FORMES ALTERNANTES CHEZ LES CHAMPIGNONS
naissance à la 'plante définitive, destinée, comme il vient d’être dit, à porter des spores asexuées .
Reproduction des Rhizocarpées et Lycopodiacées. — Les Rhizocarpées , qui sont de toutes petites plantes aquatiques de nos étangs, offrent un cycle de développement analogue à celui des Fougères. On trouve, par exemple, chez les Pilularia , à faisselle des feuilles, de petits corps arrondis ou fruits sporifères, renfermant deux sortes de corps reproducteurs : les uns, moins nombreux, et formés de grosses cellules, sont les macrospores ; les autres, bien plus petits et plus nombreux sont les microspores. Celles-ci, en se divisant, forment un prothalle mâle de très faible dimension, qui donnera naissance à des anthérozoïdes sous forme de filaments quatre ou cinq fois enroulés sur eux-mêmes. De même, les macrospores se développent chacune en un prothalle femelle ou archégone , qui renferme une
oosphère , laquelle, fécondée, deviendra l'embryon de la plante définitive.
Les Lycopodiacées, enfin, qui rappellent les Mousses, par leur aspect et leur fraîcheur mais avec des dimensions un peu plus grandes, ont un mode de développement qui a beaucoup d’analogie avec celui des groupes précédents.
Formes alternantes chez les Champignons. — Comme dernier exemple de formes alternantes, nous citerons les phénomènes extrêmement remarquables offerts par certains Champignons inférieurs, qui vivent en parasites sur d’autres plantes, et dans lesquels la reproduction sexuée ne se montre pas, mais où l’on rencontre seulement plusieurs
Fig. 153. — Prothalle et plantulc de Fougère ( Adiantum capillus Veneris) ; p, prothalle ; h, poils absorbants; b, première feuille de la plantule définitive; w\ w\ ses racines.
FORMES ALTERNANTES
formations successives de spores par voie asexuée. Tantôt, les différentes formes qu’ils présentent dans le cours de leur évolution se produisent sur la même espèce végétale, et tantôt, sur autant d’hôtes d’espèce différente.
Ainsi la famille des Mucédinées est tout entière formée d’espèces qui offrent de semblables particularités. Examinons le développement de l’une d’elles, la Puccinie du Blé (Puccinia graminis); vulgairement appelée la rouille du Blé, en raison de la couleur jaune des taches sous lesquelles elle se montre.
En été, si l’on examine la tige et les feuilles du Blé atteint de cette maladie, on voit, sous leur épiderme, de nombreux filaments serrés, perpendiculaires à leur surface et terminés chacun par une spore ovoïde, formant des bourrelets rougeâtres parallèles aux nervures, et mis à nu par la déchirure de cet épiderme. Les spores, en se détachant, tombent sur les plantes voisines ou sur d’autres parties de la même plante et germent en quelques heures, sous forme de tubes qui pénètrent par les orifices des stomates et se ramifient dans les espaces intercellulaires des tissus. Au bout de quelques jours, apparition de nouvelles spores comme celles qui viennent d’être décrites et répétition des mêmes phénomènes pendant tout l’été, où la rouille orangée , comme l’appellent les cultivateurs, gagne de proche en proche les plantes voisines. A l’automne, au lieu des spores précédentes, il s’en produit d’une forme différente, plus allongées et divisées en deux par une cloison, avec une membrane enveloppante plus épaisse et de couleur brune; c’est la rouille noire des cultivateurs. Ces spores restent inertes pendant tout l’hiver ; mais au printemps, les deux cellules constituantes de la spore germent et poussent des filaments qui portent bientôt des spores nouvelles ou sporidies, lesquelles enlevées par le vent sont disséminées sur les plantes voisines. Mais il n’y a alors à se développer que celles qui tombent sur une espèce unique, à savoir, l’Épinevinette (Berberis vulgaris). Elles enfoncent des filaments à travers le parenchyme des feuilles ; au bout de quelques jours, ces filaments portent des spores de deux sortes, les