Ibid., t. III, p
BOTTICELLl C.3
comment, deux ans plus tard, ces peintures furent effacées à la demande de Sixte IV ; elles étaient, paraît-il, fort remarquables. Vasari parle de l'art avec lequel étaient représentés « ces personnages, portraiturés au naturel et suspendus en d'étranges attitudes^ ».
L'événement de 1478 devait avoir d'autres conséquences encore pour Botticelli. Florence se trouvait maintenant en guerre avec le pape, avec le roi de Naples; excommuniée, elle était au ban de l'Italie. Dans ces circonstances, Laurent de Médicis avait trop d'autres soucis en tête pour avoir le loisir de protéger les arts. Pendant deux ans, Botticelli ne reçut aucune commande de son puissant protecteur : il revint alors à la peinture religieuse et recommença à peindre des Madones. De ce moment date probablement la petite Madone de la galerie Poldi Pezzoli, à Milan, œuvre délicate, traitée avec ce soin minutieux de l'exécution qui caractérise les œuvres de cette période, et où l'attitude et le type de la Vierge présentent une étroite parenté avec la Vierge du Magixijîcat ; on y retrouve, en outre, ces recherches sentimentales dont la Madone Chigi offrait le témoignage et qui reparaissent ici dans les jeux de l'Enfant divin, maniant innocemment les instruments de sa Passion future. Mais de ce temps date surtout une des plus belles œuvres religieuses de Botticelli, la Vierge du Magnijîcat.
Miintz a signalé l'analogie, en effet assez frap-