CAUSES DE LA MONTÉE DE LA SÈVE
comme le montre l’appareil représenté dans la fig. 84. Des deux tubes recourbés, I, II, le premier contient seulement de l’eau [a b), l’autre, du mercure (fg) et de l’eau ( g b). Les petites branches sont hermétiquement fermées par un bouchon de caoutchouc traversé par un rameau feuillu (c, c). Enfin la grande branche de chaque tube porte un entonnoir (d) par lequel on verse l’eau ou le mercure. Dans les deux cas la surface de section des rameaux est en contact avec l’eau, mais tandis que l’un des rameaux est flétri, l’autre, sous l’influence de la montée de l’eau produite par la pression du mercure qui remplit la grande branche, est rigide et turgescent.
Cette théorie toute physique de l’endosmose est séduisante ; mais il faut remarquer qu’elle ne suffit pas à expliquer entièrement l’ascension de la sève, car on voit celle-ci se modifier si les cellules à travers laquelle elle se fait ont été tuées par une cause qui n’a cependant pas altéré leur constitution physique, ce qui montre bien qu’il y a dans ce fait autre chose qu’un simple phénomène mécanique, mais bien une véritable force qui paraît ne dépendre que de la vie même.
2° Capillarité. On a essayé de remplacer la théorie précédente par une autre de même ordre. On sait que, malgré la pression atmosphérique, l’eau monte dans des tubes capillaires, quand on y plonge leur extrémité. Les cavités des cellules et des vaisseaux étant extrêmement étroites peuvent être comparées à ces instruments, et plusieurs physiologistes ont voulu voir là la cause de l’ascension de la sève.
3° Imbibition. On a également invoqué l’imbibition, c’est-à-dire, cette force d’ordre physique aussi, qui fait monter un liquide, comme cela a lieu dans un ruban vertical dont l’extrémité inférieure serait immergée.
4° Évaporation. Il faut signaler, sinon comme cause absolue de l’ascension de la sève, du moins comme cause adjuvante très importante, l’évaporation qui se produit à la surface des feuilles. Par suite de ce phénomène, on comprend qu’un vide tend à se produire dans les cellules qui occupent
FONCTIONS DE NUTRITION
les parties supérieures de la plante, d’où résulte un appel incessant du contenu liquide des cellules situées au-dessous, action qui se fait sentir de proche en proche jusqu’aux cellules des régions les plus inférieures.
On pourrait donc comparer cette force à une sorte de succion ou d'aspiration exercée par les feuilles sur les parties sous-jacentes. On comprend, d’autre part, que l’évaporation agisse sur la montée de la sève d’une façon plus ou moins efficace, suivant l’élévation plus ou moins grande de la chaleur ambiante et la vivacité de la lumière, circonstances qui activent singulièrement l’évaporation.
— En résumé, il faut tenir compte, dans le phénomène de l’ascension de la sève, d’une force particulière, d’ailleurs inconnue, sans doute d’ordre vital, et en outre, de toutes les causes qui viennent d’être passées en revue, auxquelles on doit ajouter la dilatation des gaz mêlés au liquide séveux, et qui bien loin d’exister à l’exclusion l’une de l’autre, paraissent plutôt coexister et se prêter un mutuel appui.
Composition de la sève ascendante. — La sève, qui est d’abord un liquide essentiellement aqueux, se modifie peu à peu, à mesure qu’elle monte dans la tige. Vers les parties inférieures de la plante ce n’est que de l’eau tenant en dissolution des traces d’albumine, de sucre, de gomme et quelques sels. Mais à mesure qu’elle s’élève, elle rencontre des substances diverses formées par les végétations précédentes, les dissout et les emporte avec elle, comme albumine, caséine, sucre, gomme, sels divers, phosphate et tartrate de chaux, sulfate de potasse, acide carbonique libre, etc., de sorte que la sève qui arrive au sommet de la plante est bien plus riche en principes organiques et minéraux que celle que l’on pourrait retirer des parties inférieures.
C’est la sève qui, dans certaines plantes, dissout une telle proportion du sucre accumulé d’avance dans les cellules, qu’elle constitue une liqueur fort agréable et susceptible de fournir de l’alcool par la fermentation. Ainsi, en faisant quelques incisions au tronc des Palmiers