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I. Origine des parties de la Fleur

Quelques mots sur l’historique de l.\ question. — Le grand botaniste suédois Linné avait été frappé de ce fait que les êtres delà création offrent de l’un à l’autre, quand on les considère dans leur ordre naturel, de telles ressemblances organiques, qu’il est souvent très difficile, parfois impossible, de tracer entre eux des lignes de démarcation absolue pour les répartir en différents groupes, et de délimiter d’une façon certaine les espèces, les genres, les familles, etc.; « Natura non facit saltus », la Nature établit enire les différents êtres des transitions bien ménagées, disait-il avec grande raison.

Bien plus, cette ingénieuse remarque s’applique avec autant de vérité aux parties d’un même organisme. Il semblerait que la nature répugne à produire de toutes pièces des parties nouvelles, mais qu’elle se contente souvent de modifier celles qui existent déjà pour les rendre aptes à remplir des fonctions différentes.

(1) Morphologie , de (i.op'py), forme, Xoyoç, traité. On entend par là les lois qui président à la forme des organes.

NOTIONS DE MORPHOLOGIE

Transformation des feuilles en sépales.

Il ne sérail pas difficile de trouver dans le règne animal des preuves multiples qui justifieraient cette manière de voir. Le règne végétal va suffire à sa démonstration.

Le grand poète de l’Allemagne, Goethe, qui était en même temps un savant naturaliste, eut le mérite de grouper en quelque sorte en un corps de doctrine les observations recueillies avant lui sur ce sujet et de fonder (1790) ce qu’il appella la théorie de la métamorphose, qu’il divise en ascendante ou progressive, et descendante ou régressive. Avant lai, un botaniste de Hambourg, Jungius (1678) avait déjà indiqué le sujet ; un botaniste français, Adanson, avait émis l’avis’que les sépales ne sont que des feuilles modifiées!; Fréd. Wolff (1759) avait admis que tous les organes que porte la tige, (si variés qu’ils soient, sont en somme de même nature.

On peut, en effet, [par des exemples bien choisis et pris sur diverses plantes, montrer que de la feuille dérivent par des transitions insensibles tous les autres organes appendiculaires, si bien que théoriquement l’on est autorisé à les considérer tous comme des feuilles modifiées, ou, si l’on veut, que les feuilles et les autres organes portés par la lige sont morphologiquement identiques.

Exemples de Métamorphose ascendante. — Si l’on examine un pied de Pivoine, on voit que les feuilles en sont profondément découpées et décomposées, surtout celles de la base de la tige, et que les fleurs ont un calice dont les folioles ou sépales n’ont, au premier abord, aucun rapport avec les premières. Et cependant, à mesure que l’on envisage des feuilles placées plus haut sur la tige et se rapprochant davantage de la fleur, on les voit devenir, par degrés, plus simples et plus petites, de façon à ne plus présenter qu’un petit nombre de folioles, puis trois, puis une seule, de sorte que celles qui arrivent dans le voisinage du périanthe sont réduites à un limbe unique, qui commence à s’élargir par sa base et tend à prendre une forme sépaloïde, tandis que sa partie supérieure se rétrécit ; celles qui sont encore plus rapprochées de la fleur accusent

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