CLASSIFICATION DES SUBSTANCES ASSIMILÉES
similation des substances alimentaires et l’emploi effectif de ces memes matières dans la nutrition de la plante est très variable. Ainsi, tandis que fort souvent ces deux ordres d’opérations se font conjointement ou se succèdent immédiatement l’une l’autre, il existe un grand nombre de cas où les choses se passent autrement, et alors les substances assimilées se rendent des feuilles, où elles ont été élaborées, dans certains organes qui varient d’une plante à l’autre. C’est ainsi, par exemple, qu’après la première période de végétation des plantes bisannuelles, on voit que certains organes sont énormément gonflés par les substances nutritives qui s’y accumulent et qui ne seront employées qu’au début de la période végétative suivante. Les diverses espèces ou variétés de Choux nous offrent de ces faits des exemples bien connus : dans le Chou-navet , c’est la racine qui sert de réservoir; dans le Chou-cabus , c’est le bourgeon terminal qui prend un développement énorme, et on dit alors que le Chou est 'pommé ; ce rôle est rempli par les bourgeons latéraux dans le Chou de Bruxelles , enfin par l’inflorescence dans le Chou-fleur . Toutes ces parties gorgées de suc sont fort tendres, savoureuses et nutritives; aussi l’homme les emploie-t-il alors à sa nourriture.
Dans d’autres plantes cette accumulation de sucs se fait dans les tiges souterraines (rhizomes, tubercules), ou bien dans les bulbes et les oignons, dont les écailles se gonflent énormément. Enfin, toutes les graines renferment avec elles une certaine provision de matière nutritive qui servira au premier développement de la jeune plante ; ce qu’on appelle leur albumen n’est pas autre chose qu’une réserve alimentaire dont le rôle est de pourvoir à la nutrition de l’embryon, renfermé avec lui dans les enveloppes de la semence.
Classification des substances assimilées. — Au point de vue de leur nature chimique et du rôle qu’elles jouent dans l’organisme végétal, les substances assimilées par la plante peuvent se répartir en trois groupes, à savoir : les
FONCTIONS DE NUTRITION
substances 'plastiques azotées , telles que la fibrine, l’albumine, la caséine, destinées surtout à l’accroissement du protoplasma, c’est-à-dire, de la substance active par excellence de l’organisme végétal ; les substances plastiques non azotées , telles que l’amidon, l’inuline, le sucre, la graisse, etc., destinées, d’une part, à l’accroissement de la paroi des cellules, et d’autre part, à fournir les aliments des combustions intraorganiques et par là même subvenir aux dépenses d’acide carbonique et de vapeur d’eau.
A ces deux groupes essentiels, il faut en joindre un troisième, pour un grand nombre de substances dont le rôle est fort incertain, ou qui même paraissent inutiles à l’organisme, et demeurent sans emploi ; tels sont le tannin, les matières colorantes rouges ou autres (mais non la matière verte ou chlorophylle), les huiles essentielles des glandes, le caoutchouc renfermé dans certains latex, la résine, nombre d’acides, la plupart des alcaloïdes, etc.
Remarque. — L’étude précédente des phénomènes offerts par la nutrition des végétaux ne peut manquer d’attirer l’attention sur la remarquable analogie qui existe à ce point de vue entre les plantes et les animaux, soit que l’on considère les procédés mis en œuvre, soit que l’on ait égard à la nature des résultats.
Mais une chose doit frapper aussi, c’est qu’à part quelques exceptions, telles que celles que nous ont montrées les plantes carnivores et celles que nous offre la nombreuse classe des Champignons, qui se nourrissent directement de substances organiques, la Plante n’emprunte au milieu extérieur que des substances minérales, qu’elle transforme ensuite en substances organiques, contrairement à l’Animal, qui emprunte aux végétaux des substances organiques tout élaborées et qui ne saurait exister si celles-ci venaient à lui manquer.