I. Vasari, t. III, p
BOTTICELLI i33
Giovanni'. Pareillement, on rencontre plusieurs peintures d'atelier, où il paraît bien que Botticelli a exécuté lui-même certains morceaux plus ou moins importants. On peut ranger dans cette catégorie la jolie Madone de la collection Heseltine, où le parapet, fait d'un bas-relief antique qui occupe le fond du tableau, rappelle les sculptures qui décorent la Calomnie[et le Samt Augustiîi des Offices, où le type de la Vierge surtout offre une si étroite parenté avec la Madone Poldi Pei'ioli qu'on n'y peut guère méconnaître la main de Sandro, où l'ensemble enfin est d'un caractère très botticellien et d'une qualité sensiblement supérieure à la plupart des œuvres d'école que nous étudions. On peut mettre à côté de cette charmante peinture la Madone des roses, retrouvée en 1900 , qui orne aujourd'hui les appartements royaux au Palais Pitti, et où se marque nettement l'imitation de la Madone de r Ambrosienne . La part personnelle de Botticelli y semble, au reste, bien moindre que dans la Madoîie Heseltine; et j'en dirai volontiers autant de la Madone de Plaisance, récemment retrouvée, et qu'il est assez malaisé d'apprécier sous l'épaisse couche de vernis qui l'obscurcit, et enfin du petit tondo fleuri de roses sauvages que possède la National Gallery (n° 226).
Aussi bien, la plupart de ces ouvrages d'école, où
I. Ces panneaux, longtemps conservés en Angleterre dans la collection de M. Leyland, se trouvent aujourd'hui, trois à Paris, chez M. Spiridon, un en Angleterre.
i34 LES MAITRES DE L'ART
il est malaisé de déterminer exactement ce qui appartient à Botticelli, se ressemblent tous ou presque par un trait commun. Ils répètent ce qu'il y a de plus banal dans les œuvres authentiques du maître, de moins original dans son inspiration. Par leur tour de piété sentimentale et tendre, ils rappellent surtout la Madone de rA77ïbrosienne, où nous avons reconnu déjà une des créations les moins profondes de Sandro. Par leur application à imiter les procédés chers à l'artiste, ils exagèrent volontiers le maniérisme dont il n'était point exempt. Mais, quelle que soit l'inégalité de leur mérite, l'abondance même avec laquelle se sont produits ces tableaux de sainteté n'est point pour l'historien un fait sans importance. On attribue généralement la plupart de ces dévotes peintures à la période qui suit l'année 1490. C'était le temps o\i Savonarole réveillait dans les âmes florentines une ardeur mystique, une ferveur chrétienne longtemps oubliées, où, dans son éloquent langage, le pieux dominicain se plaisait à glorifier la Vierge maternelle et douloureuse. Comme jadis la mode était allée aux sujets antiques, maintenant elle allait aux peintures sacrées. Les élèves de Botticelli donnèrent ample satisfaction à ces aspirations nouvelles de leurs contemporains : et aussi bien le maître lui-même s'était, plus passionnément que tous, jeté dans les bras de Savonarole.
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