CANCER
plus souvent atteinte, et que, comme c’est le cas pour le goitre, les lésions prédominent dans le lobe droit.
Il est inutile d’insister sur les faits de cancer thyroïdien secondaire à un cancer d’un organe voisin. L'envahissement se fait alors par contiguïté. Ce sont le larynx, rcesophage ([ui représentent les points de départ les plus fré(juents. Lehert a vu dégénérer en canceile goitre d’une malade atteinte de cancer du sein.
Le cancer peut envahir d’emblée la glande tout entière ou rester assez longtemps limité à un lobe. Herger (1) a publié un cas unique d’épithélioma thyroïdien aberrant sans connexions avec la glamh* thyroïde dévelop})é le long de la gaine des vaisseaux probablement aux dépens d’une thyroïde accessoire et reconnaissable à la structure toute spéciale de l’épithélium thyroïdien.
Anatomie pathologique. — L’aspect maci‘Oscopi(pie du cancer est très variable, ce (pii tient en partie aux ditTérentes formes histo logiques du néoplasme, à son ancienneté, aux lésions goitreuses sur lesquelles il s’est grefïè. Dans un certain nombre de cas, on se trouve en présence de noyaux Aolumineux, blanchâtres, mous, donnant du suc au raclage comme le carcinome d’autres organes; dans d’autres, les lésions sont diffuses, l’aspect est uniforme, et rien ne permet de dire qu’on se trouve en présence d’un carcinome plutôt que d’un goitre fibreux. On observe aussi l’association des kystes à contenu muqueux ou hématique (cysto-carcinome). Enfin, il faut bien connaître un fait sur lequel Billroth a insisté, c’est ({u'il peut exister des cancers de la thyroïde sans tumeur apparente. Eiselberg, Kramer, Friedland, Letulle et Meslay ont publié des cas semblables.
En général, il n’en est pas ainsi ; après être resté un certain temps confiné dans l’intérieur de la capsule, le cancer, là comme ailleurs, franchit les limites de la glande. L’adhérence aux régions voisines devient alors particulièrement intime, la peau est prise tardivement, mais il n’en est pas de même des organes profonds : trachée fait bientôt corps avec la tumeur, et parfois une dissection minutieuse ne parvient pas à la ménager. On a vu aussi un bourgeon cancéreux pénétrer dans son intérieur. L’envahissement est précoce également du côté de l’œsophage et des récurrents.
Les lymphatiques sont dans certaines formes très longtemps respectés ; mais, le plus souvent, on assiste à une tuméfaction énorme delà chaîne carotidienne et sus-claviculaire ([ui fait corps avec la tumeur. Les veines elles-mêmes ont une tendance particulière à être* envahies par l’élément néoplasique, des bourgeons les pénètrent, et Péan a vu la jugulaire interne et le tronc brachio-céphalique oblitérés sur toute leur longueur par des masses encéphaloïdes.
Dans quel([ues cas il existe une dilatation remarquable de tout le
(P Berger, Congrès franc, de chir., 1897.