‹ BotaniqueChapitre 77 sur 107 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Fruit et Graine.

Origine et parties constitutives du Fruit; Loges et cloisons. Parties accessoires du Fruit. Déhiscence. Classification des fruits. — Constitution et structure de la Graine. Dissémination des fruits et des graines.

Origine et parties constitutives du Fruit. — Comme il a été dit au chapitre précédent, page 195, le fruit n’est autre chose que l’ovaire lui-même, qui subit d’importantes modifications après la fécondation de l’ovule, lequel, de son côté, se transforme en graine .

Dans l'étude du fruit, nous devons considérer successivement le péricarpe, qui dérive de la paroi de l’ovaire ; les loges et les cloisons qu’il présente ; le mode de déhiscence, quand celle-ci a lieu ; enfin, les différentes sortes de fruits ou leur classification.

Péricarpe. — Le péricarpe n’étant autre chose que la paroi de l’ovaire, nous en connaîtrions déjà la structure, s’il n’y survenait pas de modifications pendant la période de la maturation ; mais Y épiderme extérieur ou épicarpe, le parenchyme intermédiaire ou sarcocarpe et Y épiderme interne ou endocarpe peuvent être le siège de changements importants, sur lesquels nous allons jeter un coup d’œil en prenant pour types un fruit sec, la noisette, et un fruit charnu, la pêche.

Dans le premier cas, le péricarpe, formé des deux épidermes interne et externe et du parenchyme intermédiaire confondus entre eux, devient une masse dure, résistante, par suite de l’épaississement des parois des cellules constitutives,

204 FRUIT ET GRAINE

qui s’incrustent de matière ligneuse, en même temps que leur cavité se rétrécit beaucoup; le péricarpe n’est autre chose, par conséquent, que la coquille du fruit.

Dans le second cas, les parties du péricarpe restent plus

distinctes : l’épiderme extérieur s’épaissit, devient duveteux et constitue ce qu’on appelle la peau du fruit ; le parenchyme prend un énorme accroissement, par suite de la multiplication et de l’agrandissement de ses cellules primitives, dont les parois restent fort minces et se remplissent de sucs savoureux. Quant aux vaisseaux qui parcouraient les parois de l’ovaire, on les retrouve disséminés comme de très fins filaments au milieu de la pulpe du fruit.

Ajoutons que, tandis que ces modifications anatomiques s’opèrent dans les tissus du fruit, il s’en passe d’autres de nature chimique ; c’était d’abord de la fécule, du tannin, des acides, qui se trouvaient accumulés dans les cellules, et le fruit avant la maturité était fade et âcre ; mais par suite de la transformation de ces substances en glycose, le fruit est devenu doux et savoureux.

Quant aux couches les plus internes du parenchyme de la Pêche, jointes à l’épiderme interne, elles ont subi une toute autre modification. Elles ont pris, en effet, une consistance remarquable, leurs cellules ont épaissi leurs parois par accumulation de matière ligneuse et rétréci leur cavité pour former un tissu dont la dureté égale celle de la pierre, et qui a reçu le nom de noyau. C’est une modification analogue, qui se produit partiellement dans plusieurs espèces de poires, où l’on voit certaines cellules, par suite de l’épaississement et de l’incrustation de leurs parois, acquérir la dureté delà pierre, d’où le nom de poires pierreuses, qu’on leur donne.

Fig. 131. — Fruit a péricarpe charnu (Pêche) ; a, épiderme; é, parenchyme ou sarcocarpe ; c, endocarpe ou noyau ; d, raphé ; e, tégument de la graine; f, embryon.

Page 1