DÉNOMINATION DES RACINES
La racine primitive, celle qui continue directement la tige, reste ordinairement pendant longtemps, souvent même pendant toute la vie de la plante, prédominante sur celles qui
Fig. 63. — Différentes formes de racines ; A, racine pivotante conique (Carotte) ; B, racine napiforme (Navet) ; C, autre forme de racine pivotante, le pivot reste parfaitement distinct au milieu des racines secondaires ; D, racine filiforme
se développent ensuite, et porte le nom de pivot ; en pareil cas, la racine est désignée sous le nom de pivotante. L’accroissement, l’épaississement de la racine primitive peut se faire de différentes façons : s’il s’accuse davantage à la base de l’organe, pour aller en diminuant à mesure qu’on se rapproche de l’extrémité, la racine devient conique (Carotte, Betterave); l’épaississement devenant encore plus considérable à la base, et la racine étant peu allongée, de façon à ressembler à une toupie, comme dans le Navet, elle est dite napiforme; si l’épaississement a lieu seulement vers le milieu de la longueur de la racine, elle devient fusiforme ou tubériforme comme celle du Dahlia (fig. 64).
Dans un assez grand nombre de cas (Cryptogames vasculaires, beaucoup de Monocotylédones, un certain nombre de Dicotylédones), la racine primitive ne s’épaissit pas; elle se détruit ou reste mince tout en s’allongeant, ce qui lui vaut le nom de filiforme (fig. 63, D).
D’autre part, il peut se faire que la racine primitive cesse de s’accroître, tandis que les racines secondaires se déve-
RACINE
loppent beaucoup et rampent ordinairement à une faible profondeur au-dessous du sol; c’est ce qu’on appelle une racine fibreuse ou chevelue (fig. 65).
Fig. 64. — Racines fusiformes ou tubôriformes du Dahlia.
Radicelles. — On entend par ce terme les racines qui se produisent secondairement, c’est-à-dire sur le pivot, surtout quand elles sont encore jeunes et grêles.
Leur naissance ne se fait pas au hasard, mais avec régularité,de façon à être disposées les unes au-dessous des autres, en un certain nombre de séries verticales qui, suivant les espèces, varie de 2 à 20 ou 30 et plus, selon la grosseur de la racine primitive. Le nombre est à peu près constant pour les plantes d’une même famille naturelle ; ainsi on compte deux séries de radicelles dans les Crucifères, les Papavéracées, etc., quatre dans les Ombellifères, Labiées, Malvacées, etc.
La loi qui préside à la disposition des radicelles sur le pivot s’applique également aux radicelles qui naissent des racines secondaires, tertiaires; il en est de même pour toutes les autres.
Racines adventives. — Il a été dit au commencement du chapitre que des racines se montrent assez souvent, en
RACINES ADVENTIVES
dehors des régions normales, sur les parties latérales de la tige, les rameaux ou les feuilles : d’où leur nom de racines adventives. Mais il faut remarquer, que même dans ces cas, elles ne naissent pas toujours indifféremment en tel ou tel point.
Fig. 65. — Racines fibreuses de Graminée (A) et de Légumincusc iD).
Ainsi sur certaines Aroïdées, à chaque feuille se trouve régulièrement opposée une racine ; dans les Prêles, au-dessous de chaque verticille foliaire se voit un verticille de racines.
Les racines adventives se montrent à des hauteurs variables sur la tige, le plus souvent à la base même, au contact du sol, dont l’humidité suffit à provoquer leur apparition. C’est sur la production adventive des racines que sont fondées les importantes pratiques connues en horticulture sous les noms de bouturage et. de marcottage. La première opération consiste à détacher un rameau et h l’enfoncer dans la terre humide; des racines ne tardent pas à se développer à l’extrémité inférieure et suffisent bientôt à nourrir cette nouvelle plante. Dans le marcottage, on couche d’abord un rameau ou on le met d’une façon ou de l’autre en contact avec le sol humide ; bientôt des racines se développent, et
RACINE
on sépare la branche, qui peut désormais se suffire à ellemême.
Fig. 66. — Racines adventives du Gommier ; les unes sont volumineuses et profondément enfoncées dans le sol; les autres, minces, ne l’ont pas encore atteint.
Durée des racines. — Tandis que le plus souvent la durée de la racine est celle de la plante elle-même, annuelle, bisannuelle ou vivace, il est un certain nombre de cas où la racine principale et les racines secondaires se détruisent, sans que pour cela la plante périsse; c’est qu’alors des racines adventives se sont formées sur la tige à des hauteurs variables, puis enfoncées dans le sol et pourvoient à la nutrition du végétal. Les plantes à tige rampante souterraine, comme le Muguet, ou à la surface du sol, comme le Fraisier, le Lierre, nous en offrent des exemples: à mesure que leur tige se déplace par le fait de leur croissance (voy. page 53), les anciennes racines meurent et de nouvelles se produisent en d’autres points. Certains arbres, le Figuier des Banians, le Gommier, entre autres, émettent de leurs branches horizontales de nombreuses racines adventives qui finisssent par atteindre le sol et font l’effet d’autant de tiges secondaires qui soutiennent ces grands arbres et les nourrissent alors que les racines primitives sont détruites (fig. 66).
Modifications de la racine. — Crampons . Ce sont des racines de forme spéciale, au moyen desquelles certaines plantes grimpantes, comme le Lierre, se fixent aux murs