C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE
l’air du goilre que l’on |)ralique en isolant la tumeur avec les doigts^ et en la séparant de sa loge par des lanières de gaze.
L’exotliyropexie ne peut être ({u’une ressource d’exception; la lenteur de la cicatrisation, la possibilité des complications septiques la rendent très intérieure aux diRérentes méthodes d’exérèse susmentionnées. Elle ne doit donc être employée que lorsque celles-ci ne sont pas j)raticables, et sous ce rapport, certaines formes très vasculaires, ou certains accidents aigus de sutï’ocation pourront en représenter les indications. On peut aussi faire une exothyropexie préliminaire et une énucléation secondaire.
.5° Thaciikotomie. — Elle est loin d’olfrir ici les facilités d’exécution qui font ses avantages dans les conditions normales. Gosselin
Fig’. 105. — Canule longue de Poncel et son mandrin.
ne dut-il pas, après avoir cherché la trachée pendant une demi-heure^ renoncer à la découvrir ? Il s’agissait il est vrai d’un cancer. Le volume de l’isthme hypertrophié peut mas({uer la trachée dans pres- (jue toute sa hauteur. En outre, lorsqu’il s’agit de lutter contre une compression trachéale, celle-ci siège presque toujours au-dessous du point ({ue pourrait atteindre une canule ordinaire. Il est donc nécessaire de se servir de canules spéciales ti-ès longues, dont il existe d’ailleurs des modèles divers (Demarquay, Poncet, fig. 105). Si l’on n’a pas sous la main un instrument convenable, on peut se servir provisoirement d’une grosse sonde en gomme.
(3“ Traitement des kystes. — Négligeant les méthodes sans valeur, nous nous contenterons de discuter la ponction suivie d’injection iodée, l’extirpation et l’ouverture large ou incision.
a. Ponction. — Après avoir été mise en usage d’une façon à peu près générale, à l’instigation de Bouchacourt et surtout de Velpeau, aucune intervention n’a été plus décriée que la ponction dans les kystes. Elle est en effet, plus qu’ailleurs, susceptible de s’accompagner de graves accidents, et voici pourquoi. D’abord, la réaction provoquée
GOITRES
par riode peiitèlre excessive el amener des pliénomènes de sulïbcalion inquiétants. En second lieu, il arrive parfois, lorsque Ton ponctionne un kyste, que le liquide qui d'abord s’écoule limpide prend peu à peu une teinte rosée, puis rouge, et n’est plus ensuite que du sang pur. Ce fait s’explique par la fragilité des lacunes vascidaires à parois minces et des franges dont nous avons signalé la présence dans certains cas à la surface interne de la poche. Les ponctions dans de semblables conditions sont dangereuses, le liquide se reproduit rapidement, la tension de la poche devient plus grande qu’auparavant : on a transformé son contenu en liquide hémorragique. 11 faut alors surtout se garder de faire une injection iodée.
Cette méthode doit donc être, sinon bannie du traitement des kystes, du moins employée avec une grande réserve. On ne consentira à l’appliquer qu’à des kystes réguliers, uniloculaires, de volume modéré, à parois minces; on arrêtera l’évacuation, sans faire d’injection, si le liquide devient sanguinolent : enfin, pour éviter une réaclion excessive, on ne se servira pas de teinture d'iode pure, mais d’une solution très diluée. Dans ces conditions l’inflammation consécutive est modérée, le liquide se reproduit, la poche se tend, la région devient chaude et douloureuse, parfois se montre un peu de raucité de la voix, puis au bout de quelques jours la tuméfaclion rétrocède et disparaît.
b. Extirpation. — On doit la considérer comme le traitement de choix. Elle seule permet de venir à bout des grands kystes. Les poches de moyen volume et les petites s’enlèvent souvent avec facilité par une rapide énucléation inlra-glandulaire, comme nous l'avons vu pour les noyaux solides.
c. Incision. — àlais il n’en est pas toujours ainsi et parfois on est obligé d’avoirrecoursà l’ouverture large. Certains kystesontdes parois tellement minces qu’il faut renoncer aies extirper d’une seule pièce el que l’on est obligé de pénétrer dans leur cavité. Tillaux (1), le premier, a bien insisté sur les dangers de l'incision dans ces cas. On peut être exposé à une hémorragie al)ondante et difficile à arrêter, car le sang sourdde tous les points de la cavité, et le tamponnement ne peut êlre fait aussi serré qu’il le faudrait à cause de la trachée. Reverdin, dans un cas analogue, eut les plus grandes difficultés et 90 pinces hémostatiques furent à plusieurs reprises insuffisantes. 11 faut dans ces cas énucléer rapidement si on le peut, utiliser les pinces de Péan dites clamps," et faire, comme le conseille Tillaux, une suture profonde hémostatique aussi serrée que possible.
Certains kystes anciens, à poche épaisse, sont tellement adhérents aux organes voisins que l’on doit se contenter de les inciser largement 'et de fixer à la peau les bords de l’ouverture.
(1) Tillaux, Clin, chir., t. I, p. 47 7.