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PHÉNOMÈNES MORPHOLOGIQUES DE LA GERMINATION

maintenus à l’abri de l’humidité, n’ont germé que quand on les a mises au contact de l’eau. Des graines placées dans une terre bien sèche sont incapables de germer, bien que la température soit suffisamment élévée.

L 'oxygène, enfin, doit être fourni aux semences en suffisante quantité, sous peine de ne pas les voir se développer. Ainsi, plongées dans un vase hermétiquement clos, renfermant de l’acide carbonique ou del’azote,avec un peu d’eau, et en présence d’une température convenable, elles ne germent pas ; mais remplace-t-on ces gaz par de l’air, elles se mettent bientôt à lever. De même, si on place des graines dans de l’eau privée d’oxygène par la distillation ou l’ébullition, elles n’éprouvent aucun changement. Si l’air ou l’oxygène se trouve à une pression considérable, 5 à 6 atmosphères, la germination ne se fait pas davantage. Il en est de même si l’on met les graines en contact avec des vapeurs anesthésiques, telles que celles du chloroforme ou de l’éther.

On a remarqué que le chlore, le brome, l’iode favorisent la germination des graines même très vieilles ou en partie altérées.Cerésultat paraît dépendre du dégagement, sous l’action de ces agents chimiques, d’une certaine quantité d’oxygène naissant, dû aune décomposition de l’eau du sol.

Enfin, comme circonstances secondaires, on doit ajouter que la lumière et surtout 1 "électricité paraissent favoriser notablement la germination.

Phénomènes morphologiques de la germination. — On peut établir, comme règle, quatre phases dans la germination de la graine ou la transformation de l’embryon en plantule. (Voy. fig. 135.)

La radicule s’allonge et sort au niveau du micropyle, en produisant une déchirure des tissus de l’enveloppe ramollis et distendus par le gonflement de l’amande. Elle se recourbe aussitôt vers le sol ( A , B), en vertu de la force connue sous le nom de géotropisme (1). (Voy. ch. xiv, p. 250.)

(1) Tri, terre, Tpsiteiv, tourner ; c’est-à-dire qui se dirige vers la terre.

GERMINATION

Peu après, la tigelle s’allonge à son tour en se dressant verticalement en haut, dans la prolongation de l’axe de la racine ; elle entraîne dans son mouvement les cotylédons, qui la surmontent, d’où son nom de tige hypocotylée (fig. 135, hc).

Ensuite, les cotylédons se gonflent de plus en plus, de façon à faire éclater les enveloppes d,e la graine ; ils s’écartent l’un de l’autre et s’épanouissent en constituant les deux premières feuilles vertes de la plante, appelées feuilles séminales (fig. 134, b).

Plus tard, enfin, l’extrémité de la tige ou cône végétatif, nu ou enveloppé de la gemmule ou bourgeon terminal (rf), s’élève au-dessus des cotylédons, pour former la tige épicotylée (fig. 134, s).

Il y a de nombreuses exceptions à cette marche classique du développement de la plantule ; ainsi, les cotylédons, au lieu de s’épanouir dans l’atmosphère sous forme de feuilles vertes, restent souvent enfouis dans le sol, et après le développement de la radicule, la gemmule seule s’élève au-dessus de la terre, en se faisant jour par l’orifice de sortie de la radicule. Quand les cotylédons restent ainsi cachés, on les dit hypogés , tandis que dans le premier cas, ils méritent le nom d'épigês.

Phénomènes chimiques de la germination. — Pendant sa germination, la plantule absorbe de X oxygéné, dégage de V acide carbonique et émet de la vapeur d'eau ; en même

Fig. 134. — Germination du Haricot ; I, la graine entière; a/;, ligne suivant laquelle elle est coupée pour en montrer la structure, comme on la voit en II ; c, c, les cotylédons ; e , embryon ; f, tégument séminal ; III, la plantule ; c,c, cotylédons ; s, la jeune tige ; d, cône végétatif ; b , feuilles séminales ; w, racines.

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