‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 109 sur 194 · C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE

d’autres ont un contenu d'une telle mollesse qu’il est préférable de les évider de la coque conjonctive qui les enveloppe ; il en est enfin d’assez mal circonscrites que l’on sent, mais qui n’ont pas de zone limite, le doigt fouille pour les extraire en plein tissu glandulaire.

Enucléation massive. — Lorsque la glande est bourrelée de nodosités, on répète l’énucléation autant de fois qu’il est nécessaire pour réduire rensemble de la tumeur à des proportions normales. Dans les cas où leur grand nombre, leur fusion, la multiplicité des petits kystes rend cette manière de faire impossible, Poucet a insisté sur l’utilité de fénucléation massive, c'est-à-dire de la décortication souscapsulaire de toute la masse altérée. On sépare de la capsule avec les doigts toute la partie à enlever, parfois c'est un lobe entier, en restant toujours en dedans de celle-ci ou du moins en ne passant en dehors d'elle que dans les points où son adhérence ne permet pas d’agw' autrement. Il persiste ainsi une certaine (|uantité de tissu thyroïdien à la face profonde de la capsule, et on évite la dissociation des espaces cellulaires péri-thyroïdiens. A la place de la masse extirpée reste une cavité dont les parois donnent du sang en assez grande abondance et que quehjues ligatures au catgut sur les points les plus vasculaires ne suffisent pas toujours à assécher. C’est alors (pi'une suture hémostatique au catgut jetée en surjet sur les deux parois opposées de la cavité rendra service. Comme on ne peut supprimer absolument tout suintement, le drainage reste une sage précaution.

Péan applique avec succès à l'extirpation des goitres sa méthode du morcellement : la tumeur est enlevée par fragments du centre à la circonférence, chacjue portion qu’on enlève étant au préalable circonscrite par une ou plusieurs pinces courbes dentées qui assurent l'hémostase. Ce procédé est à rapprocher des énucléations intraglandulaires (1).

A quelle méthode faut-il donner la préférence ? extirpation partielle extra-capsulaire ou énucléation inlra-glandulaire. Lorsqu’il s'agit d’un goitre alfectant un lobe seulement, régulier, sans adhérence, l’extirpation extra-capsulaire est. à notre avis, la méthode la plus simple. Si par contre il existe des adhérences, si l’on est en présence d'une forme nucléaire, si surtout l'altération porte sur les deux lobes de la glande, c’est aux énucléations intra-glandulaires ({u'il faudra avoir recours. Tout dépend donc de la disposition anatomique. Bruns, sur 300 opérations, a pratiqué l'extirpation d’un lobe 79 fois, fénucléation 176 fois, et fénucléation combinée à la résection 45 fois.

(D ^ oy* Th. de Chrétien. C'est donc à tort qu'OsTERMAYER s'attribue la paternité du procédé : Eine Méthode zur Entfernung von Cysten und .\denomknoten aus der Schilddrusengewebe ohne Blutung ineü. Cenlral-Zeilunc/, lS9b, n° 45).

Fig. 100 et 101. — Énucléation massive pour un énorme goitre polykystique ancien (service de M. Poncet, 1892 . Th. de Bérahd.

Fig. 100. — Avant l’opération.

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