‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 104 sur 194 · C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE

Les difficullés deviennent grandes quand on se trouve en présence d’un goitre aberrant ou d’un goitre accessoire. Si une tuméfaction concomitante de la glande thyroïde proprement dite n’est pas là pour faire penser à l’affection thyroïdienne, on risque fort de s’égarer. On a pu croire ainsi à un rétrécissement de ta trachée ou même à de V asthme, alors qu’il s’agissait d’un goitre rétro-sternal.

Ouaid au diagnostic de ta nature anatomique du goitre, il faudra tenir compte non seulement des caractères physiques, mais aussi de l’âge du sujet, de l’ancienneté de la tumeur. Les goitres des jeunes sujets sont presque toujours des adénomes fœtaux ou des hypertrophies. Parmi les goitres anciens, ce sont les goitres colloïdes (adénomes gélatineux) qui forment ces volumineuses tumeurs en gibecière à surface régulière, de consistance pseudo-fluctuante et recouvertes d’une peau bien mobile et sans dilatation vasculaire. Les goitres fd^reux ont quelque chose de squirrheux dans leur dureté et dans leur adhérence intime à la trachée. Les kystes ne sont pas toujours faciles à distinguer des hypertrophies. A défaut de fluctuation distincte, la présence de bosselures d’égale tension aidera à faire reconnaître les kystes un j)eu volumineux. Quant au goitre vasculaire, la dilatation du réseau veineux, la consistance spongieuse, la réductibilité partielle, les pulsations, les frémissements et les souffles sont des phénomènes de toute évidence. 11 faudra cependant éviter de prendre pour un goitre pulsatile une tumeur qui ne recevrait que <les battements communicpiés.

Nous avons signalé la fréquence du goitre puerpéral, on saura éviter toutefois de prendre pour un goitre l’hypertrophie thyroïdienne physiologicpie, qui disparaît après l’accouchement.'

Le diagnostic avec le cancer présente les plus grandes difficultés (piand le néoplasme est à son début. Nous y reviendrons dans un antre chapitre. La maladie de Basedow sera également étudiée à part.

Enfin on tiendra compte des conditions nosologiques pour diagnosti(juer les goitres épidémuiues dont le pronostic est beaucoup plus favorable, car ils disparaissent facilement. Quant à prédire quelle sera l’évolution ultérieure d’un goitre sporadique ou endémique, en un mot porter un pronostic pour l’avenir, on ne saurait se baser sur aucun élément.

Traitement (1). — I. Médication iodée. — L’iode a été employé depuis longtemps contre les goitres. On prescrivait empiriquement

(1) Lanz, Zur Schilddrusenfrage (Snmmluncf klinischer VorlrUge, 1894, n® 98). — IIertoghk, De l’influence des produits thyroïdiens sur la croissance (Bull. Acad, de Belcfique, 1895, n” 9). — F. Heinsheimer, Entwicklung und jetsiger Stand der Schilddrüsenbehandlung [Miinch. med. Ahhnndlungen. Anal, in Centralhl. für Chir., 1895, n° 11, p. 245). — Baumann, Ueber die Virksamkheit des Thyrojodins (Munch. med. Woch., 1896, n° 14). — Ueber das normale Vorkommen des Jods im Thierkorper. Der Jodgehalt der Schilddrüsen von Menschen und Thieren (Zeitschr.

GOITRES

l’éponge calcinée, sans savoir qu’elle devait ses propriétés aux iodures qui s'y trouvent. C’est Coindet de Genève qui fit cette démonstration en 18*20. Dès lors on a administré la teinture d’iode, 1 à (3 grammes, l’iodure de potassium 5 centigr. à 2 grammes, l’iodoforme 10 à 20 centigr. Nous avons employé avec succès l’iodure d’amidon 1 gramme. Ce traitement ne doit pas être continué au delà d’un ou deux mois; il faut d’ailleurs le surveiller, car on l’a vu déterminer des phénomènes d’iodisme, accidents attribués par certains auteurs non pas à l’iode, mais à la mise en liberté des toxines thyroïdiennes (Mayor, Gautier). On peut espérer quelque efficacité de l’iode sur les goitres récents et mous, les hypertrophies des jeunes gens, les poussées congestives que l’on observe au moment de la menstruation et de l’accouchement.

II. Médication thyroïdienne. — Dejiuis peu, l’opothérajiie thyroïdienne a été appliquée aux goitres. Bien que son efficacité ne soit pas encore complètement établie, le principe nouveau de cette médication, les applications nombreuses qu’elle peut recevoir en pathologie nous obligent à en dire ici quelques mots (1

Le traitement thyroïdien, comme nous le verrons })lus loin, a d’abord été employé contre le myxœdème avec un succès éclatant. Delà à l’expérimenter contre les goitres, il n’y avait qu’un pas. Le goitre en etfet sous son apparence hypertrophique ne cache-t-il pas une véritable atrophie de l’élément glandulaire? Certaines de ces tumeurs ne sont-elles pas, comme le dit\'an den Corput, un myxœdème du corps thyroïde lui-même ? Toutefois, les résultats, quelque encourageants qu’ils paraissent, sont loin d’être aussi satisfaisants que dans le myxœdème. A côté d’un certain nombre de faits tels (jue ceux de Séné, Marie, Sabrazès et Cabannes, oii une diminution considérable ou même une disparition complète de la tumeur ont été obtenues, il faut citer les conclusions de Bruns (1) qui a expérimenté

für physiol. Chemie, Bd, XXII, p. 1). — O. Lanz, Beitrage zur Schilddrüsenfrage [Mitiheilungen ans kliniken und med. Instituten der Schweiz, B. III, S. Heft S. An. in Centralhl. fin' Cîiir., 1896, n° 30, p. 719. — Lépine, La thyroïodine {Sem. méd., 19 août 1896, n° 42, p, 333). — G. Buschan, Ueber Myxoedem und verwandte Zustande. Zugleich ein Beitrage zur Schilddrüsenpathologie und Scliilddrüsentherapie (Anal, in Centralhl. für Chir., 1896, n° 47, p. 1113). — Revili.ou, Thyroïdisme et Thyroprotéisme {Revue méd. de la Suisse romande, t. X'S^, n“ 8, p. 413), — Catii.lox, Des pi’éparations thyroïdiennes {Merc. méd., 1895, p. 586). — Baumaxx et Goi.dmax, Ist das lodothyinn (Thyrojodin) der lebenwichtige Bestandtheile der Schilddrüse {Munch. med. Woch., 24 nov. 1896). — Castagxoi., Étude Iiistorique et bibliographique sur la médication thyroïdienne, thèse de Pai’is, 1896. n« 250. — G. Treui’el, Stodwechseluntei’suchung bei einem mit lodothyràn bchandelten Falle von Myxoedem und Mittheilung einiger Tliierversuche mit lodothyrin {Munch. med. Woch., 22 septembre 1896', — Lépine, De la médication thyi’oïdienne {Sem. méd., 1896, n° 8, p. 57). — J.-L. Faure, Étude sur le rôle du coi’ps thyroïde en thérapeutique [Gaz. des hôp., J 896, n» 11, p. 905).

(1) Bruns, Beobachtungen u. Untersuchungen über die Schildi’üsener Behandlung des Kropfes {Beitrage zur klin. Chir., Bd. XVI, lift 2). et Corresp. bl. für Schweizer Aerzte, 15 mars 1895, n® 6, p. 191.

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