CONCRÉTIONS MINÉRALES SOLIDES
le fait d’une altération, d’une gélification de la paroi interne de la membrane cellulaire, altération qui prend des proportions considérables dans les plantes qui donnent les différentes sortes de gommes arabique, adragante, ou autres, employées à plusieurs usages, et celle que nous voyons s’écouler à l’extérieur par les crevasses de nos arbres fruitiers. Ces derniers produits paraissent constamment dus à de véritables maladies, ayant pour effet de ramollir et de détruire les parois des cellules et de les transformer en une sorte de gelée qui finit par se faire jour au dehors.
Un phénomène analogue se produit quand on humecte des graines de lin ou de coing : les cellules extérieures absorbent l’eau avidement, se distendent, se déchirent et se transforment en un mucilage.
Concrétions minérales solides. — Le suc cellulaire tient souvent en dissolution une certaine proportion de sels, qui ont presque toujours la chaux pour base. Ils sont parfois en si grande abondance qu’ils se précipitent sous forme de cristaux ou de concrétions.
Les principaux sont l’oxalate, le carbonate, le tartrate, le sulfate de chaux ; mais le premier est de beaucoup le plus commun.
Les cristaux à'oxalate de chaux (fig. 30, Il h V) se présentent parfois sous forme d’aiguilles, réunies en paquets ou faisceaux et désignées sous le nom de raphides , disposition fréquente chez les Monocotylédones, où l’on voit certaines cellules qui en sont presque entièrement remplies.
D'autre fois, leur forme appartient au système clinorhombique ou au système quadratique. Souvent ils sont pour ainsi dire encastrés les uns dans les autres, pour former des mâcles (fig. 30, ]//), dont la masse remplit presque entièrement la cavité cellulaire et se trouve souvent enveloppée de protoplasma ou de cellulose en continuité avec les parois de la cellule, comme dans la fig. 30, V.
Le carbonate de chaux (fig. 30, I) est ordinairement à l’état de concrétions amorphes, connues sous le nom de
Silice.
( cystolithes xucto?, cellule, Xtàoç, pierre). Les Orties et la plupart des plantes de la famille des Urlicées en présentent constamment et de forme très variable. Celles des feuilles
Fig. 30. — Cristaux des cellules végétales ; I, cristal rliomboèdrique de carbonate de chaux; II à V, cristaux d’oxalat'ede chaux : II dans le système quadratique; III, en mâcles, pris dans un nectaire de Mauve (gross. 600); IV, a, b, raphides de feuilles de Fuchsia (gross. 450); V, cellule du fruit du Rosier avec un cristal (. k ) soutenu au milieu de la cellule (w) par un prolongement (c) du protoplasma.
de la plante ornementale connue sous le nom de Caoutchouc ( Ficus elastica ) sont particulièrement remarquables. On dirait un petit lustre attaché par un fin cordon de cellulose à la voûte de la cellule. Le microscope montre que ces concrétions sont composées de cellulose mêlée de grains calcaires.
La silice se rencontre à l’état de concrétions dans les tissus d’un assez grand nombre de végétaux, notamment dans les Prêles, où son abondance dans les parties superficielles de la tige fait employer ces plantes au polissage du bois et des métaux ; dans les tiges de Bambous où elle forme des concrétions connues sous le nom de tabaschir ; dans les Rotangs, vulgairement appelés Rotins, qui lui doivent leur poli et leur dureté. Citons, pour terminer, les