une tranchée de O^.iO de profondeurenviron, on couche un rameau voisin du sol, puis on relève verticalement l'extrémité supérieure qui au sortir de terre est fixée à un tuteur [fîg. 139). Si le rameau est trop éloigné du sol, on le fait pénétrer sur une longueur de O'",20 dans un vase rempli de t«rre, maintenu à proximité au moyen d'un support.

Un ou deux ans après celte opération, le sujet a développé suffisamment de racines advenlives, on le sèvre, comme on dit généralement, c'est-à-dire qu'on l'isole progressivement du pied-mère, en pratiquant entre la portion enterrée et ce dernier une section de profondeur croissante.

Marcottage par huile ou en cépée. — Quand les tiges des essences à marcotter se dégarnissent de rameaux

MARCOTTAGE.

il leur pied, on ]es recèpe à ©"".as du sol ifig. 140) ; il se développe bientôt une cépée ou buisson de jeunes pousses, à la base desquelles il suffit de former un petit monlicule de terre pour les forcer à s'enraciner.

Marcottage en serpenteaux. — Les rameaux des espèces sarmenteuscs (vignes, glycines) sont parfois très longs, de sorte qu'il est possible de les enterrer en plusieurs

Fig. 1^0. — MarcoLIage par bulte ou en cèpCe.

a, lige rrcépée ; b, b. jeunes pousses qui développent des racines ù leur base; B, monlicule de terre.

points et d'obtenir ainsi plusieurs marcottes ; la forme affectée par les rameaux enterrés fait donner à ce procédé le nom de marcottage en serpenteaux.

Provignage ou couchage. — Le provignage se pratique dans les vignobles pour en rajeunir les vieilles souches. Celles-ci sont couchées dansune tranchée et de leurs sarments les plus vigoureux, au nombre de un, deux et quelquefois de trois, on forme autant de marcottes {/(^. 141). Ces marcottes enracinées sont appelées des provins.

Lesprovins donnent beaucoup de vin, mais souvent de médiocre qualité. Les vignobles des grands crus de la Bourgogne et du Bordelais sont plantés de vieux ceps qui sont peu productifs parce qu'ils ne sont pas soumis au provignage pour les rajeunir; par contre, le vin qu'on en retire est de qualité supérieure.

Marcottage naturel. Drageons, stolons, coulants. —

Beaucoup de plantes nous offrent des exemples de marcollages naturels. Les drageons sont le produit de véritables marcotles par racines.

Dans l'épervière piloselle {Hieracium pilosella)

{fig. 14'2), la véronique officinale (Veronica offîcinalis), la bugle rampante [A juga repians), des rameaux grêles

- Un pied fleuri d'épervii

appliqués sur le sol émettent des le nom de stolons ou coulants.

on leur donne

MaRCOTTAUE. 203

Les planles que nous venons de citer, se mulliplienl spontanément parleurs rameau:: aussi bien que par leurs graines ; on conçoit avec quelle rapidilé elles se propagent : la renoncule rampante, qui appartient à cette catégorie, est difficile à détruire lorsqu'elle envahit les . prairies ou les champs cultivés; le moindre fragment laissé dans le sol peut devenir un nouveau pied.

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