ORIGINE DES PRINCIPAUX ALIMENTS DES VÉGÉTAUX
tion de la quantité de carbone acquise pendant une période végétative déterminée. Bien plus, les Champignons, et tous les végétaux sans chlorophylle, sont incapables de prendre le carbone de l’air ; c’est à la terre seule qu’ils empruntent celui qui entre dans leur constitution. Toutes les plantes puisent également dans le sol, parleurs racines, une certaine quantité de carbone à l’état d’acide carbonique ou de carbonate en solution dans l’eau.
2° Oxygène. Il est pris, d’une part, directement à l’atmosphère dans le phénomène de la respiration, et aussi à l’état de combinaison avec le carbone (acide carbonique) ; une partie de l'oxygène de ce dernier est aussitôt rejetée, il est vrai, mais il en reste encore dans la plante 1/3 environ, d’après Sénebier et de Saussure. D’autre part, on comprend que l’eau pompée dans le sol par les racines fournit une autre proportion importante de l'oxygène nécessaire à la plante.
3° Hydrogène. Il provient également de l’eau puisée par les racines, et aussi de la décomposition des substances ammoniacales qui sont si abondantes dans les débris organiques végétaux et animaux.
4° Azote. Très répandu dans les végétaux, quoique en bien moindre proportion que chez les animaux, l’azote entre dans la constitution d’un grand nombre de principes immédiats. Il provient des matières ammoniacales et principalement des nitrates de potasse et de soude répandus à la surface du sol, contenus dans les engrais, etc.
M. Boussingault avait conclu de quelques expériences que l’azote est en partie puisé dans l’atmosphère, et même il avait cru pouvoir montrer que certaines plantes lui empruntent à peu près exclusivement leur azote, tandis que d’autres l’enlèvent au sol, de sorte que les premières auraient pour effet, au point de vue de la culture, d 'améliorer la terre, comme seraient le Trèfle, les Légumineuses, tandis que les autres auraient pour résultat de Yépuiser, les Céréales, par exemple. Mais des recherches ultérieures lui prouvèrent que ses premières conclusions étaient erronées et qu’en réalité, l’azote de l’air ne joue aucun rôle dans la végétation, ou un rôle si minime qu’on doit le négliger.
FONCTIONS DE NUTRITION
5° Soufre. La plupart des matières albuminoïdes contiennent une certaine proportion de soufre ; bien plus, certains produits végétaux en renferment une quantité considérable (huile essentielle d’ Ail, de Moutarde). Il est fourni aux plantes par les sulfates solubles contenus dans le sol.
6° Phosphore. On le rencontre h l’état de combinaison dans un certain nombre de substances organiques végétales; il paraît provenir des phosphates du sol, tels que ceux de potasse, de soude, de chaux, de magnésie.
Autres principes alimentaires des végétaux. Parmi les cendres, résidu de la combustion des végétaux, on trouve un grand nombre de principes minéraux et salins dont il nous faut dire quelques mots. Parmi eux il en est d’indispensables à la plante, et d’autres tout à fait accessoires. Les premiers sont, comme il a été dit plus haut, le potassium, le calcium , le magnésium , le fer. Sans eux la plante paraît ne pas pouvoir se développer ; ainsi, l’on a observé que des graines de Sarrasin ou Blé noir en germination, auxquelles on fournit tous les éléments nécessaires à leur végétation, à l’exception du potassium, ne croissent pas et meurent en peu de temps. De même, une plante qui est absolument privée de fer, devient chlorotique; ses feuilles pâlissent et prennent une coloration blanche, puis la plante elle-même finit par mourir d’inanition ; mais si on l’arrose d’une solution ferrugineuse, la santé lui revient avec sa couleur normale.
Quant aux autres principes qui se rencontrent dans les cendres des végétaux, ils ne semblent pas indispensables, bien qu’on ne puisse douter que plusieurs, tout au moins, soient de quelque utilité dans l’économie de la plante. Ainsi, le sodium se rencontre dans un très grand nombre d’espèces; cependant la plupart des physiologistes ne le considèrent que comme étant d’une très faible utilité. Le chlore , le brome , Yiode ont une action assez mal définie, mais qui semble, tout au moins pour les espèces marines, n’être pas douteuse. La silice , qui est si généralement répandue dans les plantes, et parfois en proportion considérable, par exemple, dans les Graminées, les Équisélacées,