DIFFÉRENTES SORTES DE TISSUS
Si l’on examine au microscope ces Algues vertes filamenteuses (Conferves) qui abondent dans les eaux stagnantes, et dont chacune se compose uniquement d’une rangée de
cellules mises bout à bout, on peut suivre toutes les phases de la formation cellulaire (fig. 18). Et d’abord il n’y a qu’une seule cellule qui ait la faculté d’en produire d’autres; c’est toujours la dernière formée, celle qui occupe le sommet du filament (A). On remarque que le noyau et le protoplasma qui l’entoure s’allongent un peu, s’étranglent en quelque sorte (B), puis se séparent en deux portions, en même temps qu’une cloison membraneuse se forme pour séparer les deux nouveaux noyaux et leur protoplasma, de façon à constituer une cellule nouvelle (C).
Il peut se faire que la segmentation de la cellule commence par la membrane d’enveloppe ; le noyau et le protoplasma ne subissant qu’après elle la même opération.
La formation des cellules ne procède pas toujours comme il vient d’être indiqué. Parfois, le noyau et le protoplasma se divisent en deux ou plusieurs parties, sans qu’il y ait en même temps ou auparavant production d’une cloison de cellulose, celle-ci ne se formant que plus tard de façon à entourer chaque petite masse d’une enveloppe complète; c’est ce qu’on appelle la formation cellulaire libre (fig. 19).
Fig. 18. — Multiplication cellulaire par division transversale; A, une portion d’Algue filamenteuse (Conferve) ; B, cellule terminale en voie de division ; C, la formation des deux cellules est complète.
Une fois formée, chaque nouvelle cellule grandit, puis ne tarde pas à se diviser à son tour, pourvu que la nutrition soit
Fig. 19. — Multiplication des cellules par formation libre ; A, cellule avec noyau ; B, cellule dont le protoplasma se divise en quatre ; C, formation d es cloisons qui séparent les nouvelles cellules.
suffisamment active; c’est ainsi que se fait l'accroissement de la plante.
différentes sortes de tissu cellulaire. — Le tissu cellulaire ou parenchyme oifre dans son aspect un certain nombre de variétés qui tiennent à la forme et au mode de groupement des éléments constituants. Quand elles sont jeunes, les cellules offrent la forme arrondie ou ovalaire et constituent le tissu cellulaire arrondi (fig. 20) ; les plantes grasses, les fruits pulpeux en offrent de bons exemples.
Dans ce cas, des espaces vides plus ou moins considérables se trouvent interposés entre les points de contact des cellules ; ce sont les méats inter cellulaires.
Le plus souvent, par suite de leur accroissement et de leur multiplication, les cellules se compriment réciproquement et forment un 'parenchyme polyédrique , hexagonal (fig. 21); la moelle des plantes en offre des exemples caractéristiques. D’autres fois, les cellules sont disposées comme les pierres de taille d’une muraille et constituent le parenchyme muriforme (fig. 22). Les cellules peuvent présenter des prolongements plus ou moins irréguliers, d’où le
Fig. 20. — Tissu cellulaire ou parenchyme arrondi.
répartition des tissus
nom de parenchyme rameux (fig. 23) ; et si ces prolongements sont disposés avec une certaine régularité, on a le
Fig. 21.
Fig. 21. — Parenchyme Fig. 22. — Parenchyme Fig. 23. — Parenchyme
polyédrique.
muriforme.
rameux.
Fig. 23.
parenchyme étoilé (fig. 24), qui s’observe avec une trèsgrande netteté dans la tige du Jonc des marais ; les larges espaces vides qui résultent de cette disposition permettent aux gaz de circuler entre les cellules.
Matière intercellulaire. — Les cellules sont réunies les unes aux autres, sont accolées, soudées plus ou moins intimement, de façon à former un tissu.
Ce résultat est obtenu par l'interposition, entre les cellules, d’une substance que l’on a considérée pendant longtemps comme en étant distincte, et qui se serait épanchée entre elles pour les agglutiner à la manière d’un ciment, d’où le nom de matière inter cellulaire qu’on lui a donné. On peut conserver ce nom, mais on devra se rappeler que cette substance n’est autre chose que la couche extérieure plus molle des parois cellulaires. Son abondance varie beaucoup avec les tissus; d’ordinaire très peu épaisse, elle se trouve au contraire en grande quantité dans les tissus mous, mucilagineux, comme on en rencontre dans certaines Algues.
Fig. 24. — Parenchyme à cellules étoilées.
Répartition des différents tissus. — Les différents
tissus qui viennent d’être étudiés sont loin de se trouver également répartis dans tous les végétaux et dans les différents organes d’une même plante. C'est ainsi qu’un grand nombre de végétaux inférieurs, appartenant au groupe des Cryptogames (Lichens, Algues, Champignons, Mousses) sont exclusivement composés de cellules et méritent le nom de végétaux cellulaires , qu’on leur donne souvent, par opposition aux autres Cryptogames (Fougères, Prêles, etc.) et aux Phanérogames qui offrent, outre le tissu cellulaire, des tissus fibreux et vasculaires. Ces derniers même y prédominent notablement, le premier ne se rencontrant que dans les parties jeunes des plantes.