‹ BotaniqueChapitre 56 sur 107 · STRUCTURE DU CALICE ET DE LA COROLLE · texte numérisé non relu

STRUCTURE DU CALICE ET DE LA COROLLE

Les formes principales de corolle polypétale régulière sont désignées sous les noms de cruciforme (Choux, Navets), rosacée (Rosier, Pommier), caryopliyllée (Œillet) ; et celle des polypétales irrégulières, sous celui de papilionacée (Légumineuses).

Dans les corolles polypétales, chaque pétale offre à considérer une partie inférieure étroite, Yonglet , et une partie supérieure dilatée, la lame. (Voy. fig. 93, B’.)

Les corolles gamopétales se composent de trois parties, le tube , la gorge et le limbe , comme on Ta vu pour le calice gamopétal.

Les principales formes de corolles gamopétales régulières sont appelées campanulée (Campanule), infundibuliforme, (Tabac), hypocratériforme (Lilas, Jasmin), rotacée (Pomme de terre), urcéolée (Bruyère).

Parmi les corolles gamopétales irrégulières, les plus importantes sont la bilabiée (Labiées, Verveine) et la personnée (Gueule de Lion).

Structure du Galice et de la Corolle. — Les sépales , dont la réunion compose le calice, offrent une très grande analogie de structure avec la feuille, de laquelle, comme on le verra un peu plus loin, ils dérivent. On y trouve donc, entre deux couches épidermiques pourvues de stomates, un parenchyme, le plus souvent coloré en vert, au milieu duquel se trouvent de rares faisceaux fibro-vasculaires, dont le principal occupe la ligne médiane de chaque pétale et d’où partent des ramifications formées seulement de quelques trachées.

Les pétales , qui forment par leur réunion la corolle, sont composés de même d’un parenchyme compris entre deux épidermes pourvus de stomates peu nombreux. L’épiderme intérieur a souvent un aspect velouté, dans la Pensée, par exemple, ce qui tient à ce que ses cellules forment des saillies en manière de petits cônes ou papilles. En outre, les pétales sont parcourus par de fines nervures ramifiées comme celles des feuilles, mais à peu près réduites à quelques trachées.

Calice.

Corolle.

LA FLEUR

Coloration et parfum des pétales.

Le parenchyme est formé de cellules molles, remplies de liquide, contenant souvent des gaz et colorées de nuances très variées dues à des causes diverses, suivant les cas. Ainsi les fleurs qui sont d’un blanc de lait, comme celles du Lis, doivent leur blancheur à une grande quantité de gaz renfermés dans les cellules; aussi, dès que l’on vient à les en chasser par la pression ou au moyen de la machine pneumatique, on voit la fleur perdre son éclatante blancheur. D’autrefois, la couleur est due à des liquides colorés ; telle est la teinte bleue de la Campanule, dont les principes colorants sont logés dans les deux épidermes ; de même, aussi, les couleurs roses ou rouge clair, violettes, sont également dues le plus souvent à des liquides. Enfin, le jaune, le rouge foncé, le brun sont plutôt le fait de granulations colorées en suspension dans un liquide ou dans le protoplasma cellulaire.

D’ailleurs, il peut se faire que la couleur des pétales dépende à la fois de plusieurs causes, telles que le mélange ou la superposition de cellules renfermant des liquides et des granulations solides de couleurs différentes; c’est le cas de la Petite Capucine, si vivement colorée en rouge, dans laquelle on voit plusieurs couches de cellules superposées les unes à suc cellulaire rouge, d’autres avec des granulations jaunes.

Les pétales sont également le siège le plus ordinaire des parfums qu’exhalent les fleurs d’un si grand nombre de plantes et qui consistent le plus souvent en essences, logées soit dans les cellules mêmes du parenchyme, soit dans des organes spéciaux, petits réservoirs que l’on peut parfois voir par transparence, comme cela est facile dans les pétales du Citronnier et de l’Oranger.

2° Étamines et Pollen.

Caractères des Étamines. — Une étamine complète se compose de trois parties : le filet, sorte de petit support ou

CARACTÈRES DES ÉTAMINES

pédicule (fig. 91, f) ; Y anthère (a), partie principale de l’étamine, car c’est elle qui renferme le pollen ou poussière fécondante de la fleur ; enfin le connectif , qui fait suite au filet et qui est interposé entre les loges de l’anthère. Le filet peut manquer, et l’étamine est dite sessile.

Les étamines offrent un grand nombre de particularités dont on tient compte dans la description et la classification des espècesvégétales. Elles vont être brièvement indiquées.

A. Nombre absolu. Très variable, puisqu’il va de 1 à plusieurs centaines, on l’indique par des noms particuliers ; ainsi on appelle fleur monandre celle qui n’a qu’une étamine (Valériane rouge, Balisier, fig. 94) ; puis, jusqu’à 10 étamines, on a successivement les fleurs diandre (Véronique), triandre (Blé, Iris), tétrandre (Caille-lait), pentandre (Belladone), hexandre (Lis), heptandre (Marronnier d’Inde), octandre (Bruyère), ennéandre (Laurier), décandre (Œillet). Au delà de dix, on appelle dodécandres celles qui ont de 12 à 20 étamines ; passé ce nombre, les fleurs sont dites polyandres (Pavot, Chélidoine, fig. 95, I, IV).

B. Nombre relatif à celui des pièces de la corolle. Si les étamines sont en même nombre que les pétales, la fleur est isostémone; dans le cas contraire, anisostémone ; on la dit enfin méiostémone ou polystémone, selon que les étamines sont moins nombreuses ou plus nombreuses que les pétales, et diplostémone , quand elles sont en nombre double de ceux-ci.

C. Variétés de longueur. Souvent toutes de même longueur, les étamines sont parfois les unes plus longues, les autres plus courtes. Ainsi dans l’Oseille, cinq étamines sont très petites et cinq beaucoup plus longues ; on appelle didynames les étamines, qui, au nombre de quatre dans une même fleur, ont deux d’entre elles plus grandes (Labiées), tétradynames , celles qui étant au nombre de six, ont quatre d’entre elles plus grandes (Crucifères).

B. Variétés de situation et d'insertion. Ordinairement alternes avec les pièces de la corolle, elles leur sont assez souvent opposées. (Voy. Chap.. ix. Plan de la fleur.) Ordinairement insérées sur le réceptacle floral, entre la corolle

LA FLEUR

et le gynécée, elles sont parfois portées par les pièces de la corolle, comme c’est la règle dans les cas de corolle gamopétale, d’autres fois par les carpelles (Orchidées, Aristoloches) ; et l’on donne le nom de colonne ou gynostème à l’organe qui résulte de la soudure de ces deux sortes d’organes.

Fig. 95.

Fig. 94. — Fleur monamlre (Balisier).

Fig. 95. — I à III, Organes floraux du Pavot ( Papaver rliœas ) ; I, androcéc et pistil (gross. 2); II, coupe transversale de l’ovaire (gross. 4) ; III, diagramme de la fleur; IV à VIII, organes floraux de la Grande Éclaire ( Chelidonium majus)’, IV, ensemble de la fleur ; V, fleur en bouton ; VI, fruit ou silique (grand, nat.) ; VII, segment de la silique très grossi et montrant les ovules ; VIII, diagramme delà fleur.— Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans les dill'ércntcs ligures; b, pédoncule floral; k (de la tig. V), calice; bl, corolle; s, étamines; f, ovaire; w, stigmate; iv, paroi de l’ovaire; k (delà lig. II), cloisons de l’ovaire

Relativement à l’ovaire, les étamines peuvent être insérées autour, au-dessus ou au-dessous de lui, de sorte qu’il y a lieu de distinguer des étamines périgynesy épigynes et

Page 1