RACINES, TUBERCULES ET BULBES
d'oblenir des résultats beaucoup plus parfaits que dans les celliers et dans les silos recouverts de terre établis .\ l'air libre ; mais il ne faudrait pas s'en tenir là ; un thermomètre enregistreur placé au centre du las, apprend en effet que la température s'y maintient plus élevée qu'à l'extérieur : l'écoulement de l'air échauffé par la respiration n'est donc pas assez actif; on y remédie aisément en ouvrant dans l'axe du hangar une tranchée mesurant environ 1 mètre de largeur et 1 mètre de profondeur ; sur cette tranchée qui se prolonge de quelques mètres des deux côtés du hangar, on applique un plancher à claire voie ou des rondins rapprochés laissant entre eux un intervalle aussi grand que le permettent les matières qu'ils doivent supporter; tous tes 4 mètres environ, on dresse verticalement des cheminées d'appel sur le plancher, cheminées ayant la forme de prismes creux fabriqués avec de petites lattes fixées sur des cadres triangulaires.
En orientant le hangar dans la direction des v^ts régnants, ceux-ci aspirent l'air chaud, et font en même temps pénétrer de Vair froid el par le» tranchées et par les cheminées; des thermomètres-sondes, enfoncés de lemps en temps dans la masse, renseignent sur la température intérieure; si c'est possible, il faut la faire tomber jusqu'à 2-4° : notons toutefois qu'à cette température, les pommes de terre deviennent sucrées et désagréables au goût. C'est un inconvénient seulement pour celles qui doivent être livrées à la consommation. Pour brûler ce sucre, il suffit de les tenir pendant quelque temps dans un local à la température de 15-20°.
Dans les celliers, comme dans les silos exposés à l'air libre, on ne se préoccupe pas assez de prévenir l'élévation de température des récoltes qu'on y emmagasine ; de là des perles souvent très importantes ; en s'inspirant des indications sommaires que nous venons de donner à propos de la méthode de conservation sous des hangars ouverts, on arriverait aisément à atténuer le mal dans une très large mesure.
344 COiNSEBVATIOS DES MATIÈRES VÉGÉTALES.
Conservation des pommes de terre. — La composition de la pomme de terre, la couche de liège qui l'enveloppe en font un produit beaucoup moins délical que les belleraves, les carottes ou les oignons. De l'automne au printemps, les pertes d'amidon sont insigniGanles si on les compare aux pertes en sucre de la betterave par exemple. Mais les pommes de terre sépuiscnt rapidement à partir du moment où elles sortent de leur étal de vie latente.
Cette notion a conduit M. Schribaux à recommander un procédé de conservation très simple, s'appliquant seulement aux pommes de terre de consommation.
Au mois de mars, quand les bourgeons commencent à sortir, on les détruit à l'aide d'un couteau pointu, ou mieux en se servant d'un porte-plume armé d'une plume retournée qui agit comme une gouge ; un ouvrier peut traiter dans sa journée environ 150 à 200 kilogrammes de Hollande ou de Magnum boniim, variétés qui se prêtent très bien à ce traitement, à cause de leurs yeux superficiels. Pour de grandes quantités, on s'adresse à un procédé chimique : les pommes de terre sont plongées pendant dix à douze heures dans de l'eau aiguisée d'acide sulfurique. Au niveau des yeux, la peau étant plus délicate que sur le reste du tubercule, le liquide caustique a déjà pénétré à quelques millimètres et détruit la vitalité du bourgeon avant que le reste du tubercule ait subi la moindre altération.
Sur la section transversale d'un tubercule qui vient d'être traité, le tissu qui avoisine l'œil présente une couleur grisâtre tranchant avec celle du tissu sain. Si nous abandonnons ensuite la pomme de terre, entre le tissu mortifié et le tissu sain, il se forme une couche de liège qui cicatrise la blessure ; en attendant que la cicatrisation soit complète, il est nécessaire d'étaler les pommes de terre dans un endroit sec, afin d'empêcher les germes des moisissures et des microbes qui se trouvent à la surface du tubercule, de pénétrer par la