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VACUOLES ET COURANTS PROTOPLASMIQUES

nagent avec une grande vivacité dans les eaux où ils tombent (1).

La chaleur, la lumière, l’état électrique de l’air ont une grande influence sur les manifestations vitales du protoplasma. La façon dont il réagit sous l’action des divers agents extérieurs est telle qu’il paraît doué d’une sensibilité particulière dont les manifestations sont, jusqu’à un certain point, comparables à celle des animaux. C’est ainsi que lorsqu’il est dans des conditions à pouvoir se déplacer, il se dirige vers la lumière ou la fuit au contraire lorsqu’elle est trop vive; c’est à lui surtout que sont dus les changements de situation éprouvés par les feuilles pendant le jour et pendant la nuit. On verra au Chapitre xii, qui traite de cette question, qu’il n’y a pas là de mouvement volontaire, mais simplement une réaction causée par un agent physique ou chimique; que ce mouvement est toujours approprié à un but; qu’il n’est pas voulu par la plante, laquelle n’y peut rien changer, bien qu’il offre parfois, d’une façon singulière, les apparences de la spontanéité, et qu’en réalité, les animaux les plus inférieurs qui touchent, comme on sait, de si près au règne végétal, n’en présentent pas de beaucoup plus manifestement volontaire.

Vacuoles et Courants protoplasmiques; Suc cellulaire.

— Quand la cellule est B jeune, c’est-à-dire

quand elle vient de prendre naissance, le protoplasma la remplit exactement (fig. 3, A).

Il n’en est pas de même un peu plus tard ; et si l’on examine une cellule un peu plus âgée, on voit que le proto-

Fig. 3. — A, Cellule dont le protoplasma remplit toute la cavité. B, Cellule dont le protoplasma est creusé de vacuoles.

plasma, au lieu de former une gouttelette uniforme, homo-

(1) Voy. Chap. xii. Mouvement et Sensibilité des Végétaux.

gène, se creuse de vacuoles et prend la forme d’un petit sac, en môme temps que des prolongements ou rubans 'protoplasmiques partent de différentes régions de celte enveloppe pour se réunir les uns aux autres (B).

Dans la zone périphérique du protoplasma, aussi bien que dans les rubans protoplasmiques se produisent des courants (fig. 4), que l’on peut suivre grâce h la présence de très fins corpuscules qui s’y trouvent en suspension et qui sont entraînés par ces courants; il y a donc une véritable circulation intra-cellulaire. D’autres fois on constate un mouvement d'ensemble de toute la masse protoplasmique qui se déplace dans sa totalité par un mouvement de glissement contre la paroi cellulaire, lequel a reçu le nom de rotation du protoplasma (fig. b).

protoplasma crcus6 (le va- Les espaces creuses dans le pro-

cuoies et disposé en rubans toplasma ne sont pas vides, mais

le long desquels se pro- .. .. *

duisent des courants dont la remplis d un liquide aqueux, trans-

— sest indiquée par parent, qu’on appelle le suc cellulaire. Il se compose surtout d’eau renfermant en dissolution certains principes, notamment des sels, naguère contenus dans le protoplasma et qui en ont été excrétés. Le suc cellulaire est le milieu dans lequel s’accumulent les aliments qui ont été absorbés en excès et qui ne trouvent pas un emploi immédiat, soit qu’ils s’y transforment en corps gras ou en fécule, soit qu’ils y restent à l’état de solution. C’est dans ce milieu que le protoplasma puise, suivant ses besoins, les aliments nécessaires au maintien de sa constitution normale et à son accroissement.

Noyau et Nucléole. — Le plus souvent, outre les parties qui viennent d’être passées en revue, la cellule renferme

NOYAU ET NUCLÉOLE

un petit corps, en général arrondi ou ovalaire, enfoui dans le protoplasma. Ce petit corps, qui se distingue nettement au micro-

scope par

sa

réfringence ordi-

nairement bien plus grande que le milieu dans lequel il est plongé, porte le nom de nucléus ou de noyau . Toujours enveloppé de protoplasma, il est situé dans la zone périphérique de celui-ci, ou bien se trouve en quelque sorte soutenu au milieu de la cellule par des rubans protoplasmiques qui se réunissent sur lui (fig. 4, 5 et 6).

Le noyau paraît être de la nature même du protoplasma, mais à un état de plus grande condensation. Comme il a la propriété d’absorber plus énergiquement les matières colorantes que le protoplasma, on a par là un moyen trèsfacile de le mettre en évidence dans les préparations microscopiques, pour s’en faire une idée plus complète. D’autre part, l’acide acétique lui donne une netteté remarquable, en même temps que le reste du protoplasma est dissous par ce réactif. Le noyau a donc des caractères communs avec le protoplasma et en diffère nettement par certains autres.

Ses fonctions sont encore enveloppées d’obscurité; il paraît, en tout cas, jouer un rôle important dans la vie de la cellule et surtout dans sa multiplication, d’où le nom de cytoblaste (xutoç, cavité, &a<rro ç, germe) qu’on lui donne souvent. Ajoutons qu’au lieu d’un seul noyau, on en rencontre parfois deux et même plus dans une même cellule.

Enfin le noyau offre le plus souvent dans son intérieur un, deux ou plusieurs corpuscules beaucoup plus petits que lui,

Fig. 5. — Cellules de feuille de Vallisneria spiralis montrant la rotation du protoplasma ; w, paroi cellulaire; p, protoplasma ; c, grains de chlorophylle ; k, noyau cellulaire ; n , nucléole.

Les flèches indiquent la direction suivie par le protoplasma.

Nucléoles.

qui apparaissent sous forme de petits points brillants, qu’on appelle des nucléoles, mais sur le rôle desquels on n’est nullement fixé (fig. 6).

Constitution physique et chimique.

Membrane d’enveloppe ou paroi cellulaire. — Il est des cas où le protoplasma reste, du moins pendant un certain temps, complètement nu, c’est-à-dire qu’à lui seul il constitue toute la cellule et n’est séparé par aucune barrière du monde extérieur, avec lequel il communique directement (fig. 2). Mais le plus souvent, au bout de peu de temps il s’entoure d’une enveloppe qu’il sécrète lui-même et qu’on appelle

Fig. 6. - cellules mon- paroi cellulaire ou membrane d'en trant un noyau avec un ou 1

deux nucléoles. veloppe (fig. 3, 4, 5 et 6).

Désormais protégé par cette membrane, c’est à travers les pores qu’elle présente que le protoplasma communiquera avec l’extérieur pour opérer les échanges gazeux de la respiration et accomplir les phénomènes de nutrition. Cette enveloppe est souvent d’une extrême minceur et très molle, surtout quand elle est de formation récente ; mais, par la suite, elle s’épaissit et acquiert une grande dureté. Il en résulte qu’elle devient incapable de se laisser pénétrer par les gaz et les liquides; aussi arrive-t-il un moment où le protoplasma en a disparu ; il ne* reste plus, en quelque sorte, que la coque de la cellule, une demeure vide, dont l’habitant est sorti.

Quoiqu’il en soit, la membrane cellulaire est formée de cellulose, substance ternaire, et a la môme composition chimique que la fécule (C12 H10 O10). Elle se dissout dans l’acide sulfurique et se gonfle sans se dissoudre dans une solution de potasse caustique; traitée par la teinture d’iode et l’acide sulfurique, elle offre une coloration bleue caractéristique.

L’apparence de la paroi cellulaire, et par suite, de la cellule, est très variable. Quand elle est de formation récente,

NOYAU ET NUCLÉOLE

elle est arrondie, ovoïde ou oblongue (fig. 7); mais bientôt elle devient cylindrique ou polyédrique par suite de la compression exercée sur elle par les cellules voisines;

Fig. 8.

Fig. 7. — Groupe de cellules à parois minces et à contours arrondis. Fig. 8. — Cellule rameuse (un poil de Crucifère).

d’autres fois elle offre des prolongements qui lui donnent un aspect rayonné, rameux, comme c’est le cas des cellules qui constituent les poils d’un certain nombre de plantes (fig. 8).

Modifications présentées par la paroi cellulaire. — Gomme on l’a dit un peu plus haut, la paroi cellulaire ne reste pas longtemps mince ; le plus souvent elle s’épaissit (fig. 9) par suite du dépôt, dans l’épaisseur de ses parois,

Fig. 9. ’ Fig. 10.

Fig. 0. — Groupe de cellules à parois épaisses et à contours polyédriques. Fig. 10. — Cellule à paroi épaisse creusée de fins canaux.

de certaines matières, le plus souvent du ligneux , substance très analogue à la cellulose et de même composition chimique, qui constitue la partie essentielle du bois des végé-

taux. Mais parfois aussi des substances minérales peuvent s’y déposer, telles que de la silice, du calcaire, et souvent des matières colorantes.

La paroi cellulaire épaissie paraît à un fort grossissement composée d’un certain nombre de couches superposées, qui semblent, au premier abord, dues à des dépôts successifs venant se recouvrir les uns les autres (fig. 10).

11 n’en est rien, en réalité : l’épaississement de la paroi cellulaire se fait, non par superposition de parties, mais par intussusception. On entend par là que les substances absorbées qui viennent accroître la paroi de la cellule, au lieu de se déposer à la surface soit extérieure, soit intérieure, pénètrent molécule à molécule dans l’épaisseur même du tissu. L’aspect zonaire est dû à un phénomène secondaire qui se produit après que la membrane a acquis une certaine épaisseur; il est dû à une alternance de couches plus denses et de couches moins denses.

Le plus souvent, cet épaississement de la paroi cellulaire ne se fait pas d’une façon uniforme, mais seulement dans certaines régions à l’exclusion de certaines autres qui, dès lors, vues par transparence, paraissent plus claires, tandis

Fig. 11. — Cellules présentant des épaississements divers. A, cellule ponctuée; B . cellule rayée; C, cellule réticulée; D, cellule anneléc; E, cellule spiralée; E, cellule scalariforme.

que les premières offrent une teinte plus sombre; de là une très grande variété dans l’aspect de la membrane (fig. il). Ainsi, par exemple, lorsque les parties non épaissies sont de simples points (A), la paroi semble comme criblée de petite perforations dues à la minceur de ces parties, et la cellule est dite ponctuée; si les parties lion envahies par

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