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EXEMPLES DE MÉTAMORPHOSE DESCENDANTE

une cavité, en même temps que leur extrémité supérieure s’allonge pour constituer le style. D’ailleurs, les carpelles de certaines fleurs, des Sterculia , des Lunaires, par exemple, offrent d’une façon frappante l’apparence d’une véritable feuille.

Bien plus, il n’est pas rare dans les fleurs de certaines plantes de voir les étamines se transformer en carpelles, celles, par exemple, du Pavot, de la Joubarbe des toits, du Rosier ; les plus intérieures sont devenues des carpelles en tout semblables aux carpelles normaux, ou bien ont un caractère mixte et portent à la fois du pollen et des ovules.

Exemples de Métamorphose descendante. — Il ne serait pas plus difficile de citer d’assez nombreux faits de métamorphose descendante ou régressive. Qui n’a vu de ces abominables roses vertes , recherchées comme un objet de curiosité, et dans lesquelles les pétales et les étamines, sous l’influence de certains procédés de culture, se sont tous transformés en de petites feuilles de couleur verte ?

Les étamines prennent souvent la forme de pétales; c’est en déterminant ce résultat que l’on arrive à obtenir nombre de fleurs doubles. La Rose sauvage ( Rosa canina) n’a

Fig. 114. — Transformation d’étamines en pétales (Seringat). On suit toutes les transitions entre ces deux sortes d’organes en examinant les dessins de I à VI; f, filet staminal ; b, anthère.

que cinq pétales et un très grand nombre d’étamines ; par la culture les étamines deviennent des pétales, et il est

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très commun de voir de ces organes seulement à demi transformés. Les Anémones doubles, les Cerisiers doubles offrent constamment cette métamorphose de leurs étamines en pétales. Les carpelles, enfin, se transforment assez souvent en étamines, en pétales ou en feuilles vertes; le Trèfle en offre un bon exemple.

Remarque. — On doit voir, d’après l’exposé de ces faits, ce qu’il faut entendre, en Botanique, par le mot métamorphose. Il est bien clair qu’on aurait tort de le prendre dans le sens qu’on attache à cette même expression, quand il s’agit de désigner certains phénomènes qui se passent chez nombre d’animaux, où l’on voit un même être prendre successivement diverses formes. Rien de semblable, en réalité, n’a lieu dans la Plante. Nous n’y voyons pas, en effet, des organes déjà développés et de forme arrêtée qui tout à coup l’abandonnent, pour en revêtir une autre; mais nous trouvons des organes qui, au lieu de se montrer avec les caractères qu’ils offrent dans la fleur normale, présentent à un degré plus ou moins marqué la forme caractéristique qui appartient, dans la règle, à d’autres parties de cette même fleur.

Pour achever de faire comprendre la théorie de la Métamorphose, ajoutons que la fleur doit être en somme regardée comme une tige, ou selon l’expression généralement adoptée, comme un axe pourvu d’ appendices. Mais cet axe est très raccourci, tellement qu’il est obligé de s’élargir pour fournir insertion aux nombreux organes qu’il porte ; c’est sur cet élargissement, qu’on appelle réceptacle, o, t dont la surface peut être plane, convexe ou concave (voy.fig.108), que sont groupées et nécessairement très rapprochées les unes des autres toutes les parties de la fleur; ainsi au lieu d’être superposées comme le sont les feuilles, ces parties se trouvent disposées par zones concentriques ou suivant une spirale. En outre, ces appendices, au lieu d’avoir la forme ordinaire des feuilles, sont très diversifiés à ce point de vue, dans le but de remplir des rôles différents, de sorte qu’au premier abord la fleur paraît constituée par un

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