Ibid., I, str
par Zéphyre, et qui laisse, au contact du dieu, échapper de sa bouche une branche toute chargée d'anémones et de roses. De même, c'est un passage du Traité de la peinture d'Alberti qui lui a inspiré le groupe des Trois Grâces. « On aurait plaisir aussi, lit-on dans ce livre que Botticelli connut bien, à voir ces troissœurs, qu'Hésiode appelle Aglaé, Euphrosyne et Thalie, telles qu'on les a peintes Jadis, se tenant l'une l'autre par la main, souriantes, vêtues de robes déliées et transparentes * » (PI. p. 97). Mais si l'on arrive à démêler sans peine les sources où a puisé l'imagination de Botticelli, ce qu'il faut lui laisser en propre, c'est l'art exquis et raffiné avec lequel il a mis en scène cette délicieuse féerie. Certes, ici encore, dans la ligne onduleuse de ces longs corps de femmes, dans la grâce souple des mouvements, dans l'élégance des étoffes légères collant au corps ou flottant au vent, dans le traitement des chevelures blondes que rehaussent des touches d'or, le peintre ne faisait que se conformer au modèle idéal que lui proposait l'ouvrage d'Alberti ; mais il apportait dans son interprétation une grâce de dessin, une fraîcheur d'imagination, un charme de poésie incomparables ; et surtout, aux fragiles visages de ses femmes il donnait une expression de mystère, quelque chose de l'énigmatique sourire qu'aima aussi Léonard de Vinci.
Et peut-être ce mystère même, dont s'enveloppe le Printemps, ajoute-t-il un attrait de plus à l'œuvre.