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GÉNÉRALITÉS

l'origine, qu'il soit de nature végétale ou animale.

Mais comment expliquer que le contenu de chaque cellule vivante du ch^ne prise en particulier, étant doué de sensibilité et de motilité, ces propriétés ne se manifestent plus dans l'arbre entier ? C'est d'abord parce que le protoptasma de chaque cellule se trouve emprisonné dans une enveloppe plus ou moins rigide, véritable cuirasse qui le rend à peu près indépendant du protoplasma des cellules voisines.

Dans ces conditions, il est difficile que le mouvement se transmette d'une cellule à l'autre ; notons, d'autre part, que la plante ne possède pas de système nerueux établissant entre les divers éléments anatomiques des relations rapides et permanentes, et coordonnant tous les mouvements.

Des organes végétaux tout entiers exécutent des mouvements ayant pour origine des causes extérieures. Au moindre souffle, sous !e moindre choc, la

sensilive replie ses feuilles {fig. 3) et les abaisse vers le sol; elles se redressent peu à peu, reprennent la position

indiquée par la tigure i, quand l'excitation qui a provoqué ces mouvements, cesse de se faire sentir.

Placée sous une cloche avec une petite éponge imbibée de chloroforme [fig. 5), la plante perd sa sensibilité au bout d'une demi-heure environ;

Fig. 5. — Sensilive dans une olmosphère chloroformée. C, éponge iml)ibée de chloroforme.

les feuilles ne se ferment plus quand on vient à les toucher ; elles réagissent ensuite quand on transporte la plante dans une atmosphère exempte de vapeurs de chloroforme.

En définitive, la sensitive se comporte comme le malade que le chirurgien anesthésie avant de le soumettre à une opération longue et douloureuse.

r.ÉNËRALlTËS.

Chacun sait que le port de beaucoup de pUmles n'est pas le même aux différents moments de la journée [fig. (î et 7). Pendant la nuil, les feuilles et les fleurs se replient, les tiges se recourbent et s'inclinent, semblent

céder à la fatigue, ce qui a fait dire que les plantes sommeillent.

Ce phénomène est particulièrement marqué chez les plantes de la famille des légumineuses, trèfles, luzernes, vesces, etc.

Dans le trèfle des prés, par exemple, les deux folioles latérales se relèvent et s'appliquent l'une sur l'autre, la

NOTIO-NS PHÉLIMINAIHES.

foliole terminale s'abaisse ensuite sur cplles-ci en formant une sorte de toit protecteur ; ces mouvements paraissent avoir pour but de protég^er la plante contre la fraîcheur de la nuit en diminuant la surface exposée ù l'air. Darwin a démontré que les feuilles étalées sont plus

froides que les feuilles voisines sommeillant les unes sur les autres. Il en résulte que les premières se couvrent parfois de rosée, alors qu'elle fait défaut sur les autres.

On a comparé quelquefois le sommeil des plantes à celui des animaux. Il s'agit d'une hypothèse ne reposant sur aitctiBe observation rigoureuse.

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exécutés en vue de capturer les pelils animaux dont elles se nourrissent.

En définitive, les réactions des végétaux aux excitants extérieurs rappellent celles qui se produisent chez les animaux placés dans les mêmes conditions.

Le mouvement et la sensibilité ne sont donc pas le privilège exclusif du règne animal. Remarquons toutefois, que chez le végétal, les mouvements sont très

limités el toujours .'i peu près les mêmes, quelle que soit la nature des excitants auxquels on le soumette. Le végétal nous apparaît tomme une sorte d'automate, dans lequel ne se révèle aucun rudiment de volonté, qui, chez l'animal, provoque des mouvements variés, lorsqu'on fait agir sur lui un même excilanl.

Cellulose. — Pour M. Ed. Perrier, il n'y a pas d'organisme de nature inconteslahlement végétale, dont le protoplasme ne soit, à un moment donné, enveloppé de cellulose (voy. p. 47) ; il n'y a pas de cellule incontestablement animale, dont le protoplasme soit entouré d'une membrane cellulosique.

Dans l'état actuel de nos connaissances, nous pouvons

faire de ta présence ou de l'absence de la cellulose, le critérium qui nous permellrade classer les êtres vivants et de distinguer l'animal du végétal.

Mais avec ce caractère fondamental delà plante, qui, en cas de doute, permet au savant de marquer exactement la place occupée par l'être vivant, il en est de moins absolus, s'appliquant plus spécialement aux végétaux supérieurs intéressant l'agriculture.

1" L'animal se nourrit de matières organiques. Nosvégétaux cullivés se nourrissent de matières minérales. Avec l'acide carbonique puisé dans l'atmosphère, avec les matières minérales qu'il emprunte au sol, le végétal Fabrique du gluten, de l'amidon, du sucre, de la graisse, etc.

2° L'animal détruit de la matière organique, le végétal en crée; autrement dit, chez le végétal, l'assimilation l'emporte sur la désassimilafion.

Unbœufde 500 kilos, en pleine croissance, consomme environ 15 kilos de matière sèche par jour : son poids augmente à peine de 1 kilo. 14 kilos sur 15 représentent les déchets de fabrication de la machine animale.

Une forte récolte de blé fournissant 40 hectolilres à l'hectare, soit l'équivaleut de 9000 kilos de matière sèche (3000 de grain et 6000 kilos environ de paille), demande au sol à peine 250 kilos de matière minérale ou 3 p. 100 au plus de la masse totale. La matière verte ou chlorophylle a emprunté le reste à une source gratuite, l'atmosphère.

3° L'animal est une machine oxydante, qui vicie l'atmosphère et dégage beaucoup de force vive.

La plante est une machine de réduction, qui purifie l'atmosphère et accumule de l'énergie.

Les aliments qui, chez l'animal, se retrouvent, comme nous venons de voir, en si grande proportion dans les déchets du travail organique, sont oxydés, brûlés en partie dans l'économie, en donnant naissance principalement à de l'acide carbonique et à de l'eau. Cette

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