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LIÈGE OU COUCHE SUBÉREUSE

la cuticule a une composition chimique différente, car elle n'offre pas comme lui les réactions propres à la cellulose.

ï’ig. 47. — Segment d’une coupe transversale d’une jeune tige ( Camphrier de Bornéo ) ; a, cuticule ; b, épiderme et couche subéreuse; c, parenchyme herbacé; d, liber; e, cambium; f, vaisseaux du bois ; g, libres ligneuses ; h. rayons médullaires ; i, moelle.

usages industriels, sous le nom type est celui du Quercus suber

2° Liège ou Couche subéreuse. — Cette portion de l’écorce est formée par des éléments que l’on doit regarder comme privés de vie. Ce sont des cellules aplaties, de couleur foncée, serrées les unes contre les autres et alignées avec une assez grande régularité, ne contenant plus trace de protoplasma, en même temps que leur réaction chimique, en présence de la teinture d’iode et de l’acide sulfurique, n’y décèle plus l’existence de la cellulose.

Ces cellules ont été vivantes à un moment donné etfaisaient parlie du parenchyme épidermique ou du parenchyme cortical, puis elles se sont subérifiées (fig. 47, b ; 48, c).

Dans certaines tiges le suber prend un développement énorme, se forme avec une grande régularité et présente des propriétés qui permettent de l’employer à divers bien connu de liège. Le ou Chêne-liège, que l’on

Péridcrme.

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cultive en Algérie, précisément pour mettre son écorce en coupe réglée (1).

Chaque zone annuelle de liège est séparée de celle qui se produit l’année suivante par une couche de cellules d’aspect

différent, à parois bien plus épaisses, à laquelle on donne le nom de périderme , et qui peut même avoir une épaisseur plus grande que le liège lui-même. Il en est ainsi dans le Bouleau, le Platane, où le périderme forme des feuillets superposés résistants et à peu près incorruptibles à l’eau.

LesCanadiens font avec cette partie de l’écorce prise sur le Bouleau papyracé, des canots d’une extrême légèreté et assez résistants.

Mais il peut se faire que des lames de ce genre se produisent jusque dans l’épaisseur du liber et isolent complètement certaines portions de celui-ci qui, dès lors, perdent forcément leur activité nutritive, meurent et tombent par grands lam-

(1) Quand le Chêne-liège atteint l’âge de dix à quinze ans, on trace sur son écorce des incisions longitudinales, puis on enlève les lames d’écorce ainsi circonscrites, c’est le démasclage ; le liège ainsi obtenu manque de souplesse, est tout crevassé, se prête mal aux usages industriels, les ouvriers l’appellent liège mâle ; son enlèvement met à nu l’enveloppe herbacée ; c’est cette partie jointe au liber (pie les ouvriers appellent le lard ou la mère, pareeque c’est elle qui formera du liège nouveau. Au bout de sept à huit ans, un liège beaucoup plus fin et plus souple s’est développé; c’est le liège femelle, qui est enlevé à son tour. Un Chêne-liège peut durer environ cent cinquante ans et fournir 15 à 20 récoltes.

Fig. 48. — Coupe transversale de l’écorce très grossie ; a, cuticule sur laquelle se voient plusieurs poils ; b, épiderme ; c, liège ou couche subéreuse ; d, parenchyme herbacé ; e, fibres libériennes ; f, cellules du parenchyme libérien ; g, zone génératrice ou cambium.

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beaux, comme cela se voit chaque année sur nos Platanes, Bouleaux, Cerisiers, etc.

C’est une formation analogue qui détermine ces crevasses rugueuses dont l’écorce d’un grand nombre de nos arbres est sillonnée; mais dans ce cas, au lieu de se détacher complètement, les parties enveloppées de périderme continuent à adhérer au reste de l’écorce ; c’est à cette écorce ainsi crevassée qug l’on a donné le nom de rhytidome (pur!;, ride, et &op.a, couverture) ; tout le monde a pu observer cette particularité sur le Pin, le Chêne, l’Orme et bien d’autres arbres.

D’autres formations appartenant au suber sont appelées lenticelles , nom qui rappelle la forme de lentilles qu’elles présentent. Ce sont de petites proéminences du liège à travers les parties superficielles de l’écorce, probablement au niveau des petites fentes des stomates. Elles se voient nettement sur les rameaux de l’année chez les Dicotylédones ligneuses, mais manquent dans les autres embranchements ; elles sont des plus manifestes sur le Bouleau et le Fusain.

Remarque. — Pour être complet dans l’énumération des zones constitutives de l’écorce, disons qu’entre le liège et le parenchyme cortical, qui va être étudié, on trouve souvent une couche de cellules variables dans leur forme, à parois souvent très épaisses, et que l’on désigne sous le nom de sous-épiderme y mésoderme , hypoderme .

3° Parenchyme cortical. — Appelée encore couche herbacée , cette partie de l’écorce renferme une grande quantité de matière verte ou chlorophylle qui, sur les jeunes rameaux, se voit à travers la couche subéreuse et Tépiderme transparents (fig. 48, d). Elle atteint son maximum de développement dans les plantes herbacées. Elle est formée de cellules globuleuses, polyédriques, à parois minces et en pleine voie d’activité ; aussi est-elle le siège de l’élaboration d’un certain nombre de produits, tels que fécule, sucre, gomme, latex, etc.

Rhytidome.

Lenticelles.

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4° Liber. — Cette zone qui doit son nom à ce qu’elle est formée de couches minces superposées, qui peuvent même se lever comme les feuillets d’un livre, se compose de plusieurs sortes d’éléments. On y trouve, en effet, un

tissu cellulaire , qui est très analogue à celui de la couche herbacée, et au milieu duquel se trouvent plongés des faisceaux de fibres , séparés les uns des autres par ce tissu (fig. 49). Ces faisceaux de fibres libériennes ont une direction générale verticale, mais en même temps plus ou moins flexueuse, jusqu’à venir même au contact les uns les autres et se souder fortement dans ces points de jonction, de manière à former une sorte de treillis qui offre en général une grande résistance. Cette disposition est aussi manifeste que possible dans un arbre des Antilles, le Laghetta lintearia, chez lequel les feuillets du liber ressemblent à une dentelle, d’où le nom de Boisdentelle donné à cette plante.

Les fibres du liber sont des tubes à parois épaisses mais non lignifiées et restées flexibles, dont le canal très étroit peut même diminuer jusqu’à s’oblitérer complètement, dans le Chanvre, par exemple, et qui se terminent en pointe oblique à leurs deux extrémités fortement soudées à celles des fibres voisines (fig. 14). Ces fibres contribuent à donner de la solidité à la plante et livrent passage aux fluides gazeux qui circulent dans son intérieur.

Ce sont ces mêmes fibres qui constituent la partie textile du Chanvre, du Lin, de l’Ortie, du China-grass (Urtica nivea) très employé en Chine, et de quelques autres plantes recherchées pour la fabrication des tissus. Par le rouissage, c’est-à-dire la macération dans l’eau,

Fig. 49. — Coupe longitudinale d’un fragment d’écorce montrant la marche des faisceaux de fibres du liber, entre lesquels se voit le tissu cellulaire ou parenchyme libérien.

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