FORCE D’ASCENSION DE LA SÈVE
branche, qui naguère semblait desséchée, un rameau de Vigne, par exemple, on voit sourdre à la surface de section des gouttes d’un liquide très aqueux, qu’on appelle vulgaire ment les pleurs de la Vigne. Ce liquide n’est autre chose que la sève , c’est-à-dire, les sucs puisés dans le sol, qui gagnent de proche en proche les parties les plus élevées de la tige. Son mouvement d’ascension se continue la nuit aussi bien que le jour et il est assez rapide, un mètre environ en une heure et demie.
Force d’ascension de la sève. — Un physiologiste anglais, Haies, a calculé la force avec laquelle l’eau du sol est ainsi aspirée par les racines, de façon à la faire monter jusque dans les feuilles, si élevées qu’elles soient. Pour cela, il appliqua à la surface de section d’un rameau de Vigne un manomètre formé d’un tube recourbé en S, dans la plus grande branche verticale duquel il versa du mercure qui vint remplir la courbure inférieure. Il vit alors que la sève qui s’écoulait du rameau coupé, en pénétrant dans le manomètre, refoulait le mercure jusqu’à une hauteur de trois pieds. Si l’on suppose le mercure remplacé par de l’eau, on voit que la poussée de la sève ferait équilibre à une colonne d’eau de près de 13 mètres. Cette même expérience faite sur le Bouleau donne un résultat presque double, soit 30 mètres environ. La figure 82 représente cette expérience : une jeune tige (a), élevée en pot, est coupée à quelques centimètres au-dessus du sol et sa surface de section engagée à travers un bouchon de caoutchouc, jusque dans l’intérieur d’un tube de verre, dont la partie supérieure rétrécie est pourvue d’un robinet (c) et se termine par un entonnoir. Ce tube communique par le côté avec un manomètre à mercure (rf, /*, £, w), maintenu en place par une pince (g). Le robinet étant ouvert, on verse de l’eau par l’entonnoir, jusqu’à remplir l’appareil ; puis on verse du mrercue dans le tube manométrique de façon qu’il arrive dans le réservoir jusqu’au niveau de la ligne e n, en refoulant l’excédant de l’eau, qui se déverse au dehors par le robinet. Ce dernier est alors fermé et l’appareil abandonné à lui-même. De la
FONCTIONS DE NUTRITION
surface de section (a) la sève s’écoule bientôt et pousse le mercure, qui monte dans le tube manométriquc. Bien entendu, la terre qui entoure les racines doit être tenue humide. La hauteur à laquelle arrive le mercure est variable suivant les espèces. Pour beaucoup déplantés elle atteint une demi-atmosphère, soit 380 mm., pour d’autres 760 mm. et plus.
Figi 82. — Appareil pour la démonstration de la force d'ascension de la sève.
Quand les feuilles commencent à apparaître et pendant qu’elles se développent, la marche de la sève devient plus active; elle est en outre favorisée par la chaleur ambiante et l’humidité du sol.
Mais quand les feuilles sontformées, sa marche se ralentit ; c’est alors que les tissus nouvellement formés se complètent et prennent plus de consistance.