ABSORPTION PAR LES FEUILLES
très délicates de certains organes, celles des pétales des fleurs, par exemple.
2° Absorption des liquides et de la vapeur d’eau. Ici il existe une divergence d’opinion entre les expérimentateurs. Ainsi M. Duchartre met au contact de l’eau les feuilles d’une plante venue en pot ; il la pèse avant et après l’expérience et il n’observe pas d’augmentation de poids ; il en conclut que les feuilles n’absorbent pas l’eau à L'état liquide. D’autres expérimentateurs, M. Bâillon, entre autres, combattent cette conclusion par quelques expériences bien simples. Les feuilles d’une plante aquatique, le Potamogetonj se desséchent et se fanent rapidement quand elle est retirée de l’eau, mais quand on les y replonge, ces mêmes feuilles reprennent très vite leur aspect primitif.
Une autre expérience due à Haies tend à confirmer l’absorption de l’eau par les feuilles. 11 immerge une portion de branche portant deux rameaux feuillus, de façon que l’un de ceux-ci reste en dehors de l’eau ; on peut alors remarquer que, non seulement, les feuilles immergées restent fraîches, mais aussi celles qui ne sont pas en contact avec l’eau, dans lesquelles le liquide que les premières ont absorbé est arrivé par l’intermédiaire de la tige. Dans cette expérience on a soin, bien entendu, de tenir en dehors de l’eau la surface de section de la tige.
Il faut bien remarquer d’ailleurs que l’absorption ne s’exerce pas par toutes les parties des feuilles ; en effet, les endroits revêtus d’une matière cireuse ou de poils serrés qui retiennent une couche d’air, ne peuvent pas être mouillés ; l’eau ne peut y adhérer, et l’absorption ne s’y fait pas. En plongeant une feuille dans l’eau, on reconnaît facilement, à première vue, les parties qui se mouillent à l’exclusion des autres, et par là même celles qui sont susceptibles d’absorber et celles qui ne le sont pas. On pourra aussi remarquer que la face de la feuille où les stomates sont le plus nombreux, est celle que l’eau a le plus de peine à mouiller.
La même divergence existe entre les observateurs au
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sujet de l’absorption de l’eau à l’état de vapeur. Tandis que les uns dénient aux feuilles la possibilité de l’absorber, les autres la lui accordent.
Faisons remarquer, en terminant cette importante question de physiologie, que l’une des causes de la différence des résultats obtenus consiste en ce que les expériences n’ont pas été faites dans des conditions identiques. S’il s’agit, en effet, de plantes gorgées de suc et n’ayant pas de pertes à réparer, il n’y a pas absorption par les feuilles; tandis que si l’on expérimente sur une plante flétrie par suite de l’épuisement de l’eau du sol dans lequel elle végète, les feuilles absorbent l’eau mise à leur contact, soit à l’état liquide soit à l’état de vapeur.
3° Absorption par quelques autres parties de la plante. — Sans nous arrêter aux phénomènes d’absorption dont certaines parties des plantes recouvertes d’un mince épiderme sont le siège, telles que les portions jeunes de la tige., les pétales des fleurs, etc., nous dirons quelques mots de l’absorption des liquides par le pollen et les graines.
Lesgrains de pollen absorbent très facilement les liquides au contact desquels ils sont mis ; c’est grâce à cette propriété que ces petits corps peuvent germer, c’est-à-dire, produire le tube ou boyau pollinique qui s’enfonce à travers le stigmate et le style du carpelle, pour pénétrer jusqu’aux ovules. Leur faculté d’absorption est même poussée au point que, si le liquide est abondant ou trop aqueux, le tube pollinique éclate, son contenu se répand et la fécondation des ovules ne peut s’accomplir ; c’est ainsi que la coulure est déterminée par les grandes pluies qui surviennent au moment de la pollinisation. (Voy. Chap. x.)
Enfin, on n’ignore pas que les graines au moment de la germination absorbent l’eau avec une assez grande activité, de façon à se gonfler énormément et à faire éclater les enveloppes qui les recouvrent, pour permettre à la jeune plante de se faire jour au dehors.
CE qu’on doit entendre par aliment
Aliments des Végétaux.
Les aliments des végétaux se ramènent a quelques substances chimiques. — L’absorption ne pouvant s’exercer que sur des substances gazeuses, liquides ou des corps solides en dissolution, les aliments des plantes doivent se présenter, pour être absorbés, sous l’un de ces états.
L’étude des substances qu’on trouve toutes formées dans les végétaux, lesquelles font partie de leur constitution et qu’on appelle, en un mot, leurs principes immédiats , est fort complexe, car il en existe une très grande variété; mais toutes, en somme, résultent de la combinaison d’un nombre très restreint d’éléments chimiques auxquels se ramènent tous les aliments du végétal, et qui vont seuls nous occuper pour le moment.
Ce qu'on doit entendre par aliment. — Et d’abord, doiton considérer comme aliment toute substance qui a pénétré dans l’organisme végétal ? Assurément non. Certains corps s’y trouvent, en effet, en proportion tellement minime que leur présence peut être négligée et considérée comme accidentelle. En outre, toute substance introduite dans l’organisme végétal, même en assez notable quantité, n’est pas nécessairement un aliment ; autrement on serait amené à considérer comme tel même des substances toxiques, puisque nous avons vu plus haut que la plante pouvait en absorber.
En somme, on ne doit regarder comme aliments que les substances qui concourent réellement à la nutrition de la plante.
Ces restrictions faites, les aliments ou plutôt les substances chimiques qui composent les aliments des végétaux sont le Carbone , YOxygène , l 'Azote, Y Hydrogène, le Soufre , le Phosphore , le Calcium, le Potassium, le Magnésium , le
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Fer, auxquels on peut encore ajouter le Chlore, le Sodium , le Brome, l’Iode, etc. En somme, on trouve surtout six corps simples non métalliques, quatre métalliques, et quelques autres secondaires ou accidentels.
C’est de la combinaison de ce petit nombre d’éléments introduits dans l’organisation végétale que résultent tous les tissus et tous les produits végétaux, la cellulose, l’amidon, le sucre, les matières albuminoïdes, les alcaloïdes, les matières grasses, cireuses, les gommes, les sels, etc.
Source des principaux aliments des végétaux. — Il ne sera pas sans intérêt de rechercher l’origine des corps élémentaires des végétaux, en nous bornant aux principaux d’entre eux.
1° Carbone. C’est l’un des éléments les plus importants ; il se rencontre dans toutes les plantes, en grande proportion, aussi bien dans la paroi même des cellules et des vaisseaux, que dans les substances qu’elles renferment. Il vient de deux sources, h savoir, de l’air et du sol. L’air renferme constamment de l’acide carbonique, en très faible proportion, il est vrai, de 4 à 6 dix-millièmes ; mais si l’on songe à l’étendue de l’atmosphère qui enveloppe toute la terre, on verra, comme le calcul approximatif en a été fait, que c’est à des centaines de milliards de kilogrammes qu’il faut évaluer la masse de carbone en suspension dans l’atmosphère. Ajoutons que, malgré la quantité que les plantes en prennent journellement par leurs feuilles, la masse totale ne saurait diminuer, car la destruction incessante des organismes animaux et végétaux, la respiration de tous les êtres vivants, les combustions de toute sorte ont pour effet de restituer à l’atmosphère le carbone qui lui est enlevé. D’autrepart, les courants atmosphériques ont pour résultat de répartirégalement la proportion d’acide carbonique qui, sans cela, pourrait se trouver en voie de diminution dans les régions où existe une riche végétation.
L’autre source du carbone, c’est le sol ; des expériences montrent, en effet, que l’absorption du carbone par les feuilles ne rend pas suffisamment compte de l’augmenta-