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FÉCONDATION ET DÉVELOPPEMENT DE L’EMBRYON

nucelle offre un sac embryonnaire volumineux, dans lequel, longtemps avant la fécondation (ce qui établit une grande

Fig. 129. — Organes de la reproduction d’une Conifère, l’If ( Taxus baccata) ; 1, rameau chargé de fleurs mâles ; 2, rameau portant deux fruits mûrs ; 3, bouton de fleur mâle; 4, fleurs mâles épanouies montrant leurs étamines; 5, étamines, l’une encore fermée, l’autre ouverte ; 6, fleur femelle ; 7 et 8, la même, fendue en long, vue sous deux grossissements différents ; ls,x, enveloppe de l’ovule devenant en partie ligneuse ; ne, sac embryonnaire, dans lequel se forme l’albumen ( edp ), et où l’on voit les corpuscules (cp) ; b, écaille, à l’aisselle de laquelle s’est formée la fleur ; 9, fruit à demi formé ; 10, le même, fendu en long ; a, disque charnu de couleur rouge, qui s’élève autour du fruit proprement dit ; e, le germe ; 11, aiguille ou feuille de l’If avec sa coupe transversale ; 12, aiguille du Sapin ; 13, celle du Pin.

différence avec les autres Phanérogames), il s’est formé un

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albumen ou endosperme abondant. Au milieu de cet endosperme plusieurs cellules se distinguent par leur volume considérable; souvent groupées les unes près des autres, chacune est surmontée par une rosette de quatre petites cellules interposées entre elle et la membrane du sac embryonnaire. On désigne sous le nom de corpuscule chaque grande cellule accompagnée de sa rosette de quatre petites (fig. 128,I,c,ft); chaque corpuscule est destiné à devenir un embryon. Il n’y a rien de plus dans le sac embryonnaire, ni vésicules synergiques, ni vésicules antipodes.

Suivant les espèces, un seul tube pollinique ou plusieurs pénètrent jusqu’au nucelle, dont l’accès est facile ; et là, ils restent stationnaires pendant un temps variable, tout en gardant leur entière activité, tandis que l’ovule achève d’arriver à maturité pour devenir apte à être fécondé.

Ainsi, dans les Conifères qui mûrissent leurs fruits en un an, cet état stationnaire a une durée de quelques semaines à quelques mois, tandis qu’elle est d’une année pour ceux qui, comme le Genévrier, le Pin sylvestre, emploient deux ans à mûrir leurs fruits.

Évolution do L’ovule fécondé subit bientôt des cloisonnements formant ’ovuie féconde, plusieurs étages superposés de cellules. Le corps qui en résulte porte le nom de pré-embryon. Bientôt, en effet, sa petite masse va se diviser en deux parties distinctes, dont la supérieure constituera le suspenseur, tandis que l’inférieure sera V embryon proprement dit (fig. 128, 1, d).

Ce dernier en se développant allonge sa tigelle, autour de laquelle se voient souvent plus de deux et parfois un grand nombre de cotylédons (3 à 14), disposés en un seul verticille (fig. 135).

Chaque corpuscule devenant embryon, il en résulte qu’un même nucelle donne naissance à plusieurs embryons ; mais, comme dans les autres plantes phanérogrames, il ne se produit, en réalité, qu’un seul embryon susceptible de setransformer en graine, les autres s’atrophiant à un moment donné et servant à la nourriture de celui qui prend le dessus. L’endosperme contribue aussi au développement de ce dernier, qui, d’ailleurs, n’absorbe jamais complètement cette réserve

hybrides; métis 201

nutritive, dont il reste toujours une notable portion dans la graine arrivée à sa maturité.

Modifications des autres parties de l’ovule. — Tandis que les parties profondes de l’ovule subissent les changements considérables qui ont été décrits, les parties extérieures se modifient également.

Des deux enveloppes de l’ovule (primine et secondine), l’interne se résorbe, et l’externe seule persiste, pour devenir le tégument de la graine. Quand au funicule et au hile de l’ovule, ils deviennent le funicule elle hile de la graine.

Mais ces organes extérieurs et même certaines parties de la graine deviennent parfois le point de départ de productions singulières, d’excroissances, que l’on désigne sous le nom d 'arilles.

Leurs dimensions sont très variables; elles peuvent consister en une simple caroncule, comme dans le Ricin, ou acquérir un développement énorme, de façon k recouvrir entièrement la graine, comme cela a lieu pour la Muscade, où l’arille, connu sous le nom de macis , a la forme de longues bandelettes charnues de couleur jaune rougeâtre.

Hybrides ; Métis. — On a vu plus haut, au sujet de la pollinisation, autrement dit, de la mise en contact du pollen avec le pistil, le rôle joué par les courants atmosphériques, les insectes, parfois même les oiseaux. On conçoit facilement que ces mêmes causes déterminent le transport du pollen de certaines fleurs sur d’autres d’espèce différente.

Et alors, de deux choses l’une, ou bien il ne se produira pas de fécondation, et telle est la règle dans la majorité des cas; ou bien il y aura fécondation, comme cela se rencontre

Fig. 130. — A, ariilc de la Muscade, découpé en bandelettes; B, arille en forme de caroncule, de la graine du Ricin.

Arille.

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Métis.

quand les deux espèces sont, par leurs caractères, voisines l’une de l’autre et appartiennent à un même genre.

Les graines qui en résultent produisent ce qu’on appelle des hybrides.

Si la fécondation peut se produire entre fleurs d’espèces différentes, à plus forte raison peut-elle s’accomplir entre les diverses variétés d’une même espèce ; on réserve plutôt le nom de métis aux individus obtenus par cette sorte de croisement.

Les horticulteurs, en imitant les procédés tout à fait fortuits de la nature, ont obtenu de la sorte un nombre infini de variétés. Malheureusement, elles ne donnent que rarement des graines, les hybrides, du moins, et il est nécessaire pour leur conserver leurs caractères, de les multiplier par greffe, boutures ou marcottes.

Les plus belles fleurs de nos jardins sont obtenues par les procédés qui viennent d’être indiqués; ainsi les Roses, les Jacinthes, les Pensées, les Tulipes, en sont des exemples bien connus. L’hybridation a, en effet, pour résultat, de donner des fleurs plus belles, mieux nuancées, plus hâtives, en même temps que la tige et les feuilles sont plus développées et que la plante est plus rustique.

Les variétés obtenues par hybridation ou métissage tiennent à la fois de l’un et de l’autre parents, non pas que les caractères des deux soient pour ainsi dire fondus ; ils sont plutôt juxtaposés,- de façon que l’on peut distinguer tant ce qui appartient à l’un, que ce qui revient à l’autre.

Une conséquence de cette disposition, c’est qu’à un moment donné, surtout si on apporte quelque négligence dans la culture de ces variétés, il y a retour vers l’un ou l’autre des producteurs, les caractères de l’un d’eux prenant le dessus, tandis que ceux de l’autre disparaissent complètement. Il y a là comme une barrière posée par la nature pour empêcher la variation indéfinie, une sorte de force qui oblige la plante à revenir au type spécifique.

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