CANCER
les os, et ici il importe de signaler une particularité curieuse qui est propre aux carcinomes thyroïdiens: c’est (jue la lumeur mélaslaliqne est souvent formée de tissu thyroïdien normal alors que la thyroïde elle-même est entièrement transformée en tumeur maligne.
Métastases. — L’épithélium thyroïdien, même évoluant en carcinome, conserve une tendance particulière à former des vésicules glanilulaires d’apparence normale. Dans la glande carcinomateuse ellemême, ces vésicules néoformées sont difficiles à distinguer des anciennes, mais, dans les métastases, il arrive (pie l’on trouve la masse néoplasique entièrement formée de tissu thyroïdien normal, dans certaines parties du moins. Lüke, Millier, Eberth ont observé le fait dans le poumon. Wolller a étudié une tumeur métastati({ue du frontal (pii avait tous les caractères d’un adénome interacineux. Middeldorpf a observé un adénome métastatique dans les os, dans les veines et dans le poumon ayant exactement la structure de la tumeur thyroïdienne primitive, qui était du volume d’un œuf de pigeon et avait passé inaper("ue. Un fait analogue a été publié par Martin Durr (1).
Une observation encore plus curieuse d’Eiselberg (2) tendrait à établir qu’une métastase cancéreuse peut non seulement revêtir la structure de la thyroïde, mais encore fonctionner comme elle, et suppléer la glande extirpée. Chez une malade devenue cachectique à la suite d’une extirpation totale pour un adénome colloïde, il vit disparaître les symptômes d’insuffisance lorsqu’apparut une métastase dans le sternum, et l’ablation de celle-ci fut suivie du retour des accidents sous la forme tétanique. La tumeur sternale était un carcinome cylindrique qui, il est vrai, n’était pas construit sur le type thyroïdien, mais dont certaines cellules contenaient des gouttelettes colloïdes.
Symptômes. — Le cancer thyroïdien débute comme un goitre. Seules, la rapidité du développement et l’àge du malade peuvent mettre quelquefois en éveil. Il faut concevoir des craintes aussi, lorsque l’on voit chez un sujet ayant dépassé quarante ans un petit goitre remontant à de longues années prendre un accroissement subit. Bientôt, la malignité de la tumeur se caractérise par son augmentation progressive, les divers troubles fonctionnels, qui ne surviennent qu’éventuellement dans les goitres simples, ne tardent pas à apparaître et à se montrer inquiétants.
Du côté de la tumeur, rien ne dilTère, au début, d’un goitre bénin;
(1) Eiselberg, Ueber Knoclienmetastascii des Schilddriiseskrel)ses [Avch, für
klin. Chir.., Bd 16, Ileft 2. — Kha^ier, Beitrag- zur Kenntniss der Strunia nialij;na [Arch. für kiin. Chir., Bd 36, Ileft 2). — Letulle et Mesi.ay, Bull, de la Soc. nnat., 1894, p. 331. — F. Friebeant), Ueliei* einei' Fall von Schilddrüsenkrebs ohne Vergrosserung' des Organs (Pracfer med. Wochenschr.. 1896, n® 10). — Mautia Durr, Bull, de la Soc. anal., 1895, 241. — Brindel et Liaras, Trois cas de cancer
du corps thyroïde {Journ. de mèd. de Bordeaux, 8 septembre J895).
(2) A. F. Eiselberg, Ueber physiologische Function einer in Sternum zur Ent- Avicklung gekommenen krebsiger Schikldriisenmetastase {Arch. für klin. Chir., Bd XLVIII, 1894, p. 488-501).