CONSERVATION DES TOPINAMBOURS
blessure. Une fois cicatrisée, le liège leur oppose une barrière infranchissable; on peul dès lors Lransporter les tubercules à la cave.
Nécessairement, la concentration de la solution ne doit pas être uniforme, puisque l'épaisseur et la résistance de la peau des pommes de terre changent d'une variété à l'autre et, dans une même variété, suivant les conditions qui ont présidé à la végétation.
Une concentration de 1 p. 100 suffit ordinairement pour les pommes de terre potagères; on la porte à 2 p. 100 pour les pommes de terre de grande culture dont la peau est beaucoup plus épaisse.
Avant de traiter de grandes quantités, on opère d'abord, à titre d'essai, sur une vingtaine de tubercules; on détermine ainsi très facilement la meilleure concentration pour chaque cas particulier.
Le liquide est placé dans des récipients en bois; il est si dilué qu'il n'altaqueni le bois ni les vêtements; on pourrait même en boire impunément ; c'est dire qu'U ne faut nourrir aucune crainte à l'endroit du procédé indiqué (1 }.
Conservation des topinambourB. — Rien de plus altérable que le topinambour, aussi le laisse-l-on en place pour le récolter tout l'hiver au fur et à mesure des besoins.
C'est là un sérieux inconvénient et une des raisons qui empêchent beaucoup d'agriculteurs d'introduire cette excellente plante dans leur assolement M. le D' Cathelineau nous a signalé un procédé qu'il applique avec grand succès depuis quelques années dans sa propriété de Maine-et-Loire, où le topinambour entre dans la ration de tous les animaux de la ferme, dans les rations des chevaux, aussi bien que dans celles des bêles à cornes et des porcs (2).
(1) ScHHiBAUx, Noavelle méthode de et terre [Joarnal d'agriculture pratique el 1894).
(ï) D' Catselineau, Coniervslion des topitiamboa la Société naiionaie d'igrkaltare, Kvrier 1903).
346 CONSERVATION DES MATIËBE5 VËGËT&LES.
Quand les premières gelées ont complètemeot noirci les feuilles de la piaule et arrêté la végétation, c'eslà-dire dans les premiers jours de novembre, un ouvrier coupe les tiges à 0'°,30 de hauteur. A ce moment, les tubercules sont fixés solidement à la tige, de sorte qu'en tirant sur celle-ci, on arrache la touffe entière ; comme il ne reste plus de topinambours dans le sol, l'on n'a pas à craindre de voir les récoltes suivantes salies par les tubercules oubliés ; c'est encore un des avantages de la méthode préconisée par le D' Cathelineau.
Les touffes, avec la terre qui les enveloppe, sont transportées tout près des bâtiments de la ferme pour être ensilées k l'air libre. A cet effet, sur l'emplacement du silo, on creuse une tranchée de O'°,40-0°',50, au fond de laquelle des fagots sont placés côte à côte ; dans l'axe du silo, tous les 6 mètres environ, on dresse un fagot destiné à servir de cheminée d'appel. On dépose sur les fagots une conche de topinambours, puis une couche de la terre extraite du silo, ensuite une nouvelle couche de topinambours et ainsi de suite. Le (as est alors recouvert de 0"°,40 de terre. Noyés dans la terre, les tubercules se conservent parfaitement. Cette méthode ne doit pas être appliquée aux tubercules de semence; ceux-ci passent l'hiver en terre et sont arrachés au moment de les employer.
Signalons encore comme mode de conservation des fruits el des légumes, la dessiccation, qui, depuis quelques années, est pratiquée dans un grand nombre de pays, où elle donne de très bons résultais. On tente en ce moment de l'appliquer en grand à la conservation des topinambours, des pommes de terre, etc. (1).