‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 101 sur 194 · C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE

goitreux né de la paroi d’un goitre kystique pénétrer par usure dansla lumière trachéale formant ainsi un faux goitre endo-trachéal, particularité beaucoup moins rare dans les cancers. Ces altérationstrachéales, outre la gène respiratoire dont elles sont cause, offrent surtout du danger après la trachéotomie. La trachée n’étaut plus soutenue par le tissu goitreux s’aflaisse dans l’inspiration, et ses })arois s'accolent.

La compression peut aussi atteindre le larynx. On l’a vu dejeté de

Fig 94. — Compression Fig. 95. — Degré e.\trême de comi)ression de la tra-

et déviation latérale de chée an niveau du rétrécissement: la trachée était

la trachée. ramollie et comme membraneuse. On voitau-des-

(D’après Diîmmk). sous une dilatation ampullaire (d’après Demsie).

coté, aplati, tordu sur la trachée; Wild, Houx, Woltler, Poncet ont signalé l’amincissement des cartilages.

La miicjiieiise trachéale ne reste pas indemne. Elle peut être envahie par un (cdème aigu qui l’épaissit et diminue le caliltre des voies aériennes au j)oiut de ])rovoquer la mort subite (Houx, Jaboulay}. Les troubles apjmrtés à la circulation veineuse trachéale jouent sans doute un rôle dans cet accident (Jaboulay).

Entin, chez les vieux goitreux atteints d’emphysème et de bronchite, on peut voir au-dessous du rétrécissement produit par les goitres une dilatation de la trachée se prolongeant d’ailleurs dans les poumons sous forme de dilatation bronchique.

Vaisseaux. — Le développement des lobes latéraux entraîne la compression du paquet vasculo-nerveux et son refoulement en dehors, au point que la carotide se trouve quelquefois sous la peau, en arrière du sterno-mastoïdien. La jugulaire et le pneumogastrique peuvent s’accoler intimement à la surface de la tumeur. Tout à fait exceptionnellement, lorsque le goitre est né dans la partie postérieure

GOITRES

d’un lobe, on a rencontré les vaisseaux rejetés en dedans (Poucet). Les artères thyroïdiennes sont également déplacées, la supérieure, superficielle à son origine, se retrouve toujours dans le voisinage de l’os hyoïde, puis elle contourne le pôle supérieur delà tumeur pour devenir profonde. Elle peut acquérir un volume considérable et égaler le diamètre de la carotide. L’inférieure est souvent atrophiée par compression; nous reviendrons à propos de la thyroïdectomie sur les rapports importants qu’elle affecte avec le récurrent.

Les veines capsulaires sont toujours plus ou moins dilatées et constituent un réseau formé principalement par l’origine des veines imæ fveines de l’isthme) qui, en raison de la compression suivie par les veines profondes, servent de dérivation pour le sang de la plus grande partie de la tumeur. Aussi leur volume est-il très considérable et le danger d’aspiration de l’air particulièrement à craindre lors de leur section. La compression delà jugulaire interne entraîne une dilatation du tronc thyro-linguo-facial susceptible de déterminer de l’œdème de la langue et de la face. La tension veineuse est encore augmentée du fait d’une insuffisance tricuspidienne due à la gêne respiratoire. Enfin les goitres rétro-claviculaires et endo-thoraciques peuvent déterminer la compression des troncs veineux brachiocéphaliques.

Nerfs. — Le laryngé supérieur et le laryngé externe, en contact avec la face profonde des lobes latéraux, adhèrent parfois à la capsule du goitre, mais c’est surtout le laryngé inférieur dont les altérations sont importantes à considérer en raison des fonctions capitales de ce nerf. L’adhérence du tronc nerveux à la capsule est fréquente, et consécutivement la sclérose peut l’atteindre. On est quelquefois obligé en extirpant un lobe volumineux de disséquer le nerf sur une grande longueur. Je me borne à signaler les adhérences ou les compressions exceptionnelles de l’hypoglosse et du spinal. Quant au sympathique il peut être tiraillé par ses anastomoses avec les nerfs laryngés, par ses filets cardiaques et surtout parcelles de ses branches qui accompagnent les artères thyroïdiennes.

L’œsophage échappe plus habituellement à la compression, cependant Wôlfler, dans un goitre ancien, dut se livrer à une dissection minutieuse de ce conduit dont les parois étaient adhérentes et amincies. Les formes circulaires et rétro-œsophagiennes peuvent aussi diminuer son calibre.

Symptômes. — Les phases de début du goitre passent en général inaperçues, c’est peu à peu, alors que la malade est obligée d’élargir ses cols qu’elle s’aperçoit dujgonflement ou qu’on le lui fait remarquer. Les signes fonctionnels sont en effet nuis d’ordinaire à ce moment, et ils n’apparaissent qu’avec l’accroissement déjà important de la tumeur. Certaines variétés toutefois, goitres constricteurs, goitres rétro-œsophagiens s’accompagnent de troubles précoces.

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