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PISTIL OU GYNÉCÉE

Pistil monocarpellé. — Pistil pluricarpellé. — Le pistil est monocarpellé quand il renferme un carpelle

Fijf. 33».

Fig, 24o.

Fig, ail.

Flg. iSg. — Coupe tranaverBAle de l'ovaire de la vloletlc montrant 1 placentas parièLaui.

Fig- 3b>' — Coupe loDgitudipale de l'ovaire de l'Armeria marilinia t trant un loDtt tuaicule qui Bxe l'ovule au placenta.

Fig. i4i. — A droile, iilatil pluricarpeltè du Spirxa Forlanei k ova dlslincls. A gauclie, un carpelle OUI — ' — ■' ' ' "

unique (haricot), pluricarpellé quand il en renferme plusieurs.

Dans un pistil pluricarpellé, les ovaires peuvent être simples et distincts les uns des autres, ex. ; les renon-

Fig. i43. — Schéma d'ovaire b pla-

cules (Banunculas), les spirées (Spirsea) (fig. 241), composés, c'est-à-dire réunis en un seul corps, ex. : l'œillet [Dianlhus), le poirier {Pirus) {fig. 242), le pommier (Malus).

Dans le cas des pisUls composés, c'est-à-dire lorsque SCHRiiAui ftt Nahot. — Botan. agrie. 17

plusieurs carpelles sont soudés en une seule pièce, il peut se préseater deux cas principaux :

1° Les carpelles restent ouverts et se soudent par leurs bords. L'ovaire est alors à une seule loge. Les placentas du bord de chaque carpelle se soudent avec ceux des carpelles voisins et sont ainsi placés sur la paroi même de l'ovaire. On dit que la placenlalion est pariétale, ex. : violette [fig. 242 et 245). 11 est évident que dans un pistil monocarpellé la placenlalion est pariétale.

2" Chaque carpelle est fermé, comme nous avons dit pour le pistil monocarpellé, et les carpelles se soudent

Fig. 2U. Fig. al5. Fig. alfl.

Fig. a44' — Coupe transversale de l'ovaire pluricai^lié du poirier orniê par la réualoD de cinq carpelles Ipiacenlalion aiile),

Fig. %',h. — Coupe IransïersalB de l'ovaire de la violette i placentaUon psHélale.

Fig. aje. — Coupe longitudinale de l'ovaire de la lysimaque vulgaire i placentation cen traie.

par leurs parties extérieures {fig. 243 et 244}. II y a alors autant de loges à l'ovaire que de carpelles. Les placentas sont tous soudés suivant l'axe de la (leur. On dit qu'il y a placenlalion axile, ex. ; le poirier {fig. 243 et 244).

Enfin il arrive parfois que les placentas limités à la région basilaire des carpelles font saillie au milieu même de la loge centrale de l'ovaire. Il y a alors placenlalion cenlrale {fig. 246), mais le cas est relativement rare.

Rapports de situalion du pislil avec les aubes organes floraux. — Un ovaire libre de toute adhérence avec les

PISTIL OU GYMËCëe. SOI

autres verlicilles floraux est désigné sous le nom d'ovaire libre ou supère (pavot, œillet, cerisier) {fig. 247), tandis qu'on appelle ovaire adhérent ou infère celui qui est soudé au calice (melon, fig. 2J8).

Ovule. — Nous avons appris précédemment quelle est la nature morphologique de l'ovule, il nous faut maintenant connaître son organisation avant d'aborder l'étude de ce phénomène mystérieux, connu sous le nom de fécondalion.

L'ovule le plus complexe (ftg. 249 et 250) offre une por-

Fig. 3l,j, — Coupe langltudluale de la Fig. 349. — Coupe longitodinalo Qear du cerisier à ovaire supère. de la Oeur du melon à ovaire

tion centrale parenchymateuse appelée nacelle, entourée d'une ou de deux enveloppes ou téguments superposés qui sont, en partant de l'extérieur, la primine et la secondine. Ces téguments sont interrompus en un point qu'on peut regarder comme le sommet du nucelle. C'est le mkropgle. Le point où naissent les téguments est la chalaze. Enfin le hile est le point d'attache de l'ovule avec son funicule.

La position que l'ovule occupe dans l'ovaire est généralement constante dans les plantes de la même famille ; il estdonc nécessaire de signaler les difTérences qu'il présente à cet égard, à cause de leur importance

232 FLBUR.

au point de vue de la classiGcation des végétaux. L'ovule est orlholrope quand ses diverses parties se sont développées uniformément; le hile, le micropyle et la chalaze sont en ligne droite.

L'ovule est analrope ou réfléchi lorsqu'il se développe inégalement sur tout son pourtour et se renverse de manière que le micropyle se rapproche du hile; celui-ci est très éloigné de la chalaze et le funicule soudé latéralement à l'ovule forme une petite saillie qu'on nomme raphé {fig. 250).

Les ovules anatropes sont de beaucoup les plus répandus.

L'ovule est campylolrope quand son grand axe se recourbe au lieu de rester rectîligne, comme dans les deux cas précédents ; le micropyle est situé au voisinage du hile (fig. 252).

Au début, le nucelle se compose d'un tissu cellulaire homogène ; bientôt, une des cellules au voisinage du micropyle grandit notablement aux dépens de ses voisines ; on lui a donné le nom de sac mina ; s,' sècondine.' embryonnaire. Le noyau du sac eta bryonnairese divise en deux ; chacun des nouveaux noyaux s'isole à chaque estrémité de la cellule et en donne par division deux, puis quatre autres ; trois de chacun des deux groupes s'entourent de protoplasme et d'une membrane. Des trois cellules supérieures deux ont reçu le nom de synergides (S, S), la troisième, la plus importante, est l'oosphère 0. Les trois cellules inférieures sont les antipodes. Enfin les deux noyaux restant vont l'uu au-devant de l'autre et [se fusionnent pour constituer le noyau secondaire du sac embryonnaire, A {/ig. 254). Féconilation. — Nous venons de voir quelle est

mÈoropjle ;

la struclure de la fleur el à quel état se Irouvent les différentes parties quand elles ont atteint leur complet

lupe laagtludiasle d'u[

pr, prlmine ; ne. seeondine ; tx, a.

ome; td, micropyle; ne, nucelle; se, mbryonnaire; fn, tunicule; fti, falsi asculaire; rp, replié ; cA, chalsze.

développement. Il ne reste plus qu'à montrer comment se produit l'acte final et capital de la fécondation d'où résultera la formation de l'œuf et de l'embryon.

an I Au» Cheiri.

funicule; Ig, tégun

La fécondation comprend plusieurs stades ; 1" Le transport du grain de pollen de l'étamine sur le stigmate, ou pollinisation;

2* La germinalion du grain de pollen;

3" La fusion des élémenls sexués ou fécondation proprement dite.

Pollinisation. — La poUinisatioD peut être directe ou indirecte. Elle est directe quand le pollen est transporté sur le stigmate de la (leur mCme qui a produit ce pollen. Pareil fait ne peut se produire que dans les fleurs hermaphrodites. Dans ces cas lepoUen, par suite de son

La priraine est supprimée; ï«, secandine; O, oosphère; S, S, sync, reetES dunucelle itc, sac embryonnaire; aergides; A. nOTaii secon- Ip. eitrèmilé du lube pollinlque qui s opéré daïre du psc embryonla récondslion ; ve, ve', vésicule» embryon- oaire ; B, cellules aplinaires; ua. vésicules an lipodes. podes.

poids, tombe directement de l'élamine sur le stigmate. Parfois certaines fleurs sont adaptées à cette pollinisation directe. Dans la rue [Buta graveolens), l'épinevinette [Berberis], à la maturité du pollen, les étamines s'infléchissent sur le stigmate, le recouvrent de pollen et reprennent leur première position.

Maislescasdepollinisalion directe sont rares. Darwin et son école ont d'ailleurs montré que les produits obtenus en réalisant la pollinisation directe d'une façon artificielle sont toujours inférieurs. 11 semble que ces

FÉCONDATION. SSS

croisements entre cellules sexuelles 'parentes amènent une dégénérescence rapide de l'espèce dont les graines sont toujours moins nombreuses et moins lourdes. Au contraire, les graines obtenues en croisant les individus différents d'une même espèce sont trfujours plus nombreuses, plus lourdes et donnent des plants plus

Vlg. 355. - A gaucho grain de polleu

Fig, 25S. - Ovuie coupé vertica-

qui a émis son boyau pallinique : h droite slyte fendu longUudinalemenl pour monlrer la marche de deui boyauï poliiniques.

lemeol au momentde la fécoodalion, et monlranl le lube pollinlquedonlI'eilrémilÉs'eBt

vigoureux. Dans la nature, c'est en effet la pollinisation indirecte ou fécondation croisée qui domine dans les plantes. Elle est de règle dans les plantes monoïques ou dio'fques, mais se produit aussi très fréquemment pour les plantes hermaphrodites. En effet, les dispositions qui empêchent qu'une fleur ne puisse être fécondée par son propre pollen sont multiples et variées. L'obstacle le plus fréquent à l'auto-fécondation est la dichogamte. On appelle ainsi le fait qu'une tleur ne mûrit pas ses

29a FLEUR.

étamines en mt^me temps que bod pistil, de sorte qu'un stigmate mûr ne pourra recevoir de pollen que d'une fleur provenanL d'un pied dilTérent. Quand le pollen mûrit avant les ovules, la fleur est dite dicliogame protérandre (Graminées, Malvacées, Ombellîfères) ; quand c'est l'inverse, elle est dite dicliogame prologyne (Joncacées, beaucoup de Graminées).

Dans ces cas de fécondation croisée, le problème du transport du pollen se complique. Les modes de transport du pollen sont très variés, mais les deux facteurs les plus importants sont le venl et les insectes.

Le vent emporte facilement, et souvent à de très grandes distances, les grains de pollen qui forment une légère poussière, souvent rendue plus légère encore (Conifères) par deux petits ballonnets latéraux remplis d'air. La pollinisation par le vent se produit en particulier dans les Graminées où les anthères oscillantes, fixées en un seul point à l'extrémité de filets longs et déliés, s'ébranlent au moindre souffle et abandonnent leur pollen.

La fécondation directe est la règle pour le blé, l'orge, l'avoine, les pois.

La fécondation croisée s'observe chez le seigle, le maïs, lesorgho, le millet, les choux, les carottes, les pommes de terre et les betteraves. Les variétés de ces différentes espèces se maintiennent difficilement pures de tout mélange.

Les insectes adirés par le nectar que sécrètent certaines fleurs sont aussi des agents très puissants de la fécondation croisée.

Les fleurs qu'ils visitent ont toujours de vives couleurs qui les leur font remarquer aisément; il est facile d'observer que les fleurs non fécondées par l'intermédiaire des insectes, les Conifères, les Graminées, sont incolores.

Le miel est toujours sécrété en un point tel que l'insecle est obhgé, pour s'en emparer, de venir au contact des anthères et du stigmate ; sa peau inégale et les poils qui la recouvrent généralement jouent le rôle de

FÉCONDATION. ., jy^Rglt^ ]

brosses vis-à-vis du pollen que )e sti^aj enlève ensuite et retient aisément.

Nous allons citer deux exemples curieux de ce dernier mode de fécondation.

Fécondation par les insectes de l'aristoloche clémaltle et de la sauge des prés. — La fleur de l'aristoloche {Arislolochia clematilis) {fig. 257) se compose d'un périanthe ayant la forme d'un cornet dilaté à sa base et terminé par un lobe unique; tant que le sligmale n'a pas été recouvert de pollen, la fleur, largement ouverte, est portée par un pédicelle dressé. Des poils nombreux, mobiles autour de leur point d'attache, et dirigés de haut en bas, hérissent le tube du périanthe (en 6, fig. A); les lobes du stigmate recouvrent les anthères. Les petites mouches (a, fig. A) pénètrent facilement jusqu'à la dilatation, mais elles se trouvent emprisonnées à cause des poils qui font du périanthe une véritable nasse. L'insecte s'agite dans sa prison, et laisse tomber sur le stigmate le pollen dont son corps est chargé. La fécondation opérée, les lobes du stigmate se redressent, les anthères s'ouvrent, en même temps que les poils du tube se dessèchent (6, fig. B}; de plus, le fond du périanthe s'élargit et permet à l'insecte de circuler désormais au milieu des anthères, et de se couvrir d'une nouvelle quantité de pollen ; les poils ne lui faisant plus obstacle, il s'échappe pour aller visiter une autre fleur ; aussitôt, le périanthe se renverse, le lobe ferme ta fleur et en défend l'accès aux mouches, dont l'intervention est désormais inutile.

Dans la sauge des prés [Salvia pralensis), la fécondation s'effectue d'une manière très élégante. Les deux filets des étamines {(!g. 258) sont terminés chacun par de longs conuectifs soudés entre eux qui peuvent osciller autour de leui's points d'attache; les deux grandes branches sont libres de toute adhérence, et se terminent chacune par une demi-anthère, tandis que les petites branches soudées entre elles en sont dépourvues. Quand un bourdon vient [en suivant la flèche b) sucer le nectar

situé au fond de la corolle, il effleure le style bifide (</), qui se charge du pollen dont le corps de^rinsecte est couvert : celui-ci se heurte contre le petit bras de levier;

Fig. a5;. — Fragment de tiga de l'arialoloche clématite porlanl plusieurs

A, Heur isolée avant la fécondation ; a, insecte qui a pénélré dans la (lilatalion du tube floral ; b, polis hérissés qui retlennenl l'Insecte prisonnier; c. anthÉrea recouvertes par les lobes du stigmate. — B, la mËme (leur après la fécondation; on voit en b la trace des poils qui sont tombés.

il le soulève, tandis que les bras portant les anthères

se rabattent en avant (c, c') et le couvrent de pollen.

Fécondation artificielle. — L'homme intervient quel-

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