‹ BotticelliChapitre 29 sur 42 · I. Vasari, t. IIL, p. Sip-Sio · texte numérisé non relu

I. Vasari, t. IIL, p. Sip-Sio

La Madone a la grenade (entre 1485 et 1490). Musée des Offices, Florence.

di Francesco Filippi, d'autres encore, tous nés entre 1462 et 1469, ce qui semble bien reporter au moment où le peintre revint de Rome la grande vogue de son atelier. On peut également nommer, parmi ses disciples, Bartolommeo di Giovanni, un ancien élève de Ghirlandajo, qui passa plus tard à la bottega rivale *, Jacopo del Sellaio, qui, après avoir été le camarade deSandro chez FilippoLippi, devint ensuite un de ses plus attentifs imitateurs -, et surtout l'artiste anonyme et remarquable que M. Berenson a désigné sous le nom de l'Ami de Sandro (Amico di Saîidro)^. Parmi eux, certains étaient des peintres d'un talent véritable, qui, tout en subissant l'influence de Botticelli et en reproduisant volontiers les motifs qu'il aimait, gardaient pourtant Jusque dans l'imitation du maître quelque chose de leur personnalité propre. Tel est, par exemple, l'auteur inconnu de la jolie Madone du Louvre, qui rappelle si curieusement la manière de Filippo Lippi et qui peut-être fut inspirée par quelque dessin de la jeunesse de Sandro. Tel est particulièrement cet A}7îi de Sandro, auquel M. Berenson a restitué quelques-unes de ces œuvres discutées, longtemps attribuées à Botticelli, comme la Madone de Naples

1. Cf. Berenson, .4 /u>mo di Domenico (Burlington Maga- !(ine, 1903).

2. Cf. Mackowsky. Jacopo del Sellaio (Jahrb. d. K. preiiss. Kiinstsamml.^ 1899) et Mary Logan, Jacopo del Sellajo {Rev. Archéol., 1900).

3. Berenson, The studj^ and criticism of Italian art, t. I, p. 46-69.

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et la Madone de Santa Maria Nuova, et certains portraits, comme la Belle Simonetta du palais Pitti, le Julien de Médicis du musée de Bergame, ou la Catherme Sfor'{a du musée d'Altenbourg, auquel il fait honneur surtout de quelques créations tout à fait charmantes, telles que le Tobie et les aixhanges du musée de Turin et les panneaux de l'Histoire d'Esther^ partagés actuellement entre Chantilly et la galerie Lichtenstein de Vienne. Très finement, M. Berenson a défini les traits caractéristique de l'œuvre de ce peintre, mort jeune, à ce qu'on peut supposer, aux environs de 1485, et qui, tout en imitant volontiers la manière de Sandro, semble avoir eu l'inspiration moins profonde, une facilité un peu hâtive qui sent l'improvisation, et qui, en tout cas, se distingue nettement de Botticelli par les qualités très différentes de son coloris : artiste digne d'attention assurément, moins bien doué que le maître et plus superficiel, mais qui séduit par le charme de sa couleur, la vivacité primesautière de ses impressions, et qui, tout en imitant d'assez près son illustre contemporain, a su garder une personnalité distincte.

C'est à quoi justement ne réussirent guère tant d'autres disciples de Botticelli. La plupart d'entre eux se sont contentés de répéter, avec plus de négligence dans l'exécution et plus de dureté dans le dessin, les motifs favoris du maître, ses Madones plaintives, ses anges compatissants et graves ; ils lui ont emprunté la complication de ses draperies, la

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profusion des ornements et des fleurs qu'il aimait. De ces œuvres médiocres, dont l'âme est absente et qui, par l'exagération des attitudes alanguies et penchées, semblent parfois presque la caricature de l'art de Sandro, il ne vaut point la peine de dresser longuement la liste*. Du moins attestent-elles la vogue extraordinaire dont jouissaient alors les œuvres de Botticelli, et que prouve mieux encore l'empressement des artistes du temps à répéter tous les thèmes, antiques ou chrétiens, qu'il avait consacrés. Bartolommeo di Giovanni a peint ainsi la Bataille des Centaures et des Lapithes (collection Austen, à Horsmonden), VHistoire d'Io (à Langton, en Ecosse), le Mariage de Thétis et le Triomphe de Vénus (au Louvre) ; Jacopo del Sellaio a illustré de même VHistoire d'Orphée et d'Eurydice. D'autres ont fabriqué par douzaines des anges et des Madones, œuvres inégales, médiocres souvent, mais qui montrent, de même que les thèmes empruntés à la mythologie classique, tout ce que les délicieuses fictions et les mystiques conceptions de Botticelli offraient également d'attrait aux Florentins de son siècle, quelle étroite sympathie, intellectuelle et sentimentale, unissait le maître au milieu où il vécut.

I. Je note au hasard, comme des types de cette catégorie, la Madone de la galerie Borghèse à Rome, la Madone Canigiani à Vienne, la Madone Rac^ynski à Berlin, œuvre probable de Biagio Tucci, la Madonna del Passeggio au palais Pitti (n» 357), si excessive dans sa recherche de langueur, etc.

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Entre tant d'œuvres d'école, quelques-unes pourtant méritent de retenir davantage l'attention : ce sont celles où l'on peut entrevoir quelque trace d'une collaboration directe du maître. « Sandro, dit Vasari, dessinait extrêmement bien, et tant, que beaucoup d'artistes s'efforçaient d'avoir de ses dessins*. » Beaucoup d'œuvres botticelliennes s'inspirent visiblement de quelque esquisse ou de quelque croquis soigneusement recueilli. On en trouve un exemple très frappant dans l'allégorie de V Abondance, qui est à Chantilly, et dont l'auteur anonyme a combiné une figure de femme, empruntée à un beau dessin de Sandro, aujourd'hui au British Muséum, avec une figure d'enfant, qui vient de l'une des fresques de la Sixtine. De même, dans la belle Madone ai^ec sept anges, qui est au musée de Berlin, on reconnaît la touche du maître, et jusqu'au symbolisme qui lui est cher ; mais une autre main, visiblement, a traduit en peinture le thème créé par Botticelli.

Certains tableaux, enfin, semblent attester une collaboration plus intime encore. Il existe, on le sait, telles œuvres de l'artiste où il semble bien que quelqu'un de ses élèves ait travaillé avec lui : c'est le cas probablement de l'Annonciation, et aussi des panneaux qui représentent, d'après Boccace, l'histoire de Nastagio degli M. Onesti, et où Berenson croit reconnaître la main de Jacopo del Sellaio et de Bartolommeo di

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