PRÉFACE. XI
chapitres consacrés à la racine, à la nulrilipn, aux procédés de mtiltiplicalion asexuée, aux méthodes de consenalion des fruits et des graines ; les chapitres relatifs aux semences, à ramélioration des espèces cultivées sont entièrement nouveaux.
L& Botanique agricole s'est enrichie égalemen! d'un grand nombre de figures. Elles Ont été dessinées par deux jeunes artistes de grand talent qui portent un nom cher h la science botanique, M"" Julien Vesque. Aux vifs remerciements que nous leur adressons, nous associons le souvenir ému du professeur éminent dont nous pleurons la perte.
M Gallaud, préparateur de botanique à l'École normale, supérieure, a bien voulu revoir les chapitres consacrés à la feuille, à la Heur et au fruit. Notre ami M. GrifTon, professeur de botanique à Gri;,'non, a rédigé le chapitre si intéressant des Variatioits dam la greffe. Nous leur exprimons notre sincère reconnaissance.
Nous n'oublions pas tout ce que devons à nos chers maîtres, MM. Tisserand, Priltieux, Risler. Puissent-ils sentir passer, dans les pages de ce modeste livre, le souffle de l'amour ardent pour l'agriculture qu'ils ont su inspirer àlcurs élèves.
E. SCHBIBAUXET J. Na.not.
PREMIÊRI:; PARTIE GËNÉItALtTËS
£ds trois règnes de la nature. — La matière revél des aspects en nombre infini. L'observation nous conduit il reconnaître, parmi les corpsqui sonlr/'pandus à sa surface, ou qui constituent sa masse, deux groupes nettement distincts : les uns ont une existence passive, la vie ne les anime pas ; ce sont les corps bruts ou inanime's, qu'on appelle aussi les minéraux.
Les autres jouissent d'une activité propre qui les met en rapport constant avec le monde extérieur; ce sont les ïlres riranls ou organisés.
Cesdernierssedivisentàleur tour en deux catégories bien connues : les végétaux et les animaux.
Dans la nature, on distingue ainsi trois grandes divisionsou/rj/nes: le règne minéral, le règne végétal et le régne animal.
Caractères généraux desêtresvivants. — Tous les êtres vivants présentent un certain nombre de caractères communs que les corps bruts ne possèdent pas ; au premier rang, se placent : l'organisation, la nutrition, et la reproduction.
SciiiirBAUX et Sakot. — Dnt'm. ajiîc. __ 1
3 GE-\ÉHAL1TÉ3.
Organisation. — Broyons un minéral, un morceau de craie par exemple; aussi loin que nous poussions la division, nous retrouvons dans les particules les plus ténues, tous les caractères de la masse entière.
Il n'en va pas de même avec un être vivant. Celui-ci est une machine compliquée, construite suivant un plan déterminé; on donne le nom d'oryon/sa/to/i à la disposition spéciale des pièces qui composent la machine vivante. En la mutilant, on ne reconnaît plus dans ses débris, ni l'oi^anisation, ni l'activité de l'être complet.
NuTiiiTioN. — C'est la propriété la plus constante et la plus caractéristique de la vie. Le corps brut est dans un état de repos intérieur permanent : le corps vivant, dans un état de perpétuelle activité; il entrelient avec ce qui l'entoure, atmosphère, sol, avec ce qu'on appelle le milieu extérieur, des relations incessantes : il lui emprunte une certaine quantité de matière, p, c'est Valimenl; en retour, il lui en restitue une certaine quantité. />', c'est Vexe ré ment.
Si l'aliment l'emporte sur l'excrément, si l'on a /> plus grand que />', l'être vivant augmente de poids : il &'avcrott\ sip égale//, il reste stationnaire; enfin, si l'on a p plus petit que />', il décroît et ne tarde pas à mourir. L'être vivant est donc constamment en voie de transformation, de composition et de décomposition; il passe successivement par les périodes de la jeunesse, de l'âge adulte et de la vieillesse, truand il incorpore à ses tissus, des matières tirées de l'extérieur, on dit qu'il asuimile; i\ désansimile, quand, dans le milieu extérieur, il rejette une partie de sa substance.
Anticipant sur les notions que nous devons acquérir par la suite, faisons remarquer, dès à présent, qu'au premier rang des matières éliminées par l'être vivant, il faut placer l'acide carbonique dégagé par la respiration. L'être vivant, quel qu'il soit, respire; en tous temps et dans tous ses organes, i! absorbe l'oxygène de l'air qu il fixe sur du carbone emprunté à sa propre substance pour produire de l'acide carbonique ; c'est une
combustion lenle, une source d'énergie par conséquent, énergie que l'être vivant utilise pour accomplir les fonctions multiples dont il est le siège et pour produire de la chaleur, du travail mécanique, de la lumière, etc. ifig-i).
Reproduction . — La nutrition assure la conservation de l'être vivant, la reproduction assure la conservation de l'espèce dont il ne représente qu'un individu ; arrivé à un certain degré de développement, il est capable de se reproduire, c'est-à-dire n^,, ,. Respiralion dune |>lo»le (le donner naissance' aiiuauqiie.
à des êtres nOU- l'Ionsée dans l'cau.clle dégage de l'acide
veaux semblables à eurl)onique à l'oliscurilé.
lui-même.
C'est un des plus beaux titres de gloire de Pasteur, d'avoir démontré qu'il n'y a pas de génération spontanée; l'être vivant, si simple qu'en soit l'organisation, procède invariablement d'un parent qui s'est développé avant lui.
Au contraire, le corps brul peut être fabriqué de toutes pièces; il naît de l'union de deux ou plusieurs substances qui, par leur nature, diffèrent essentiellement de la. sienne. Ces substances se combinent en raison des affinités chimiques dont elles sont douées. Le se! de cuisine, parexemple, se formera chaque fois que deus substances particulières, le chlore elle sodium, auxquelles il ne ressemble en rien, viendront à se combiner, et, pour que cette combinaison ait lieu, la présence d'un
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corps semblable à celui qui prend naissance n'est nullement nécessaire.
Caractères des végétaux. — Organisation* nutrition, reproduction, tels sont les caractères principaux qui distinguent les êtres organisés des corps bnils; mais ces caractères appartiennent au règne animal comme au règne végétai; il nous faut indiquera présent ce qui sépare la plante de l'animal.
Ondéfinit souventun animal : un ëLre qui se nourrit, se reproduit et qui est doué de mouvements volontaires. Le végétal se nourrît et se reproduit aussi bien que l'animal, mais il est privé de mouvement et de sensibilité.
Cette défmition nous satisfait lorsque noue nous en tenons à une observation superficielle. Le chêne vit et meurt oii te glanda germé ; frappons-le violemment, ou bien , sur un organe délicat, versons une goutte d'acide ou de toute autre substance caustique : aucun mouvement ne trahit la souffrance que le chêne peut éprouver; nous ne remarquons rien nous autorisant à penser qu'il iiit été impressionné; la plante ne réagissant pas sous l'influence de l'excitation extérieure, on est porté à croire que la sensibililê et le mouvement qui en est la manifestation, soient réellement le privilège des animaux. ?s'e nous hâtons pas de conclure, car l'œil nu est un instrument d'observation bien imparfait. iJans un des organes les plus vivants du chêne, dans une jeune feuille, ou mieux encore dans un jeune gland qui commence à se former, nous allons, à l'aide d'un excellent rasoir, préparer une coupe extrêmement mince, d'un centième de millimètre par exemple. Celle coupe, nous l'observerons directement à l'aide du microscope dans une goutte d'eau, de glycérine diluée, ou bien après l'avoir préalablement soumise ù un traitement spécial qui en fasse mieux ressortir les détails de structure.
\ous remarquons immédiatement dans notre préparation, cependant si réduite, d'innombrables cloisons qui la subdivisent en une foule de logettes microscopiques : on les appelle des cellules.
McHJVEMKNT ET SENSIBILITÉ. — Eii examinant une cellale en particulier, avec un grossissement suffisant, de 500 diamètres par exemple, ce qui fait 500 X 500 = 250 000 en surface, nous verrons une matière que nous apprendrons pins tard à connaître sous le nom dvpioi&plfisma, se déplacer tenlement. Soumettons à présent celte cellule aux influences que nous avonsfaitagirprécédemment, à l'action de la lumière, de ta chaleur, d'un acide : nous verrons cettefois le protoplasma réa:gir; il montrera qu'il est sensible, en accélérant ou en retardant son mouvement; le chloroforme suspendra chez lui la faculté de se mou voir, il l'endormira, il Vanes/hèsiera, eomm« on dit plus exactement.
Les granulations que renferme le protoplasma, permettent de se rendre compte de la direction des courants qui s'y produisent. La figure 2 nous montre ua poil dortie dans lequel les mouvements du protoplasma sont faciles à étudier. On a pu en mesurer la vitesse dans certaines cellules : dans la courge, elle est de O"", par minute, de 0'°'°,7 dans la jusquîame.
Examinons parallèlement une coupe Fig. 2, - Poîi urii faite dans un lissu vivant d'un animal ; "^""^ ''" ^'°^'-"'nous y retrouverons la même substance i.es niches indi fondamentale, le nrotoplasma, mobile, T'""' '" ''"^î''°" sensible aux induences extérieures, iirotopia^ma. traduisant sa sensibilité par des mouvements, en un mot ne se comportant pas autrement que le protoplasma végétal.
AÎBsi,. la motilité, la sensibilité sont deux propriétés essentielles du protoplasma quelle qu'en soit