‹ Bouche, pharynx, œsophage, larynx, trachée, corps thyroide, cou, poitrineChapitre 114 sur 194 · C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE

Ihyroïclienne. Si l’on prend soin de les enlever, les accidents apparaissent. Nous avons déjà parlé de ces glandes thyroïdes accessoires chez l’homme fp. 0*27). Kohn les décrit sous le nom de corpuscules épithéliaux externes par opposition à des corpuscules épithéliaux internes (pii sont situés en pleine glande chez certains mammifères comme le chat, ou enchâssés dans sa surface comme chez le chien, r.hez le lapin, au contraire, elles sont situées plus bas que le corps thyroïde, appliquées contre la carotide, (iley et Nicolas ont montré (pi’elles s’hypertrophiaient par multiplication de leurs cellules après la thyroïdectomie. Leur véritable nïle est encore mal défini et les physiologistes eh sont à se demander si à la fonction thyroïdienne il n’y a pas lieu d’ajouter une fonction parathyroïdienne peut-être plus importante que la première au point de vue du rôle joué dans les troubles consécutifs à la thyroïdectomie (1).

Après la thyroïdectomie chez les animaux, ce sont les accidents immédiats, tétaniformes (jui se montrent le plus ordinairement ; mais si on parvient à prolonger leur existence assez longtemps, on voit ajiparaître des symptômes très voisins de ceux du myxœdème, comme les ont observés Horsley sur le singe, Tizzoni et Centanni, Gley sur les chiens.

Donc, la cliose est bien démontrée, chez les animaux comme chez l’homme : c’est la snppression de la fonction thyroïdienne qui cause les accidents. Mais quelle est cette fonction? l.a glande thyroïde verset-elle dans le sang un produit de sécrétion nécessaire à l’accomplissement régnlier des échanges oi’ganicpies, ou bien, jone-t-elle un rôle antitoxique en neulralisant certains produits de désassimilation inconnus (railleurs ? Ici nous serons bref, car, il laut bien le dire, on ne peut émettre à l’heure actuelle que des hypothèses.

Pour Horsley, la thyroïde aurait pour rôle de détruire la mucine, substance formée [)ar l’organisme et qui s’accumulerait chez les animaux étliyroïdés. Notkin émet une opinion analogue en incriminant le thyroprotéïde, matière albuminoïde qu’il aurait retirée de la thyroïde oii elle se détruit, et qui serait un produit de déchet des échanges cellulaires.

La seule substance active bien déterminée contenue dans la glande semble être la thyroïdine de Baumann. C’est une combinaison définie d’albumine et d’iode, comparable à l’hémoglobine au point de vue biologique, difficile à détruire, qui existe d’une façon constante dans le corps thyroïde de l’homme et des animaux, alors qu’on, ne trouve aucune trace d’iode dans l’organisme. 1 gramme de glaiide

[l) Sharpeu, Ueber die sogenannten Epithelkôrper « glandulae parathyreoideæ. » {Arch. fur inik. Anal., XLVI, 2, p. 239;. — Gi.ey, EfTels de la thyroïdectomie chez le lapin {Arch. de physioL, janvier 1892, n° 1). — Chantemesse et Marie, Lesglandes parathyroïdiennes de l’homme {Mercr. méd., 1893). — Gley et Nicolas, Soc. de biol., 23 mars 1895. — Moussu, Rousseau, Gley, Soc. de hiol,., janvier 1897.

GOITRES

fraîche en conlienl 0“^,'26 à 1“^,5(). Les Ihyroïdes de goitreux n’en renfermeraient pas. Cette substance, d’après Haumann et Roos, pro- <luirait les mêmes effets que la thyroïde ingérée en nature.

Le traitement des accidents d’insuffisance thyroïdienne est né de la physiologie. Schiff, pour confirmer ses expériences, avait réussi à faire vivre un chien éthyroïdé en lui prali(|uant des greffes de corps thyroïde. Vassale, Gley montrèrent qu’on obtenait les mêmes résultats par l’injection intra-veineuse d’extraits thyroïdiens, et Murray tenta avec succès chez l’homme l’injection sous-cutanée d’extraits. Lannelongue avait d’ailleurs essayé déjà la greffe thyroïdienne dans l'idiotie myxœdémateuse, et Kocher avait réussi à maintenir vivant un opéré profondément cachectique en lui greffant du corps thyroïde dans le péritoine, sous la peau, et jusque dans les gros vaisseaux. En dépit des recherches de Christiani qui a vu le corps thyroïde greffé continuer à vivre après être retourné d’abord à l’état embryonnaire, on n’a obtenu chez l’homme que des succès temporaires, et ces méthodes peu pratiques ont disparu lorsque Howitz eut démontré que l’ingestion de corps thyroïde en nature était douée de la même efficacité.

Nous avons dit plus haut comment s’administre actuellement la médication thyroïdienne ; elle donne dans le myxœdème opératoire des résultats éclatants. C’est ainsi que des malades peuvent, grâce à l’alimentation thyroïdienne, continuer à conserver l’existence et la santé. Le traitement doit être entrepris aussitôt après l’opération, et même déjà avant si l’on croit devoir être entraîné à une extirpation un peu trop étendue. On combattra aussi les accidents par le régime lacté et l’alimentation végétale, la plupart des expérimentateurs ayant reconnu que les animaux éthyroïdés alimentés avec une nourriture animale meurent plus vite que ceux qui sont soumis au régime végétal. Quant aux crises tétaniques les boissons chaudes, la sudation, le bromure de potassium et l’antipyrine sont les meilleurs moyens thérapeutiques.

3° Ligature des artères afférentes. — ■ Ce procédé a pour but, en diminuant l’irrigation artérielle, d’amener l’atrophie du goitre. Proposé par Lange et par Jones contre les goitres vasculaires (1807), il a été tenté par Larrey, Velpeau, Lagemberg, et employé plus récemment par Billroth,Wôlfler(l), Rydygier, Kocher, surtout, d’ailleurs contre le goitre exophtalmique. Sans doute, appliqué aux formes vasculaires, il pourrait donner de bons résultats, mais dans ces cas où la thyroïdectomie est difficile, la recherche des artères ne l’est pas moins. Les troncs artériels sont déplacés, les anomalies ne sont pas rares. Quant au résultat visé, l’atrophie du goitre, il est loin d’être certain, Billroth a eu sur 7 cas 4 guérisons, Rydygier sur

(1) WôLFLER, Wiener med. Wochenschr., 1886. — Billuoth, Wiener ined. IVochenschr., 1888. — Rydygiek, Traitem. du goitre par la ligature des artères, Wiener med. Woch., 1888, et Réunion des chirurffiens allemands, 1890.

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