PARTIES ACCESSOIRES DU FRUIT
Loges et Cloisons. — La disposition des loges que présente l’intérieur des fruits, et celle des cloisons qui limitent les premières, rappellent le plus souvent la disposition qu’ elles offraient dans l’ovaire ; mais il y a d’assez nombreuses exceptions, le nombre des loges pouvant diminuer par avortement de certains carpelles. C’est ainsi que, tandis que l’ovaire du Noisetier a deux loges, celui du Chêne, trois, et celui du Châtaignier, six, le fruit de tous ces arbres n’en a qu’une, est uniloculaire.
Il peut se faire, d’autres fois, que, par suite de la formation de cloisons surnuméraires, le nombre des loges se trouve augmenté.
Nous retrouvons dans les loges du fruit les 'placentas , avec la situation qu’ils occupaient dans l’ovaire, mais ayant souvent acquis un volume beaucoup plus considérable, au point qu’ils remplissent parfois toute la cavité de l’ovaire et forment une masse dans laquelle les graines sont enfoncées.
Parties accessoires du fruit. — Il arrive assez souvent que le pistil n’est pas la seule partie de la fleur qui prenne de l’accroissement après la fécondation. Le calice, comme on l’a déjà dit, est assez souvent dans ce cas, et forme autour du fruit une enveloppe plus ou moins complète, sèche ou charnue; le Groseiller du Gap [Physalis) offre un exemple bien connu de la première transformation ; dans le Mûrier en arbre, il se gorge de sucs savoureux et englobe chacun des nombreux petits fruits dont l’ensemble constitue la mûre. D’autres fois, c’est l’espèce de coupe formée par la base du caliçe et de la corolle réunis, comme on le voit dans le cas des ovaires infères, le Rosier, par exemple, qui devient accrescente et charnue.
Enfin, le réceptacle lui-même peut en se développant considérablement contribuer à augmenter le volume et la saveur du fruit ; ainsi dans le Fraisier, c’est lui qui forme ce cône allongé autour duquel sont disposés les petits fruits nombreux dont l’ensemble constitue la Fraise ; dans le Figuier, le réceptacle profondément concave porte dans sa
FRUIT ET GRAINE
Différents
modes
de déhiscence.
cavité une multitude de petits fruits secs, et c’est lui-même, qui se gonflant de sucs savoureux, fait de la Figue le fruit excellent que l’on connaît.
Déhiscence des fruits. — Arrivés à leur maturité, les fruits d’un grand nombre d’espèces s’ouvrent pour laisser échapper leurs graines, mais, le mode de déhiscence est très variable. D’autre part, un grand nombre de fruits ne sont pas déhiscents; il en est ainsi pour la plupart, de ceux qui sont charnus, comme la poire, la pomme, la pêche, et aussi de ceux qui sont secs et renferment une seule graine, comme le blé, l’orge, le seigle, etc.
La déhiscence peut se faire au moyen de pores (Pavot), par fente transversale (Mouron) ; mais, dans la règle, elle a lieu par fente longitudinale. Les parties de l’enveloppe du fruit, séparées par suite de la déhiscence, portent le nom de valves.
Cette déhiscence se fait parfois très brusquement, avec une grande force, de façon à projeter les semences au loin ; la Balsamine en offre un exemple des plus connus. Dans ce cas, elle est due à la présence d’une couche de cellules aplaties, à contours variables, qui traversent le péricarpe dans toute son épaisseur et qui, lorsqu’elles viennent à perdre une certaine quantité d’eau, se resserrent, reviennent sur elles-mêmes et déterminent la fente du péricarpe dans toute sa longueur.
Les différents modes de déhiscence, qui servent à caractériser les diverses sortes de fruits, seront exposés dans la classification ci-dessous ; nous allons seulement définir ici trois grands modes de déhiscence, que l’on observe dans les fruits résultant de la réunion de plusieurs carpelles soudés entre eux.
Dans de semblables fruits, on doit d’abord distinguer des sutures ventrales , formées par l’accolement des bords de chaque feuille carpellaire repliée, et qui occupent le centre du fruit; des sutures dorsales9 répondant à la nervure moyenne de chaque feuille carpellaire et situées à la partie extérieure; des sutures pariétales , formant, à la surface du fruit, des lignes enfoncées là où s’arrête l’accolement de deux