‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 112 sur 194 · C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE

pliénomènes de suRbcalion et d’asllime qui, cependant, n'empèchèrent pas la guérison. ^

La présence de quelques phénomènes pupillaires, comme chez les j

opérés de Bruns, Reverdin et Rappeler, pourrait s’expliquer par le tiraillement des fdets du sympathique. ^

Signalons pour terminer quelques accidents rares, tels que l’ouverture delà trachée et l’éventualité de fistules trachéales persistantes (Reverdin, Luckc), la blessure de la plèvre dans les goitres plongeants et les abcès du médiastin décrits par Liebrecht et Rouilly (1). Aujourd’hui, les complications septiques sont rares; aussi, il importe de signaler une élévation de température qu’on observe assez souvent après les interventions thyroïdiennes (Bruns) : elle atteint parfois et elle ne peut être rattachée à aucune infection de la plaie. C’est une fièvre aseptique, véritable fièvre thyroïdienne que nous retrouverons plus manjuée après les opérations d'exothyropexie.

IL Accidents consécutifs d’insuffisance thyroïdienne. — Tétanie.

— Mvxoedème OPÉRATOIRE. — Api'ès s’ètrc lancés dans les extirpations totales du corps thyroïde, les chirurgiens ne tardèrent pas à s’apercevoir que cette glande, jusipi’alors considérée comme quantité négligeable au jioint de vue jihysiologiipie, avait des fonctions qu’on ne soupçonnait pas et jouait un rôle des plus importants dans l’organisme. Ce fut L. Reverdin, en 1882, (|ui le premier fit cette constatation : frappé des troubles survenus dans l’état général de ses opérés, il fit part de ses craintes à Kocher, (jui lui aussi retrouva des accidents analogues chez ses malades. Après les mémoires de L. Reverdin (2), et celui de Kocher en 1885, l’alarme était donnée et l’attention attirée sur le mijxœdème opératoire (L. Reverdin) ou cachexie slrumiprive (Kocher). En Suisse, .lulliard, Rircher; en Allemagne, Kœnig, Itruns ; en Angleterre, Stokes, Gordon, ne tardèrent pas à })ublier des observations tonies concordantes. Les travaux des ])hysiologistes aidant, SchilV, Ilorsley, Eiselberg, Gley, on arriva à connaître de mieux en mieux la véritable nature et les divers aspects que revêtent les accidents, et aujourd’hui on peut décrire chez riiomme deux formes de maladie, l’une aiguë, l’autre chronique.

a. Accidents aifjiis. Tétanie. — Ils apparaissent parfois dès le jour même de rojiération, ordinairement du 3® au 8® jour. Le malade se plaint de crampes douloureuses, de tiraillements dans les membres, puis apparaît le syndrome classique de la tétanie.

La contracture atteint princiiialement les membres supérieurs, ou

(1) Bouilly, Bull. Je lu Soc. de chir., t. VIII, 12 avril 1892.

(2) L. Revehdiv et A. Reverdin, Notes sur vingt-deux opérations de goitre (/terne méd. de la Suisse romande, 15 a^ril 1883). — L. Reverdin, Contribution à l’étude du myxœdème consécutif à l’extirpalion partielle ou totale du corps tyroïde {Congrès français de Chir., 1886). — A. Comre, Le myxœdème Revue méd. de la Suisse romande, 1897, n°s2, 3, 4). — Lahdv, Contribution à l'histoire de la cache.xie thyréoprive. Berne, 1893.

GOITRES

^lle revêt le type de tlexion. On Ta vue tellement intense que les ongles s'enfoncaient dans la paume de la main. Elle peut aussi être localisée exclusivement à quelques muscles de la face. Comme dans les autres types de tétanie, on peut provoquer les signes classiques de Chwosteck, de Trousseau et de Weiss.

A côté de formes légères dans lesquelles la maladie est à peine accusée, on en voit d'autres aggravées par des accès successifs toniques et cloniques particulièrement douloureux et s'accompagnant de crises de dyspnée intense. La température s’élève; aux crises tétaniques succèdent parfois des convulsions épileptiformes dans lesquelles la mort peut survenir, comme Reverdin, Billrotli l'ont observé plusieurs fois. Weiss a vu 7 morts sur 13 malades. Dans les cas heureux, les accès s'éloignent et disparaissent au bout de quebjues semaines. Parfois, ils font place progressivement aux symptômes de l'insuffisance thyroïdienne chronique ou myxœdème opératoire, ou bien ils coexistent avec lui.

La tétanie semble frapper plus particulièrement les femmes. On a cherché à la rapprocher de certaines manifestations du côté du système nerveux telles que l'hysterie ou la manie aiguë (Borel, Wœlfler, Kocher), mais il s’agit évidemment dans ces derniers cas de névroses provoquées chez des prédisposés par l’intoxication consécutive à la thyroïdectomie. D’ailleurs si cette opération a pu déterminer l'hystérie, on l’a vue aussi produire un etïet inverse et guérir des malades qui avaient antérieurement des attaques.

b. Accidenls chroniques. Myxœdème opératoire. — Ils surviennent ordinairement quelques mois* après l’opération. On les a vus exceptionnellement apparaître beaucoup plus tôt, au bout de dix jours, par exemple, dans un fait de Reverdin. Le tableau de la maladie ne dilfère en rien de celui du myxœdème spontané décrit par Gull, Ord en Angleterre, et par Charcot en Lrance, et il est impossible de ne pas identifier au point de vue pathogénique les deux alfections.

Le malade, qui paraissait s’être bien rétabli après l’opération, voit peu à peu son état général se modifier, il s’essouffle facilement, perd ses forces et son énergie à la fois physique et morale en même temps qu’apparaît sur tout le corps un psendo-œdème de téguments. Peu à peu faspect se rapproche de celui du myxœdémateux, le teint est pâle, terreux, le visage déformé par la tuméfaction des paupières, du nez et des lèvres, les extrémités se gontlent et le malade tombe dans un état somatique et psychique qui rappelle le crétinisme.

C’est l'appareil tégumentaire qui est le siège des modifications les plus importantes: à la face, leslraits sont élargis et épaissis, les paupières sacciformes. La peau est rude et sèche, et il suffit de tâter ces téguments lardacés et durs comme dans la lymphangite chronique, et ne gardant pas l’empreinte du doigt pour éloigner la pensée d’un véritable œdème. On retrouve la même infiltration de la peau sur

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