EXEMPLES DE MÉTAMORPHOSE ASCENDANTE
davantage la forme de sépales et ne se distinguent plus de l’enveloppe extérieure de la fleur.
L’examen de la Pivoine nous fait donc assister aux modifications successives éprouvées par les feuilles pour devenir des sépales, ou si l’on veut, à la transformation progressive des feuilles en sépales.
Voyons maintenant un 'exemple du passage des sépales TSsf|p™es'en aux pétales. Considérons pour cela une fleur de Magnolia. pétales. Nous voyons que le périanthe se compose de larges folioles qui ne se distinguent par aucun caractère essentiel les unes des autres ; et cependant les plus extérieures constituent le calice, les intérieures, la corolle, de sorte que la délimitation est impossible à fixer entre ces deux sortes d’organes, qui, chez un très grand nombre de plantes, diffèrent cependant par des caractères manifestes.
On pourrait citer bien d’autres exemples démonstratifs empruntés aux Calycanthus, Hortonia, Badianes, et surtout aux Camélias, principalement ceux qui ont des fleurs doubles.
Les pétales et les étamines fournissent de nombreuses Transformation
, 1 . ta i des pétales
observations du meme genre, de sorte que ces deux especes en étamines.
Fig. 112. — Fleur de Nénuphar jaune (grand, nat.); I, vue de profil, 1, 2, 3, 4, 5, les sépales ; II, vue de face ; b, pétales ; s, organes moitié pétales et moitié étamines; f, ovaire.
d’organes floraux, qui semblent si essentiellement différents
NOTIONS DE MORPHOLOGIE
l’un de l’autre, peuvent être, en somme, considérés comme étant morphologiquement de même nature et dérivés des feuilles, l’un et l’autre.
La belle fleur du Nénuphar blanc (Nijmphœa alba ), ou celle duNénuphar jaune (. Nymphœa lutea , fig.ll2etl!3), peutservir à cette démonstration. Si l’on examine les pétales les plus intérieurs, on ne peut manquer d’observer qu’ils sont plus petits que les extérieurs, et que l’amoindrissement s’opère par degrés de ceux-ci à ceux-là; puis, on remarque sur le sommet de certains de ces derniers une petite saillie qui devient plus développée sur les suivants, où elle olfre franchement l’aspect d’une anthère ; sur des pétales encore plus intérieurs, l’anthère augmente de volume et atteint enfin tout son développement normal, en même temps que son support, d’abord large et pétaloïde, se rétrécit et se réduit finalement à un étroit filet. Il résulte donc de ces faits, qu’à un moment donné, l’organe observé est moitié pétale et moitié étamine.
Fig. 113. — Transformation des pétales en étamines, dans le Nénuphar jaune; de a à e on en suit tous les passages.
Le pistil dérive Ce qui a été dit des organes floraux étudiés jusqu’ici de^fa1 feuille, trouve encore son application en ce qui regarde le pistil.
Comme les sépales, les pétales et les étamines, les carpelles peuvent être considérés comme étant des modifications des feuilles. Leur structure, comme nous l’avons vu dans un précédent chapitre, a une frappante analogie avec celle des organes foliaires, et si l’on suit la façon dont ils se montrent et se développent, on les voit apparaître sous l’aspect d’un mamelon, qui s’étale en forme d’une petite feuille dont les bords se rapprochent ensuite et se soudent pour former