PRÉFACE
La plante domine de haut les autres facteurs de la produC' tion végétale ; vers elle, convergent Ions les elTorts du cultivateur ; or, par une étrange contradiction, c'est précisément de {aplanie que les agronomes s'occupent le moins ; ils agissent comme ces ari.hiiccles qui C'instruiscnt une maison, sans se renseigner exactement sur sa destination et sur les habitudes des hfttes qui doivent s'y installer.
Une foule de questions d'un intérêt pratique considérable retournées tant de fois sans arriver jamais à les résoudre complètement, telles que la répartition des engrais et des semences, le nettoyage des terres, le choix des variétés, l'amélioration des espèces végétales, pour ne citer que les plus importantes, attendront leur solution âétînitivo, aussi longtemps que l'étude des plantes agricoles ne nous fournira pas les données essentielles de ces dîiïérenls problèmes.
Les ouvrages d'agriculture, de même que notre enseignement agricole à tous les degrés, se complaisent dans l'étude du sol, des engrais et des machines ; la mécanique et surtout la chimie y régnent en souveraines ; quant à la plante, elle est reléguée au second plan, nous ne la voyons pas vivre et se plier aux conditions du milieu ; dans nos champs, elle apparaît à. l'élève comme un ballon ou un creuset au sein desquels s'accomplissent des réactions chimiques; sur nos greniers, on la traite en milière inerlo bien plus qu'en être vivant.
Incontestablement, la chimie se place au premier rang des sciences qui ont renouvelé l'industrie du sol : elle a plus fait pour Vagriculture que des siècles de labeur et d'observation, et l'avenir nous dira certainement qu'elle n'a pas encore donné la'mesure de sa puissance. Demandons-lui ce qu'elle peut