CONSERVATION DES MATIÈRES VÉGÉTALES
Ces principes posés, passons rapidement en revue les méthodes de conservation usitées pour la conservatioD des fruils secs et des graines, et pour la conservation des fruits charnus et des racines ; nous laissons de cAté les méthodes de séchage artificiel et de réfrigération que nous venons de mentionner, méthodes qui ne sont pas à la portée des agriculteurs.
Fruits secs et graines. — Prenons le blé comme type des produits de cette catégorie. Le cultivateur le dessèche à l'air le mieux possible, puis le met en tas dans les greniers.
A partir de ce moment, il faut le défendre contre l'humidilé extérieure et saisir toutes les occasions qui se présentent d'en réduire encore la teneur en eau. Une fois bien sec, le grain se montre si peu sensible à l'action des agents énumérés plus haut, que, pratiquement, il n'y a pas lieu d'en tenir compte.
Les fruits secs et les graines sont des hygromètres très sensibles ; placés dans l'air humide, ils absorbent de la vapeur d'eau; dans de l'air sec, ils en perdent; en en déposant une poignée sur le plateau d'une balance sensible et en faisant la tare, on peut suivre ces variations de poids: déjà, au bout de quelques instants, l'équihbre est rompu.
En passant d'un milieu sec dans un milieu saturé d'humidité, un blé étalé en couche mince peut très bien absorber 3 p. 100 de son poids d'eau dans l'espace d'une journée. Toutefois, la quantité d'eau absorbée n'est jamais suffisante pour permettre au grain d'entrer en germination. Si elle se produit quelquefois, c'est que des variations brusques de température ont déterminé des condensations à sa surface.
De ce qui précède, nous concluons que les meilleurs greniers sont les plus secs, ceux dont la température se maintient uniforme, où l'on peut à volonté renouveler facilement l'air, ou bien l'empêcher de pénétrer.
On ferme le grenier par un temps humide ; on l'ouvre, au contraire, et l'on détermine des courants d'air éner-