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DISSÉMINATION DES FRUITS ET DES GRAINES

tournoyer au vent, nous en offrent des exemples bien connus.

Un autre ordre de causes de dissémination réside, non le-* <

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plus dans les courants aériens, mais dans les cours d’eau, qui transportent à des distances parfois considérables cer-

Fig. 133. — Organes de dissémination; à gauche, un fruit de Graminée ( Pennise lum) ; à droite, une graine de Pissenlit.

tains fruits ou graines, lesquels peuvent résister, souvent pendant bien des jours, sans altération, à l’action de l’eau, et être conduits au loin par les courants marins ou les fleuves.

Les animaux, surtout, constituent une cause active de les animaux l’extension géographique des plantes. Ainsi, un certain nombre de fruits, qui ont leur surface hérissée d’aspérités leur permettant de s’accrocher aux poils et surtout à la laine des animaux, se trouvent fortuitement transportés d’un pays dans l’autre, en même temps que les toisons de ces animaux auxquels ils se sont fixés. C’est ainsi que jadis à Port-Juvénal, près de Montpellier, et aujourd’hui aux environs du port de Marseille, par suite de grands arrivages de laines de différents pays, on a pu observer l’existence d’une flore toute particulière et très changeante suivant les temps, laquelle a pour origine la cause qui vient d’être signalée.

D’autre part, différents animaux, des oiseaux surtout, transportent avec leur bec les fruits ou les graines de cer-

FRUIT ET GRAINE

l'homme.

taines plantes et les laissent tomber çà et là ; c’est ainsi qu’une plante parasite bien connue, le Gui, passe d’un arbre à l’autre ; ou bien, ces animaux mangent les fruits, dont les noyaux résistants traversent leur tube digestif sans que l’amande en soit altérée. On explique par ce moyen de dissémination l’existence de ces végétations nombreuses qui couronnent le sommet des vieux monuments même les plus élevés. C’est en grande partie à cette cause que l’on doit attribuer la richesse de la flore que l’on est surpris d’observer à Rome, sur les ruines du Colisée, et qui ne comprend pas moins de 260 espèces.

Enfin, l’homme lui-même est de tous l’agent le plus actif de la dissémination des plantes, soit volontairement, soit d’une façon fortuite. Ainsi, les migrations des peruples, les déplacements de tribus nomades ont constamment pour conséquence l’apparition d’espèces végétales dans des lieux où elles étaient complètement inconnues auparavant. La Pomme-épineuse (Datura stramonium ), par exemple, qui est commune au bord des chemins, dans beaucoup de parties de notre pays, nous a été apportée de l’Inde par les Bohémiens. Le séjour des Russes et des Cosaques en France, en 1815, a été suivi de l’apparition de végétaux qui ne croissaient auparavant que sur les bords du Don. Le célèbre voyageur Auguste .Saint-Hilaire rapporte que nombre de nos plantes indigènes se sont naturalisées au Brésil, par suite des rapports commerciaux que nous avons eus avec ce pays ; citons, entre autres, la Violette, la Bourrache, le Fenouil, plusieurs Géraniums, l’Avoine, des Mauves, etc. Le Chardon-Marie, si connu chez nous, abonde dans les plaines du Rio de la Plata et de l’Uruguay.

D’autres plantes, enfin, sont importées avec intention formelle en raison des avantages que l’on peut retirer de leur culture au point de vue industriel ou alimentaire ; citons entre autres, comme l’une des plus célèbres, le Caféier, originaire de l’Arabie et qui, transporté aux Antilles, il y a un peu moins de deux siècles, fournit presque tout le café consommé en Europe.

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