‹ Botanique agricoleChapitre 63 sur 104 · DÉVELOPPEMENT ET MATURATION DES FBUITS · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT ET MATURATION DES FBUITS

sont parvenus à fabriquer des éthers dont le goût rappelle celui de la pomme, de la poire, de l'ananas et de la vanille ; aujourd'hui, la plupart des confiseurs en font usage.

Les fruits d'une même variété ne sont pas également savoureux. Les différences observées doivent ôtre attribuées à l'intluence de la chaleur, de la lumière, de l'humidité et du sol ; elles peuvent tenir aussi à l'aigre qui les a prodoits.

La^nl^iret la lannfere, ravodsent la production du sDCre ; lesfruits du Midi ont une saveur beaucoup plus douce que ceux de même espèce récollés dans le Nord.

L'humidité a pour effet de rendre la sève très abondante et aussi très aqueuse ; les fruits deviennent volumineux, mais ils restent fades. Pendant les années pluvieuses, l'eau y afflue en quantité telle, que leur épiderme (init souvent par éclater (cerises, groseilles).

L'influence de l'humidité étant admise, on conçoit facilement que les arbres plantés dans un sol humide ne sauraient donner de bons fruits. Quelle que soit la nature du terrain dans lequel ils se trouvent, les jeunes arbres produisent toujours des fruits de qualité secondaire.

Le temps employé par les diverses espèces de fruits pour arriver à maturité est variable avec les espèces. 11 faut deux ou trois mois aux groseilles et aux cerises, six mois environ aux pommes, aux poires, aux pêches; les cônes de pins ne mûrissent qu'au commencement de la troisième année.

Quand un fruit vert reçoit un choc, ou encore lorsqu'il devient véreux, il môrit plus vite qu'un fruit sain. C'est là un fait curieux à nofer: chaque fois qu'une plante est altérée par une cause quelconque, elle parcourt rapidement les diverses phases de sa végétation; on dirait qu'avant de mourir elle veuille produire des graines et s'assurer une postérité.

Les oranges mûrissent au bout d'un an; cependant on attend quelquefois la deuxième année pour en faire

la récolte. Elles sont alors plus volumiaeuses, mais leur pulpe est moins délicate.

Débiacence du péricarpe. — La déhiscence est l'acte par lequel le péricarpe mûr d'un fruit sec s'ouvre et laisse échapper ses graines au dehors. Les fruits déhiscenls sont ceux qui s'ouvrent spontanément (haricot, ellébore); les fruits indéhiscents sont : 1» les fruits charnus dont le péricarpe se détruit pour mettre les graines en liberté ; 2" les fruits secs dont l'enveloppe ne se déchire que sous la pression de la graine qui germe (blé, sarrasin).

Dans un fruit simple, c'esl-à-dire formé par un seul carpelle, la déhiscence s'elTectue de diverses manières : 1' par une fente unique longitudinale, correspondant aux bords soudés de la feuille carpellaire (ellébore) ; 2° par deux fentes également longitudinales, correspondant, l'une aux bords de la feuille carpellaire, l'autre à sa nervure médiane (haricot).

Dans un fruit com/)osd, la déhiscence peut être seplicide, hculicide ou seplifrage.

Dans ces trois cas, le péricarpe du fruit se partage eu un certain nombre de pièces distinctes, appelées valves.

La déhiscence est septicide (fig. 260) lorsque les carpelles soudés s'isolent d'abord les uns des autres et s'ouvrent ensuite longitudinalement (colchique, digitale, tabac).

La déhiscence est loculicide (fig. 261) lorsqu'elle s'effectue seulement selon la nervure médiane de la feuille carpellaire ; il en résulte que chaque valve est formée de deux moitiés de carpelles différents (tulipe, lis).

Dans la déhiscence septifrage {fig. 262), la paroi externe des loges se détache sans entraîner les cloisons, qui restent intactes au centre du fruit (Crucifères, Orchidées) .

Dans les divers modes de déhiscence que nous avons passés en revue, les fentes qui se produisent sont longi- 'udinales; quelques fruits seulement s'ouvrent par une

DËBISCENCE DU PËRICARPE. 309

fente transversale qui divise le péricarpe en deux parties {fig. 263); la supérieure se soulève comme le couvercle

Fi g. 260. Fig. a6i. Fig. aCi

Fig. 260. — Schéma de ta déblsceace seplicide. a, b, c, lignes ati ae fendront les cloitans.

Fig. 261. — Schéma de la déliiscence ioculicide. 0, b, c, lignes ait seront fenduea les logea.

Fig. 16a. — Schéma de la déhisceoce septlfrage. □ a', b b', c c', lignes oil seront fendues les loges.

d'uue boîte à savonnette (plantain, jusquiame,~mouron rouge); dans ce cas, la déhiscence est dite transversale.

A gauebe, Fruit entier de VAnagalli» aroentit ; 1, rallce persistant ; 0, ligne transversale où se fera la rupture du péricarpe. — A droite, le même fruit après la déhiscence : a et b. les deux parties du péricarpe; g, graines.

Les graines peuvent aussi s'échapper par de petites ouvertures appelées pores. Le muflier {Antirrhinam) [fig. 264) nous fournit un exemple de ce mode de déliiscence, qu'on désigne sous le nom de poricide.

Enfin, dans le céraiste, l'œillet, etc., les feuilles car-

pellaires s'écarlent légèremenl à leur sommet, pour donner issue aux graines.

Classification des fruits. — On les divise généralement en deux catégories. Dans la première sont compris les fruits qui proviennent d'un pistil simple ou unicarpellé ; on les nomme fruits apocarpés. Ceux de la seconde catégorie proviennent d'un pistil composé ou

Flg. i6î. — Fruit du rnuQier percé à FIg. i65. — Achsine ou fruil iln BOD sammet de trois pores par où sarrasin [Fagopyram eievlen s'échappent lesgrnliies. tum).

pluricarpellé ; on les désigne sous le nom de fruits syncarpes.

Nous distinguerons aussi dans cette classiScation les fruits secs des fruits charnus et les fruits déhiscents des fruits indéhiscents.

FRUITS APOCARPÉS A. — Fruits apocarpés secs et indéhiscenls.

1° Caryopse. — Le caryopse est un fruit sec ne ren fermant qu'une seule graine, et dont le péricarpe, très réduit, se soude à la graine. C'est le fruit du blé, du seigle, du riz et de presque toutes les plantes de la famille des Graminées.

2° Acbaine ou akène. — C'est un fruit qui diffère du caryopse, en ce que le tégument de la graine est distinci

CLASSIFICATION DES FRUITS

du péricarpe. Tel esl leTruildes Composées, du s {fig. 265).

3» Samare. — La samare esl un achaine dont le péri-

Flg. 166. — Double SI

A gauche, lroi9 follicules de la pivoine ofllcmale iPaonia offlcinalU) produits parune fleur. — Adroite, frull coupé tranaïeraBlenienl. montrant des graines à sou Intérieur, et en a, la suture par où se fera la dËliIscence.

carpe se prolonge extérieuremeol en une sorLe de membrane appelée aile. L'aile entoure le fruit dans l'orme (Ulmus) ', elle ne s'étend que d'un seul côté dans le frêne {Fraxinas) et les érables (Acer) {fig. 266).

B. — Fruits apocarpés secs et déhiscents.

A' Follicule {fig. 267). — C'est un fruit uniloculaire qui s'ouvre par sa suture veotrale en une seule valve représentant la feuille carpellaire étalée, ex. : l'ellébore

(Helleboras), la dauphinelle ou pied-d'alouette {Delphiniam Ajaeis).

5" Gousse. — La gousse, appelée aussi légume, diffère du follicule en ce que la déhiscence s'effectue au niveau de la suture ventrale et de la suture dorsale. Elle porte des graines attachées le long de la suture ventrale. Le

CLASSIFICATION DES FH0ITS. 313

haricot [fig. 268), le pois, les vescea et presque toutes

e Fruit caup« longitudin.

les Légumineuses eu olfrenl des exemples bien connus.

- Fruits apocBppés charnus.

6° Drupe. — La drupe est un fpuit charnu qui contient un noyau uniloculaire, ex, : la cerise {(ig. 269), la prune, la pêche, l'abricol, etc.

La noix dilTëre de la drupe par un mésocarpe plus coriace auquel on donne Fi g. ajo.— Fraise le nom de 6row, ex. : le fruit du noyer sops monirani (Jugions), de l'amandier [Amygdalus]. degpeuisfruUs

Fruits agrégés. — Une fleur peut losseiies surenfermer plusieurs carpelles, qui de- perficieiies. viennent autant de fruits apocarpés <//«lincts. On donne à cet ensemble le nom de fruit agrégé. Celui du fraisier {fig. 270) renferme des achaines fixés

ScHBiBADi et Nasot. — Bolan. agrie.

dans le g}'nophore(l) accru et devenu succulent; le fruit agrégé de la ronce {Rabua} et celui du framboi-

Fig. 371. — Glond du chêoe relaiii {Qaenaa JEgthpt).

I 9', gtand; cp, cupule.

sier {Babus idœas) sont cmoposés de drupes, et celui de la pivoine

{Pœonia), de follicules.

FRUITS SYNCARPÉ8

■A- — Fruits syncarpés secs et indéhisceiils.

7" Gland. — Bien que le gland ne renferme qu'une seule graine, "es.

il provient néanmoins d'un pistil composé dans lequel un seul carpelle s'est développé.

cupule^Ari') "" '""""'" ^'"'"'"'' "°""^

s organes de la fleur.

CUSSIFICATION DES FAUITS. 313

B, — Fruits SftHMTjaés secs et déhiscents.

8" SHique et silicule. — C'est un fnut à deux carpelleo ouverts, primitivement à une loge, qui bieotdtse divise en deux par une fausse cloison reliant les placottas ; elle sert de support aux graines qui s'attachent sur ses bords [ftg. 272). Au moment de la déhiscence, le péricarpe se détache en deux valves qui s'écartent de bas en haut comme dans le colza, les choux et autres Crucifères. Dans la ravenelle, le fruit, étranglé de distance en distance, se rompt à la maturité eu autant de fragments qu'il y a de graines. ■ Quand la longueur du fruit ne dépasse guère sa largeur, on lui donne le nom de silicule [fig. 273), ex. : la bourse-àpasteur, la drave printanière (Draba p^ g verna), le thlaspi [Thlaspi). cuiedela

9° Pi/xide. — C'est un fruit qui s'ouvre par une fente circulaire transversale, ex. : le mouron deschamps(^na(^a//is<i™ens(s) (Voy. fîg. 263),

JO' Capsule. — Les fruits syncarpés, secs, déhiscents qui ne rentrent pas dans les catégories précédentes, sont des capsules; on comprend que leurs formes soient extrêmement variables, ex. : le fruit du muflier {Anlirrkinum), de l'œillet {Dianthus), du tabac {Nicoliarw), de la violette ( Tio/a tricolor) {fîg. 274), du pavot [Papaver), etc.

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