C. LYOT. — MALADIES DU CORPS THYROÏDE
sous rinnuence de la paralysie vaso-molrice, el de meme origine que les troubles sécrétoires que l’on observe du côté du tube digestif (diarrhée).
Enfin, chez certains malades on peut observer une élévation permanente de la température f Bertoye) qui se rattacherait à des formes particulièrement graves.
Marche. — Formes. — La diversité qui se présente dans l’ordre d'apparition des symptômes se retrouve dans leur évolution. Un des signes fondamentaux peut mampier [formes frustes). On observe parfois des rémissions très longues, et meme de véritables régressions aboutissant en somme à une guérison relative. Dans d’autres cas, au contraire, la marche peut être bc'aucoup plus aiguë et conduire en (pielques semaines à une cachexie mortelle. Aussi est-il impossible d’assigner une durée approximative à la maladie.
A côté du goitre exopbtalmi(jue tel que nous venons de le décrire, dans lequel la tumeur thyroïdienne n’est qu’un élément parfois contingent du tableau symptomaticiue, il en est d’autres (jui attirent plus particulièrement l’attention du cliirurgien et dans les(|uels il existe primitivement, parfois depuis de longues années, un véritable goitre sur le({uel vient à un moment donné se grelfer le syndrome basedowien. Toutes les formes anatomiques, y compris les goitres vasculaires, et meme les kystes, sont susceptibles de devenir « exoj)htalmi([ues ». On a dit alors (pi’il ne s’agissait plus que de goitres secondairement exophtalmicpies, ce (pii est vrai, ou de faux goitres exophtalmicpies, ce qui est plus discutable; on a avancé que souvent le tableau symptomatique n’était qu’ébauché et, sous prétexte (pie de tels goilres n’avaient ni l’intensité ni la marche de la véritable maladie de Basedow, on les a rejetés dans le cadre des goitres chirurgicaux. Ici, plus de névrose, a-t-on dit, mais une tumeur qui par sa présence irrite mécaniquement le sympathique. On se demande à vrai dire si une pareille scission est légitime dans l’ignorance où nous sommes de la physiologie du corps thyrcnde, et pourquoi, alors qu’on ne se fait pas faute d’accepter comme de bon aloi des cas frustes, on se refuse à agréer ceux-là sous le seul prétexte que la tumeur thyroïdienne est autre chose qu’une hypertrophie simple. Nous verrons cependant (|ue cette distinction a peut-être sa valeur au. point de vue thérapeutique.
Traitement. — La thérapeutique du goitre exophtalmique, après être restée longtemps exclusivement médicale, s’est adjoint peu à peu le secours des interventions chirurgicales. On s’est d’abord attaqué à ces goitres exophtalmiques dits secondaires dans lesquels la tumeur thyroïdienne supposée, cause des accidents, sollicitait le bistouri (Lister, 1877, Tillaux, 1880;; puis, les succès encourageant, les théories thyroïdiennes servant de guide, on a opéré les simples hypertro= phies thyroïdiennes avec syndrome basedowien. A l’heure actuelle.
GOITRE EXOPHTALMIQUE.
deux méthodes opératoires sont en présence, la thyroïdectomie partielle et la résection du sympathique cervical.
Le TRAITEMENT MEDICAL du goitre exoplitaliuiipie (1) doit être longtemps prolongé. 11 a pour bases l’hydrothérapie et les bromures. Kocher préconise le phosphate de soude. Quant à la médication thyroïdienne, elle a paru la plupart du temps aggraver les accidents. Les effets heureux de la médication thymique observés par Mikulicz n’ont pas été confirmés. ^ igouroux a obtenu de bons résultats de la faradisation; la galvanisation a été également recommandée (Newman).
Les injections interstitielles doivent être rejetées comme paiTiculièrement imprudentes et dangereuses dans des tumeurs ({ui sont souvent très vasculaires.
La THYROÏDECTOMIE PARTIELLE est la méthode qui a été la plus employée jusqu’à présent. Selon que le goitre était dilïusou nucléaire, on a pratiqué l’ablation d’un lobe ou l’énucléation (Voy. p. 640).
Il est assez difficile de peser les statistiques données par les divers auteurs, car les cas légers s’y trouvent confondus avec les cas graves et il ne paraît pas douteux que le degré d’intensité de la maladie de Basedow constitue le principal élément pronostic de l’intervention; de même Freiberg, Mœbius, regardent le goitre exophtalmique secon- <lairement comme donnant des résultats beaucoup meilleurs. La statistique la plus importante est celle d’Allen Starr, qui porte sur 190 thyroïdectomies ayant donné 74 guérisons complètes, 45 améliorations, 3 insuccès et 33 morts immédiates. Tricomi a rapporté 72 cas avec 43 morts. Ces cas de mort méritent d’attirer l’attention, d’autant plus que la plupart du temps ils sont survenus dans des conditions identiques que l’on retrouve aussi dans l’observation de Poucet et Brissaud où il s’agissait d’une exothyropexie, et dans celle ])lus récente de Lejars : aussitôt après l’opération la température s’élève à 39 ou 40“, le pouls se précipite, à l’agitation succède du collapsus
(i) Jadoulay, Section du sympathique cervical dans le j;oitre exophtalmique {Soc. des SC. méd. de Lyon, 10 février 1896 et Bull, nièd., 1897, 11° 13, p. 116,. — Jaboulay, Traitement du goitre exophtalmique par la section ou la résection du sympathique cervical [Gaz. des hôp., 1897, p. 841). — Allen Stakr, Nature et trait, du goitre exophtalmique [Med. News, 8 avril, 1896). — Freiberg, Trait, chir. du goitre exophtalmique [Med. Xews, 1893). — Joxxesco, Trait, chir. du goitre exophtalmique {Congrès franç. de chir., 1897 et Presse méd., 1897, p. 257. — Faure, Ibid. — G. Marchant, Résection bilatérale du grand sympathique dans le goitre exophtalmique [Acad, de méd., 29 juin 1897), — DuR.vNn, Contribution à l’étude de la thyroïdectomie partielle dans le goitre exophtalmique, thèse de Paris, 1895, n° 274, — Lemcke, Ueber Fruhdiagnose und Théorie des Morbus Basedovii. [Münch. mediz. Woclienschr., 1896, n^* 15, p. 334). — Solary, Traitement chirurgical du goitre exophtalmique, thèse de Paris, 1894, n<> 393. — Debove, Thyroïdectomie mortelle dans la maladie de Basedow [Soc. méd. des hôp., 15 juin 1897). — Berndt, Trait, chir. de la maladie de Basedow [Arch. fur klin. Chir., B. LH, 1897, p. 709). — Mikulicz, Kocher, Trait, chir. de la 'maladie de Basedow [XXI Congrès de la Soc. allem. de chir. Anal, in Sem. méd., 1895, p. 175). — Tillaux, Thyroïdectomie pour goitre exophtalmique [Acad, de méd., 1880).
Traité de chirurgie. V.T. — 43