‹ BotticelliChapitre 18 sur 42 · I. Bertaux, Rome, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Bertaux, Rome, t. II, p

BOTTICELLI 8i

détail de la Purification du lépreux prouve avec quelle attention le peintre avait regardé les statues païennes. L'enfant chargé de raisins, autour de la jambe duquel s'enroule un serpent, rappelle de façon frappante, par son attitude et sa mine épeurée, la figurine en marbre du musée du Capitole, représentant une petite fille se défendant contre un serpent. Nous retrouverons plus tard, chez Botticelli, plus d'une figure inspirée de même de quelque statue antique ; et dès cette époque on rencontre une preuve de l'impression profonde que fit sur son âme mobile le milieu romain dans le tableau de l'Adoration des Mages, conservé aujourd'hui à Saint- Pétersbourg. Les piliers antiques qui soutiennent le toit de l'étable, la ligne ruinée des aqueducs qui occupe la gauche de la composition, les chevaux piaffant sur la droite qui rappellent les colosses célèbres de Monte-Cavallo, et les chênes au léger feuillage, pareils à ceux des fresques de la Sixtine, où s'évoque le souvenir de l'arbre héraldique des délia Rovere, tout permet de rapporter cette peinture au séjour de Sandro dans la Ville Éternelle. On y voit le plaisir qu'avait pris le peintre à cette révélation plus directe et plus complète de l'antiquité, et tout ce que, à ce contact fécond, il devait puiser d'enseignements et d'inspirations pour le développement ultérieur de son génie.

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