VAISSEAUX
Vaisseaux. — Comme les fibres, les vaisseaux dérivent des cellules. Ils résultent en effet de la réunion bout à bout d'un certain nombre de ces dernières, entre lesquelles il s’établit une large communication par suite de la disparition des parois interposées entre leurs cavités.
Les vaisseaux constituent des tubes très fins, fort longs et qui, contrairement aux fibres, ne sont, à l’exception de ceux qu’on appelle laticifères, jamais ramifiés.
Comme les cellules qui le composent, un vaisseau peut être ponctué, rayé, spiralé ou réticulé (fig. 13, a , &, c, d).
Fig. 16.
Fie. 15. — Vaisseaux ponctués, annelé, spiralé, réticulé (a, b, c, d.) Fig. 16. — Un vaisseau spiralé (feuille de Bananier.)
Ceux qui présentent la disposition spiralée (c) méritent d’arrêter quelques inslants l’attention. L’épaississement, dans ce cas, s’est produit sous forme d’un petit cordon spiral qui fait saillie dans l’intérieur du vaisseau. Sa résistance est assez grande, et son adhérence à la paroi assez faible pour qu'on puisse par la traction le dérouler au dehors comme un petit ressort, ou bien c’est la paroi même du vaisseau qui se déchire suivant la spirale en question. C’est ce qu’il est on ne peut plus facile de reconnaître en déchirant avec quelque précaution un pétale de rose : on
Ils dérivent des cellules.
Structure des vaisseaux.
Trachées.
Rôle
des vaisseaux.
voit alors que les deux fragments sont réunis par des fils élastiques d’une finesse extrême, qui ne sont autre chose qne les petits épaississements spiraux qui se déroulent. Dans la feuille du Bananier ils sont encore bien plus faciles à voir, car au lieu d’un seul filament par vaisseau, il y en a plusieurs accolés les uns aux autres (fig. 16) et se déroulant sous forme d’un ruban. Les tours de spire sont plus ou moins espacés ; parfois ils sont si serrés qu’ils recouvrent entièrement la paroi du vaisseau.
On a trouvé une certaine analogie entre les vaisseaux spiralés des plantes et les tubes respiratoires ou trachées des Insectes, qui sont, en effet, garnis d’un fil très fin enroulé de la sorte ; aussi a-t-on appelé trachées les vaisseaux des plantes qui offrent celle disposition; quant au filament luimême, il porte le nom de spiricule. Malgré leur finesse, les spiricules paraissent, au moins dans certains cas, être creusés d’un canal dans toute leur longueur. Les trachées ne sont pas indifféremment répandues dans toutes les parties des végétaux : dans les Dicotylédones elles s’observent seulement dans celte partie de la tige qui entoure la moelle et qu’on appelle l’étui médullaire, tout le reste du bois et de l’écorce en étant dépourvu. Chez les Monocotylédones on les trouve dans tous les faisceaux fibro-vasculaires disséminés dans la tige. Les nervures des feuilles et diverses parties des fleurs en contiennent toujours; on en rencontre enfin dans les racines.
La paroi des vaisseaux, contrairement à celle des fibres reste, en général, mince ; lorsque ces organes sont encore jeunes, ils sont remplis de suc, ou pour mieux dire de sève ; c’est par leur intermédiaire en effet que ce liquide monte ; un peu plus tard, la sève les abandonne et leur cavité ne renferme plus que des gaz. (Voyez Chap. V, Circulation.)
Vaisseaux laticifères. — Tandis que les vaisseaux qui viennent d’être étudiés ne communiquent en aucune façon les uns avec les autres et forment autant de tubes continus h peu près rectilignes, il en est d’une certaine catégorie qui
VAISSEAUX LATICIFÈRES
s’abouchent par leurs parois latérales, se rejoignent par des branches transversales, de façon à former un système ramifié; ce sont les vaisseaux laticifères (fig. 17). Ils dérivent
de cellules glandulaires, c’est-à-dire de cellules spéciales destinées à la sécrétion de certaines substances. Placées en file, leurs parois de séparation se sont résorbées en totalité ou en partie de façon à établir entre elles une facile communication. On trouve de semblables vaisseaux, par exemple, dans les feuilles et les écailles de l’Ail commun, dans les feuilles de PAloès, où ils paraissent chargés de la secrétion du principe amer qui porte le nom de cette plante, dans l’Érable, où ils fournissent un liquide sucré, etc. D’autres fois les files de cellules sécrétrices sont reliées par d’autres, disposées dans le sens transversal, de façon à constituer un réseau à mailles plus larges ou plus serrées suivant les espèces de plantes. Ces réseaux sont souvent très sinueux et très compliqués, pourvus d’un grand nombre de ramifications anastomosées entre elles ou terminées en cul-de-sac : telle est la disposition que l’on rencontre dans les Pavots, les Laitues.
Les parois de ces vaisseaux sont ordinairement fort minces, sans ponctuations ou épaississements quelconques; leur calibre, au lieu d’être uniforme, présente des alternances de dilatation et d’étranglement qui ont mérité à ces canaux l’épithète de monilif ormes.
On les rencontre d’ordinaire dans l’écorce des Dicotylédones, surtout vers sa partie interne, tandis que chez les
Monocotylédones ils se voient parmi les faisceaux vasculaires disséminés dans la tige. Les nervures des feuilles en présentent souvent. Dérivés des cellules comme les précédents, ils renferment un suc propre ou latex , liquide bien différent de la sève. Il sera étudié à la fin du chapitre IL
Les Tissus.
Différentes sortes de tissus. — Il ne suffit pas, pour connaître la structure des plantes, d’avoir appris quels en sont les éléments constituants. Il n’est pas moins nécessaire de savoir comment ces éléments sont groupés entre eux et quels sont leurs rapports réciproques.
Serrés les uns contre les autres, confondant souvent leurs parois, communiquant ou non entre eux par leurs cavités, ces éléments constituent les tissus. Ceux-ci sont au nombre de trois principaux:
Lorsque des cellules composent à elles seules le tissu, c’est le tissu cellulaire ou utriculaire, appelé encore parenchyme (1);
Lorsqu’il est formé par les éléments que nous avons appelés des fibres, c’est le tissu fibreux ou prosenchyme (2) ;
Enfin, s’il est constitué par des vaisseaux, il prend le nom de tissu vasculaire.
Nous avons vu comment les tissus fibreux et vasculaires se forment aux dépens du tissu cellulaire. Il nous reste maintenant à étudier comment se produit lui-même ce dernier, point de départ de tous les autres.
Tissu cellulaire ; son mode de formation. — Le tissu cellulaire est dû à l’apparition de cellules nouvelles résultant de la mulliplication des cellules préexistantes. Voyons donc par quels procédés se multiplient, s’engendrent, si l’on veut, les cellules qui le constituent.
(1) ïlapEY^uijLa, substance des organes.
(2) IIpoç, impliquant l'idée de force, èy/up. a, substance.